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Ottawa et l’Alberta jettent les bases pour la construction d’un nouveau pipeline l’an prochain

Photo portrait de Raphaël Pirro

Raphaël Pirro

2026-05-15T20:36:25Z

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OTTAWA | La perspective d’un nouveau pipeline n’a jamais semblé aussi proche après la signature d’une entente entre Mark Carney et la première ministre de l’Alberta qui trace la voix pour le lancement de la construction dès le 1erseptembre 2027.

Cet éventuel oléoduc, dont l’objectif est de vendre du pétrole au marché de l’Asie, pourrait entrer en service à partir de 2033, ont affirmé les deux leaders réunis dans la capitale albertaine d’Edmonton, vendredi.

Mark Carney a déclaré que cette entente permet de montrer que « le Canada fonctionne », dans un contexte où le mouvement souverainiste en Alberta souhaite déclencher un référendum cet automne.

Afin d’accélérer le tout, le premier ministre a l’intention de désigner l’oléoduc comme un projet d’intérêt « national » d’ici le 1er octobre pour que le processus bureaucratique puisse bénéficier d’un traitement express.

Une aubaine à la tonne

L’un des volets importants de cette entente repose sur un prix réduit sur les émissions de carbone, une aubaine par rapport aux plans précédents du fédéral. D’ici 2040, une tonne d’émission de gaz à effets de serres (GES) atteindra 140 $ au maximum, loin des 170 $ qui étaient dans les cartons.

Cela permettra à l’industrie d’économiser plus de 200 milliards $ à terme, a soutenu le premier ministre de l’Alberta, Danielle Smith.

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Le mégaprojet est également soumis à une condition : il devra être accompagné d’un projet de capture de carbone, « le plus gros au monde », prévoit Mme Smith, même s’il s’agit d’une technologie dont l’efficacité est encore remise en doute par des experts.

Une des grandes questions qui n’a toujours pas trouvé de réponse porte sur le financement. Au moment d’écrire ces lignes, aucun investisseur privé n’a démontré d’intérêt pour ce projet dont la facture s’annonce salée.

Une « capitulation »

À peine signée, l’entente a été descendue en flammes par le Bloc Québécois et le NPD, qu’ils accusent tour à tour de « plier » et de « capituler » devant l’industrie pétrolière et gazière.

« Les libéraux accordent à l’Alberta un permis de polluer préférentiel et confirment ainsi leur capitulation climatique au profit des pétrolières et des gazières, et aux dépens de l’environnement et de la santé de nos enfants », a déclaré Patrick Bonin, député bloquiste et ancien directeur de Greenpeace au Québec.

Selon Avi Lewis, le nouveau chef du NPD, « une industrie qui devrait engranger 90 milliards de dollars de profits cette seule année n’a pas besoin de nouveaux cadeaux financés par le public ».

Selon l’Institut climatique du Canada, la nouvelle direction prise par le Canada sous Mark Carney confirme que le pays n’atteindra pas la carboneutralité, le grand objectif qu’il s’était fixé à l’époque de Justin Trudeau.

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