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Steven Butler en combat de championnat du monde samedi: «C’est la victoire ou rien»

Le Québécois affronte le champion WBO des poids moyens, Janibek Alimkhanuly, samedi, en Californie

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI
Photo portrait de Mathieu Boulay

Mathieu Boulay

2023-05-11T00:00:00Z

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«Je n’ai rien à perdre, mais je ne vais pas là avec l’idée de seulement collecter un chèque. C’est la victoire ou rien. C’est un combat que je ne pouvais pas refuser. Je carbure aux défis.»

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Steven Butler (32-3-1, 26 K.-O.) disputera son deuxième combat de championnat du monde en carrière, samedi, à Stockton, en Californie. Il affrontera le champion WBO des poids moyens, le Kazakh Janibek Alimkhanuly (13-0, 8 K.-O.). 

Selon les preneurs aux livres et plusieurs observateurs, le Québécois est le grand négligé de ce choc. D’autres disent qu’il s’en va carrément à l’abattoir contre celui qui est pressenti comme le dauphin de Gennady Golovkin. 

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Le représentant d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) est bien conscient de la tâche qui l’attend dans le ring. 

«C’est un boxeur de haut niveau et plusieurs l’évitent chez les 160 lb, mentionne celui qu’on surnomme Bang Bang. Par contre, tout le monde est battable. 

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«On a travaillé sur les lacunes de Janibek durant le camp et on va pouvoir en profiter durant le combat. Je suis confiant à 100% et j’ai confiance en mon équipe. On s’en va là-bas avec l’objectif de causer la surprise de l’année.

«J’y crois. Je veux juste gagner même si c’est avec un coup chanceux. C’est le combat que je veux le plus gagner de toute ma carrière.»

Bien entendu, il ne veut pas trop discuter du plan de match pour son duel de samedi. 

«On a fait du bon travail et du bon vidéo sur notre adversaire. L’idéal serait que notre plan fonctionne, mais on sait qu’on pourrait devoir s’ajuster rapidement. Contre un boxeur comme Janibek, tu ne peux pas avoir qu’un seul plan. Il pourrait nous réserver des surprises.

«Il est possible qu’il me sous-estime. S’il devient arrogant, ce sera à mon avantage. Je suis prêt à toute éventualité.»

Mettre ses émotions de côté

On a souvent vu un Butler émotif entre les câbles durant ses combats. Contre Janibek, il devra demeurer dans sa zone du début à la fin de l’affrontement pour se donner les meilleures chances de l’emporter. La moindre erreur pourrait être coûteuse. 

«Je dois mettre mes émotions de côté, souligne le cogneur. Marc [Ramsay] m’a beaucoup aidé sur cet aspect durant le camp. 

«Il me disait souvent que j’aurais besoin des émotions, mais à des moments précis. Ce n’est pas notre plan de match. 

«Ce n’est pas un do or die dès les premiers rounds en prenant des risques inutiles. Si j’ai besoin de mes émotions, ce sera facile pour moi. C’est naturel.» 

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Des embûches sur sa route

Sa carrière n’a pas toujours été une longue ligne droite. Des défaites contre Brandon Cook, Ryota Murata et Jose de Jesus Macias ont soulevé des doutes à son endroit. 

Steven Butler a subi trois défaites au cours de sa carrière, dont une en championnat du monde contre le Japonais Ryota Murata.
Steven Butler a subi trois défaites au cours de sa carrière, dont une en championnat du monde contre le Japonais Ryota Murata. AFP

Celle contre Macias a fait mal à sa notoriété en 2021. Il a eu besoin de plusieurs mois pour s’en relever. Par contre, il n’a jamais eu l’intention de baisser les bras. 

«Je suis toujours arrivé à surmonter les moments difficiles dans ma vie, indique Butler. Si je chute 99 fois, je vais me relever 100 fois. 

«Je suis ce type de gars là. Je n’ai pas seulement eu des échecs dans la boxe, mais aussi dans ma vie personnelle. J’ai toujours réussi à rebondir.»

Il a bien voulu revenir sur ce combat contre Macias au Mexique. 

«Ça m’a réveillé. Tu reçois une claque sur la gueule et ça te permet de rester humble. Ma défaite contre Macias a été un déclic pour moi. 

«Ça m’a fait réaliser que je ne pouvais pas seulement me fier sur ma force de frappe. La défensive et la stratégie sont aussi importantes dans un combat. 

«Je suis aussi un athlète. Au hockey et au baseball, j’étais dans l’élite. Je suis capable de boxer. J’ai d’autres armes dans mon coffre.»

