Entente pour la construction d'oléoducs: retour sur l’héritage climatique et le passé de militant de Steven Guilbeault

Andrea Lubeck
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L’entente entre Mark Carney et Danielle Smith, première ministre de l’Alberta, qui jette les bases pour la construction de pipelines, a été la goutte qui a fait déborder le vase pour Steven Guilbeault. Dans la foulée, il a démissionné de son poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes. Retour sur son bilan comme ministre de l’Environnement et sur son passé de militant.
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Sur X, celui qui demeure néanmoins député libéral de Laurier–Sainte-Marie a dit être «en profond désaccord avec l’entente de principe entre le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta».
J’ai informé le premier ministre de ma décision de démissionner comme ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, ministre responsable des Langues officielles, ministre de la Nature et de Parcs Canada, ainsi que comme son lieutenant au Québec.
— Steven Guilbeault (@s_guilbeault) November 27, 2025
Ma déclaration complète: pic.twitter.com/Rfh3kZgiaW
Que prévoit l’entente entre Ottawa et l’Alberta?
Jeudi, le premier ministre du Canada Mark Carney a signé un protocole d’entente avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, qui prévoit la construction d’un ou plusieurs oléoducs financés par le secteur privé.
Parmi eux, un oléoduc pour transporter le pétrole albertain jusque dans le nord de la Colombie-Britannique serait ajouté à la liste des projets d’intérêt national d’Ottawa.
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L’entente pourrait également permettre aux pétroliers de circuler dans le nord de la Colombie-Britannique, alors que l’activité y est interdite depuis 2019 en raison de l’écosystème marin fragile.
Le hic, c’est que les projets devront se faire avec l’accord de la Colombie-Britannique et des communautés autochtones, et son premier ministre s’est prononcé contre la construction d’un oléoduc dans sa province.
Bilan comme ministre de l’Environnement
Il faut dire que la démission de Steven Guilbeault à son poste de ministre est peu surprenante.
C’est sous sa gouverne comme ministre de l’Environnement que le Canada a réalisé le plus d’avancées en matière climatique.
Parmi ses réalisations, il a:
- Instauré la tarification du carbone;
- Interdit la fabrication, l’importation et la vente de six produits de plastique à usage unique, dont les sacs d’emplettes, les pailles, et les ustensiles;
- Piloté le projet de plafond des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur pétrolier.
Bien qu’il ait dû faire des compromis, notamment en ce qui concerne l’achat de l’oléoduc Trans Mountain et l’approbation du projet pétrolier Bay du Nord, il est considéré comme l’un des ministres de l’Environnement «les plus transformateurs qu’on ait eus au Canada».
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«La démission de Steven Guilbeault n’est pas celle d’un militant, mais d’un ministre lourd, fort, senior de six ans du gouvernement libéral, qui démissionne sur un enjeu de principe. C’est rare en politique et c’est lourd de sens», a souligné Hugo Séguin, professeur-chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM), en entrevue à Radio-Canada.
L’ancien directeur du programme Climat-Énergie d’Équiterre croit que l’on assiste au «démantèlement de l’héritage de Steven Guilbeault». L’une des premières actions qu’a posées Mark Carney après son élection a été d’abolir la taxe carbonne pour les individus.
Passé de militant
Celui qui s’est fait connaître comme militant écologiste est l’un des cofondateurs d’Équiterre, qui a vu le jour en 1993.

Il est notamment reconnu pour un coup d’éclat réalisé en 2001. Alors âgé de 31 ans, il a escaladé la Tour CN pour dénoncer l’inaction climatique. Accompagné de l’activiste anglais Chris Holden, il a déroulé une banderole sur laquelle on pouvait lire «Le Canada et Bush, assassins du climat».
À sa descente, il a été arrêté puis condamné à payer une amende de 3000$ et faire 100 heures de travaux communautaires.

Critiqué par des militants pour son saut en politique en 2019, il avait répliqué qu’une carrière en politique était, au contraire, un moyen de poursuivre le combat qu’il mène depuis près de 30 ans.
— Avec la collaboration d’Anne-Sophie Poiré et des informations du Journal