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Sortir du «hood»: comment Steven Butler s'est servi de la boxe pour s'éloigner de la délinquance

Le boxeur a flirté avec la délinquance, mais il a canalisé ses énergies dans la boxe

Steven Butler a pu profiter de l'encadrement de son entraîneur, Rénald Boisvert, et de son père, Clint, pour faire son chemin dans la boxe.
Steven Butler a pu profiter de l'encadrement de son entraîneur, Rénald Boisvert, et de son père, Clint, pour faire son chemin dans la boxe. Photo fournie par Eye of the Tiger
Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2023-05-11T23:30:00Z

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MANTECA, Californie | Être assis à côté de Steven Butler a quelque chose d’apaisant, surtout quand on vient de se taper 14 h d’avion et d’auto pour aller à sa rencontre. 

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C’est dans ce contexte que le représentant du Journal arrive au Great Wolf Lodge, un hôtel thématique et familial en banlieue de Stockton, en fin d’après-midi mercredi, pour rencontrer celui qui se battra contre Janibek Alimkhanuly en combat de championnat du monde des poids moyens de la WBO samedi soir.

Pour lancer la conversation, on lui demande dans quelle partie du quartier Saint-Michel il a grandi. On apprend donc rapidement que nous avons pratiquement été voisins. Même adresse ou presque, deux avenues plus loin, devant le parc où on allait jouer avec notre fils quand il était petit, où Steven traînait sûrement puisqu’il était alors adolescent.

Aujourd’hui, il s’agit d’une partie de Saint-Michel qui a pas mal changé, qui est devenue relativement calme, mais quand Butler était ado, les pièges étaient nombreux.

S’en sortir

Steven Butlet est calme, posé, un peu timide et très gentil. Difficile d’imaginer qu’il a déjà flirté avec la délinquance. Il nous rappelle qu’il a fréquenté trois écoles secondaires différentes et qu’après son troisième renvoi, c’était la fin de la scolarisation pour lui.

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«Je m’en suis sorti par la boxe, admet-il. On dit qu’on veut sortir du hood, c’est ainsi qu’on désigne le quartier. Avec le temps, je me suis acheté une maison et j’ai acheté une maison à ma mère. Je ne dirais pas que je me suis sorti de la misère, mais je me suis sorti de la merde.»

C’est en regardant derrière, vers le quartier qu’il a fini par quitter pour s’installer en banlieue, qu’il comprend qu’il l’a échappé belle, mais surtout qu'il pourrait avoir un impact positif.

«Quand tu vis dans le quartier, tu le vois évoluer. Il y a toutes sortes de monde. Il y a des mauvaises décisions qui mènent à d’autres. Je suis content d'avoir pu sortir du lot.

«Gagner un combat de championnat du monde, ça serait une réussite pour tout le quartier, pour tout le monde qui est dans la misère. C’est un gars qui est sorti du quartier et qui a réussi. Ça peut même donner de l’espoir pour les plus jeunes qui ne croient pas en eux.»

Une fierté

Un peu comme Luguentz Dort ou Chris Boucher qui ont inspiré Montréal-Nord en devenant des noms connus de la NBA, il souhaite inspirer son ancien quartier.

«Je suis comme la fierté du quartier. Le monde avec qui j’ai grandi ne m’envie pas parce que j’ai quitté le milieu et que maintenant j’ai une famille et une meilleure vie, je ne fais pas de mauvais coups, je ne vends pas de drogue, je travaille et je suis déterminé.

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«Le monde ne m’envie pas pour ça, je deviens plutôt une fierté, ils sont contents de voir où je suis rendu. Je ne dirais pas que j’ai une pression, mais je ne veux pas les décevoir et je veux jouer un rôle pour les plus jeunes.»

Le boxeur de 27 ans sait que ce n’est pas facile pour tout le monde dans un quartier disparate comme Saint-Michel, qui est coupé en deux par l’autoroute métropolitaine et par deux carrières qui ont laissé deux grosses cicatrices en plein cœur du panorama.

«Il y en a pour qui c’est plus dur parce qu’ils ont fait des mauvais coups, alors maintenant ils travaillent de neuf à cinq, ils ont des enfants et ils ont de la difficulté à joindre les deux bouts.»

Déclic

Et de quelle façon la boxe a-t-elle contribué à son essor? En devenant le centre d’intérêt d’un jeune homme déjà doué pour les sports.

«J’ai commencé la boxe à 11 ans, mais j’étais un athlète. Je faisais aussi du soccer, du baseball et je jouais au hockey. Mais le déclic s’est fait quand je suis devenu professionnel.

«Jeune, j'étais toujours dans l’élite, je ne jouais pas juste au parc. Quand j’ai décidé de tout laisser pour la boxe, je venais de faire ma première année dans le midget CC au hockey et j’aurais peut-être pu me rendre jusqu’à midget AAA, mais je venais de me blesser à l’épaule en raison d’un plaquage.»

Et il a grandi à travers son sport de cœur, celui qui lui donnait envie de se dépasser.

«Quand je suis devenu professionnel, je me suis lancé. J’ai fait des erreurs comme un jeune adulte, mais je suis content d’où je suis rendu aujourd’hui à 27 ans. Ça fait neuf ans que je suis professionnel, je suis dans ma pleine maturité physique et mentale.»

Il a donc encore tout l’avenir devant lui, peu importe le résultat du combat samedi. Il a déjà une belle victoire en poche. Il s’est sorti du hood.

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