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Un deuil comme source de motivation

Steven Butler a vécu un drame alors que son ami de longue date a été assassiné, le 30 décembre dernier, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal. 

Chayanne O’Neill Peralta Garcia était aussi son beau-frère. Il était bien connu des milieux policiers. Butler n’a pas voulu parler des circonstances entourant le décès de son «frère». 

Avant le début de son camp d'entraînement, Steven Butler a perdu son meilleur ami et beau-frère, Chayanne O’Neill Peralta Garcia.
Avant le début de son camp d'entraînement, Steven Butler a perdu son meilleur ami et beau-frère, Chayanne O’Neill Peralta Garcia. Photo tirée de la page Facebook de Steven Bang Bang Butler

«Lorsqu’on m’a offert ce combat contre Janibek, j’étais encore en deuil. Je le vois comme cadeau de la part de Chayanne, raconte le protégé de Rénald Boisvert. Cette perte chère m’a servi de source de motivation et j’ai tenté de le transformer en quelque chose de positif. 

«Chayanne et moi avons toujours rêvé que je devienne champion du monde. Il voulait que je réussisse pour la famille. Je me suis lancé à fond dans ce camp, mon meilleur en carrière. Et de loin.»

Environnement moins hostile

À son premier combat de championnat du monde, Butler a dû se rendre au Japon. Il avait dû négocier avec un environnement hostile. Ce ne sera pas le cas cette fois, alors que le combat aura lieu aux États-Unis. 

«Janibek ne parle pas français ou anglais. Par contre, les amateurs de boxe qui assisteront au combat n’ont pas le même attachement que celui qu’on voyait avec Lucian Bute avec le Québec dans le temps. Ils ne sont pas encore accrochés. 

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«Au Japon, on a eu droit à tout. C’était le monde à l’envers. Tu te fais même refuser à des restaurants. Nous ne sommes pas allés là en touristes. En Californie, je m’attends à la même chose qu’au Québec.»

Marc Ramsay, le conseiller

Steven Butler a fait un ajout majeur à son équipe d’entraîneurs avant le début de son camp d’entraînement: Marc Ramsay.

Marc Ramsay a donné un coup de main à Steven Butler pour son camp d'entraînement. (Photo: archives)
Marc Ramsay a donné un coup de main à Steven Butler pour son camp d'entraînement. (Photo: archives) MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Toutefois, l’entraîneur a joué le rôle de superviseur et de conseiller au cours des huit dernières semaines avec Butler.

«Marc a été le gérant de mon camp, a expliqué le boxeur de 27 ans. J’ai continué de travailler avec Rénald [Boisvert] et mon père Clint [Butler] dans le gymnase.»

Ramsay a surtout été actif dans la recherche des partenaires d’entraînement. 

«Il est allé chercher le sparring dont on avait besoin. Tout ce que j’avais à penser, c’était de savoir le moment et le lieu de mes sessions. 

«On y est allé étape par étape jusqu’au moment où on a dû faire un 12 rounds. À un certain moment, j’avais deux boxeurs frais et dispos en alternance devant moi. 

«Auparavant, une telle situation pouvait me déranger mentalement. Cette fois, je n’ai pas paniqué et je suis demeuré concentré.»

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De l’expérience

On dit souvent que l’expérience ne s’achète pas. C’est un cliché qui est aussi véridique dans le monde de la boxe. En ajoutant Ramsay à son équipe, Butler savait qu’il mettait la main sur un entraîneur qui en a vu d’autres durant sa carrière. 

La feuille de route en championnat du monde est très étoffée. Pour lui, le dossier de Janibek Alimkhanuly fait partie d’une longue liste à l’échelle internationale. 

«Ce n’est pas son premier championnat du monde. Nous, c’est notre deuxième après celui contre Ryota Murata. 

«On a fait un camp de championnat du monde et non pas seulement un camp où on essaye de se pousser au maximum. Il y avait une stratégie derrière chaque étape afin que je puisse faire 12 rounds samedi. 

«Les sparrings étaient loin d’être supérieurs à ceux de mon combat contre Murata. On est prêts.»

Lors des séances d’entraînement, il a eu quelques embûches en voulant appliquer le plan de match établi avec ses entraîneurs. Au fur et à mesure que le camp progressait, il se sentait de plus en plus à l'aise. 

Samedi, il passera son examen final dans le ring devant les caméras d’ESPN. Son résultat pourrait être déterminant pour la suite de sa carrière.

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