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Rénald Boisvert et Clint Butler, les deux pères de Steven Butler

Rénald Boisvert et Clint Butler se sont alliés pour encadrer Steven dans sa progression à la boxe

Steven Butler a deux précieux alliés dans son coin en Rénal Boisvert, qui est son entraîneur et son père spirituel, et son père Clint.
Steven Butler a deux précieux alliés dans son coin en Rénal Boisvert, qui est son entraîneur et son père spirituel, et son père Clint. Photo fournie par Eye of the Tiger
Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2023-05-11T23:30:00Z

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MANTECA, Californie | Steven Butlet aura deux alliés importants dans son coin samedi soir à l’Arena de Stockton. 

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Il pourra compter sur son père Clint et sur Rénald Boisvert, celui qu’il surnomme son deuxième père. Et c’est loin de déranger le paternel biologique puisque les deux hommes sont assis en face l’un de l’autre pour rencontrer Le Journal.

«On dit souvent que c’est son deuxième père, mais c’est vrai, assure Clint. J’ai toujours été présent dans la vie de mon gars, mais Rénald a été son confident. Il lui parlait peut-être de choses dont il ne voulait pas parler avec son père.

«On n’a pas toujours été d’accord Rénald et moi, mais on a appris à se comprendre.»

C’est pourquoi Rénald Boisvert, un ancien avocat, a presque toujours l’entraîneur de Steven Butler. Clint a compris que c’était l’homme pour encadrer son fils.

Pas orthodoxe

Il faut dire que Boisvert a rapidement cru au jeune homme et a accepté de faire ce qui pourrait être considéré comme un compromis pour s’occuper de lui.

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«J’ai procédé d’une façon un peu spéciale qui ne fait pas l’unanimité chez les entraîneurs. En début de carrière, il était jeune et des fois, il pouvait être quelques jours ou des semaines sans venir. Ça, il y a des entraîneurs qui n’aiment pas ça.

«Mais quand il revenait, il travaillait très fort et pour un jeune comme ça, je vais toujours être là, peu importe ce qu’il va faire, et il en fait des niaiseries.»

On vous dirait que c’est le synopsis d’un fil de boxe et ça ne serait pas farfelu. La suite le confirme.

«Je savais qu’un jour, le moment arriverait où il s’investirait entièrement, assure Rénald Boisvert. Il l’avait dans la tête, c’est ce qu’il souhaitait faire, mais à 13 ou 14 ans, des fois ça prend du temps. Mais son talent était là.»

Apprivoisement

«Dans un documentaire, j’ai déjà dit que Steven était un animal sauvage. Il ne fallait pas seulement que j’apprivoise le fils, il fallait que j’apprivoise le père aussi», souligne Réal Boisvert.

Clint avoue être sanguin, comme son fils d’ailleurs. Il a fallu qu’il lâche prise pour laisser son fils s’exprimer dans le ring.

«Au début, je réagissais souvent comme un père plutôt que d’agir comme un coach. Il a fallu que je comprenne que la boxe c’était son truc à lui.

J’étais sceptique au début, j’ai fait mon deuil du hockey, mais c’était son choix. Je m’impliquais, mais mes émotions étaient fortes. On a été chanceux de trouver un entraîneur plus terre-à-terre.

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Quand Steven était jeune, je me faisais sortir de l’aréna parce que j’étais trop intense et que ça rendait Steven nerveux. Je sortais, je revenais voir et il venait de marquer un but. Je sortais, je revenais et il venait d’en marquer un autre. Ce sont des choses qu’il a vécues au hockey et qu’il ne voulait pas revivre dans la boxe.»

Voir grand

Pour Clint Butler, un joueur de hockey de talent quand il était jeune et qui a aussi été un dur à cuire dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) au début des années 2000, il n’y avait pas de doute que son fils avait ce qu’il faut pour aller loin dans son sport.

Il y va d’ailleurs d’images à la fois amusantes et fortes pour expliquer son point de vue.

«Céline Dion vient d’une famille de 13 enfants et elle voulait être une star. Ç’a aurait été facile de lui dire de rester dans le rang et de faire comme les douze autres.

«Il y a plus qu’un Mario Lemieux sur la terre, il y en a un qui a travaillé chez Yellow et on ne le connaît pas. Il n’a juste pas joué au hockey.»

L’honneur des Butler

Même si Clint faisait parler ses poings sur les glaces de la LNAH, on peut dire que la boxe a sauté une génération chez les Butler puisque son père, Marshall, a lui aussi été boxeur. C’est d’ailleurs un carburant très fort pour Steven.

«Steven m’a déjà dit qu’il voulait aller chercher ce que la boxe devait aux Butler. Son grand-père, qu’il a vu seulement deux fois quand il était jeune, a vraiment connecté avec lui.

«Je me souviens du Jour de l’an chaque année chez ma mère, mon père n’était pas là parce qu’il vivait en Ontario. Steven disparaissait et on le retrouvait dans un garde-robe tout seul et il pleurait. Il se demandait pourquoi il ne voyait pas son grand-père. Ma mère était outrée parce qu’il ne le connaissait même pas.»

Le père de Clint est ensuite revenu dans la vie de sa famille, mais il a connu une fin de vie difficile et n’a pas toujours eu le respect qu’il aurait sans doute mérité. C’est ce qui nourrit Steven.

«Mon père a souffert dans la fin de sa vie et c’était entre autres relié à la boxe, souligne Clint. Steven était très amer, il ne comprenait pas pourquoi tout le monde autour de lui l’avait laissé là avec toutes les attentes qu’ils avaient eu en lui dans le passé. C’est sa plus grosse raison de boxer.»

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