Comportements grivois et disgracieux à la Coupe Ryder: samedi noir du golf à Bethpage


François-David Rouleau
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FARMINGDALE, N.Y. | Les «Fuck you Rory» résonnaient dans l’immense arène érigée autour du premier tertre du Black Course. Ce chant entonné par l’animatrice de foule laissait présager une dure journée pour les dominants Européens à la Coupe Ryder, samedi. La tension était à couper au couteau à Bethpage. Avec la débandade américaine, il n’en fallait pas plus pour allumer le feu dans une journée noire du sport et de cette compétition.
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Les spectateurs ont dépassé la limite de l’acceptable et du respect par des kilomètres.
Si bien qu’il aura fallu que les services de police de Long Island et des State Trooper de l’État de New York ajoutent des effectifs pour surveiller et protéger les golfeurs du match de Rory McIlroy et Shane Lowry.
Ce qu’ont enduré les Européens, la paire de McIlroy et Lowry en tête, dépasse l’entendement. Est-il nécessaire de rappeler que le vétéran de l’Irlande du Nord s’était préparé à cette septième présence au tournoi, une expérience s’annonçant déjà très hostile, en poussant le casque de réalité virtuelle à l’extrême?

Ce ne fut pas suffisant. La deuxième journée de compétition chargée d’intensité pour que les Américains réussissent à resserrer le pointage a tourné en véritable cirque. Plutôt que de soutenir et encourager leurs favoris, les spectateurs s’en sont pris de façon exécrable aux golfeurs européens.
Animosité maximale
En tant que gros canon et pilier de l’équipe, McIlroy a essuyé sa large part des attaques et des commentaires grossiers qui ont aussi visé sa conjointe. Et ce, malgré les hordes de policiers dépêchées sur le parcours pour faire régner le respect et l’ordre. Même l’affichage des règlements et du rappel du respect de l’étiquette sous peine d’expulsion n’ont pas suffi.
Le Journal a suivi le match de McIlroy du 11e au 17e fanion, samedi après-midi, pour témoigner des scènes disgracieuses. La tension était palpable et l’animosité à son maximum.
Qu’on ne s’y méprenne pas, la Coupe Ryder est un tournoi hyper intense dans lequel les golfeurs carburent à l’atmosphère électrisante. Que les spectateurs taquinent les joueurs adverses en les dérangeant légèrement avec des chants et des commentaires comiques, cela fait partie du jeu et du folklore rendant cette compétition si unique.

Mais quand ils traversent largement la ligne du respect, transgressent l’étiquette plus qu’à répétition, formulent des attaques personnelles et visent les familles, ça ne passe plus. On s’attendait à des flammèches avec les spectateurs new-yorkais. On a eu droit à de tristes débordements.

De son mariage au Télétubbie
Des exemples qui volaient des gradins ou le long des cordages?
«Fu... You Rory» constamment crié ou chanté au moment de frapper.
«You su...», «t’es pas bon», «retourne chez toi petit farfadet», résonnaient aussi en plus des remarques déplacées sur sa femme et son mariage.

Lowry, un solide Irlandais de 6 pi 1 po et 225 livres s’est fait traité de «gros Télétubbie», a rapporté le collègue Joel Beall du magazine Golf Digest.

Des commentaires xénophobes, discriminatoires et venimeux ainsi que des gestes grossiers, il y en a eu des tonnes durant la journée entière.
Poisson
McIlroy ne s’est pas aidé en mordant à des hameçons. Il avait fait un doigt d’honneur à des chahuteurs sur ses talons, vendredi, et il est sorti de ses gonds en utilisant à maintes reprises «Shut the fu.. up» ou «fu.. you», lorsqu’il était dérangé.
Agissant comme son garde du corps du jour, Lowry, a même failli s’en prendre à un spectateur qu’il a plutôt laissé aux policiers.
Imaginez un instant endurer ça durant cinq heures en plus de rester dans un match intense...

Sa meilleure réaction aura été celle de pointer l’énorme tableau du score affichant 11,5 à 4,5 points en faveur de son équipe près du 18e, lorsque lourdement hué.
J’espère qu’on se rappellera cette édition de la Coupe Ryder pour cette victoire décisive de l’Europe en sol américain plutôt que du cirque new-yorkais digne de l’époque de Cro-Magnon.
Sans tomber dans leur vulgarité, il faut avouer que les Européens leur ont botté le derrière.