Soare à « Révolution » : Il utilise la danse pour gérer son trop-plein d’émotions
Nathalie Slight
Partager
En se présentant à Révolution, Robert Soare entend faire rayonner la communauté Krump. Né en Roumanie, arrivé au Québec à l’âge de trois ans et demi, l’artiste a livré une prestation bouleversante sur Papaoutai de Stromae, qui lui a valu de passer à l’étape du ballottage.
• À lire aussi : Nathalie Madore a été bouleversée d’apprendre que son personnage de Claude, dans « Indéfendable », a véritablement existé
• À lire aussi : Catherine St-Laurent rehausse son look monochrome avec cette paire d’espadrilles jaunes
• À lire aussi : L’ex-mari de Katy Perry, Russell Brand, admet avoir eu une relation sexuelle avec une fille de 16 ans
Soare, comment la danse est-elle entrée dans ta vie ?
Mon père est roumain. Là-bas, il pratiquait le street dance avec ses amis. Lorsque j’étais enfant, il m’a appris quelques mouvements. Je n’ai pas cherché à pousser plus loin, mais lorsque le film You Got Served est sorti en 2004, une petite flamme en moi s’est rallumée. Avec mes amis, à l’École secondaire Henri-Bourassa à Montréal-Nord, j’ai formé un groupe afin de participer au concours Secondaire en spectacle. Je n’ai pas arrêté de danser depui : c’est vital pour moi.
Pour quelle raison ?
À l’adolescence, j’avais de la difficulté à trouver ma place. Je n’étais pas dans la gang des sportifs, des artistes ou des populaires. Lorsque j’ai commencé à danser, je me suis trouvé un clan, une communauté. Au lieu de faire des conneries dans la rue, je passais tout mon temps libre au studio de danse. Faire une activité physique m’a permis de dépenser mon énergie sainement, d’avoir envie de me dépasser, de me fixer des objectifs et de travailler fort pour les atteindre.

C’est déjà beaucoup !
Et ce n’est pas tout ! La danse m’a aidé à gérer mon trop-plein d’émotions. Au lieu de garder en dedans les sentiments que j’avais de la difficulté à verbaliser, je les faisais ressortir grâce à la danse. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Un trop-plein de tristesse ou de colère ? Rien de mieux qu’une bonne séance de danse pour exorciser tout ça. C’est d’ailleurs ce que j’enseigne à mes élèves.

Depuis combien de temps enseignes-tu la danse ?
Depuis sept ans environ. Même si c’est moi le professeur, j’apprends de mes élèves. Par exemple, lorsque j’enseigne le krump à des enfants âgés de 8 à 12 ans, je trouve fascinant qu’ils ne se mettent pas de barrières, qu’ils ne réfléchissent pas si tel ou tel mouvement existe. Ils le font, tout simplement. Leur créativité est sans limite ! Parfois, ils arrivent avec des trucs complètement fous, auxquels aucun adulte n’aurait jamais pensé !

Lors de ton audition à Révolution, tu as réussi un tour de force : émouvoir les Maîtres avec une chorégraphie de krump !
J’ai choisi Papaoutai de Stromae, puisque les paroles de cette chanson viennent profondément me chercher. Sans vouloir entrer dans les détails, je peux vous dire que ma relation avec mon père n’est pas des plus harmonieuses. J’ai voulu exprimer à travers ma chorégraphie tout mon questionnement sur ce que représente une figure paternelle pour un fils.
Les Maîtres t’ont fait patienter avant de te révéler si oui ou non tu allais intégrer l’aventure...
Dans la vraie vie, ce moment a duré quelques minutes, mais ça m’a semblé une éternité ! Sincèrement, je n’avais jamais vécu un mélange d’émotions aussi intense ! À mon grand bonheur, Mel Charlot a voté tout de suite pour moi. Mais les deux autres Maîtres m’ont fait des commentaires tout à fait justifiés au sujet de ma chorégraphie. Alors, je me suis mis à douter. Lydia Bouchard a décidé de passer son tour, mais le vote de Vincent Noiseux m’a permis de passer à l’étape du ballottage.
Bien sûr, tu ne peux pas nous révéler quelle est l’issue du ballottage, mais as-tu appliqué les conseils des Maîtres ?
Oh ! que oui ! Vincent m’a dit, par exemple, qu’il désirait me voir habiter toute la scène. En tant que danseur de rue, spécialisé dans les battles, je suis habitué à m’exécuter dans un espace restreint. J’ai donc créé ma deuxième chorégraphie en prenant soin de prendre tout l’espace sur la pastille de Révolution.
En terminant, qu’est-ce qui t’occupe en ce moment ?
Je suis dans le spectacle SKLTR, dirigé par les chorégraphes réputés Charles Brecard et 7Starr. Il sera présenté un peu partout à travers le Québec. Je recommence à participer à des battles en plus de poursuivre l’enseignement de la danse. Artiste dans l’âme, je possède aussi ma compagnie de vêtements : La maison Soare. Je fais ce que j’aime et ça me rend heureux.