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Seulement 8 % des ados filles bougent assez (et les sports organisés y sont pour quelque chose selon Tatiana Polevoy)

Équipe Salut Bonjour

2026-05-05T14:11:30Z

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Chaque printemps, c’est le même scénario : les inscriptions aux sports d’été s’ouvrent, les enfants trépignent d’impatience... et certains se retrouvent sur le banc, exclus parce qu’ils ne sont tout simplement pas « assez bons ». La chroniqueuse Tatiana Polevoy aborde un sujet que bien des parents reconnaîtront : quand la performance prend toute la place dans les sports organisés, c’est souvent l’amour du jeu et la santé de nos enfants qui en font les frais.

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Revoyez la chronique complète dans la vidéo en tête de l’article ! 

Tout a commencé avec une lettre ouverte publiée par un père dont la fille, recalée lors d’un essai pour une équipe de flag football, a perdu tout intérêt pour le sport du jour au lendemain. Une histoire parmi tant d’autres, mais qui a touché une corde sensible. 

Tatiana l’a vécue elle-même, ado, lorsqu’elle n’a pas été sélectionnée pour une équipe de ballon-chasseur. Résultat ? Une peur du ballon qui persiste encore aujourd’hui. Elle le revit aujourd’hui avec ses propres enfants : sa fille, contrainte de choisir entre compétition intensive et plaisir de la gym, et son fils au hockey, déjà mis à l’écart des activités de printemps parce qu’il n’est pas parmi les meilleurs.

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Quand la performance devient un cercle vicieux

Le problème est systémique. En axant les sports organisés sur la performance, on crée plusieurs effets pervers. On classe les enfants dès le plus jeune âge (compétitif ou récréatif, lettres au hockey, cours privés) et on oublie que faire du sport, au fond, c’est d’abord jouer et s’amuser. Pire encore : ceux qui ne sont pas au niveau se retrouvent souvent sans aucune option pour pratiquer leur sport préféré. Quel cercle vicieux.

Il y a aussi le piège de la surspécialisation : hockey de printemps, hockey d’automne, camps thématiques... On demande aux enfants de se consacrer corps et âme à un seul sport, alors que les recherches démontrent clairement que pratiquer plusieurs disciplines est bien plus bénéfique pour les athlètes en devenir. Sans oublier que pour les enfants, la priorité numéro un reste d’être avec leurs amis, pas de devenir le ou la meilleur·e.

Les filles, grandes oubliées de l’activité physique

La situation est particulièrement préoccupante chez les adolescentes. Selon l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (2022-2024), 33 % des ados garçons atteignent le nombre de minutes d’activité physique recommandé chaque jour. 

Chez les filles ? À peine 8 %. Un écart alarmant qui s’explique notamment par des préjugés tenaces dans la façon dont on socialise les filles, entraînant des retards dans leurs compétences sportives à l’adolescence. 

Or, les enfants actifs ont beaucoup plus de chances de devenir des adultes en santé, peu importe leur sexe.

Et si on s’inspirait de la Norvège ?

Des solutions existent. Tatiana propose de militer pour que les écoles adoptent des critères d’inclusion plutôt que de performance dans leurs équipes sportives (plusieurs ont déjà amorcé ce virage). 

Elle invite aussi les parents à montrer l’exemple en essayant eux-mêmes de nouveaux sports. Elle-même cherche des femmes de son âge pour apprendre le hockey pour la première fois, preuve que ce n’est jamais trop tard.

Mais c’est du côté de la Norvège que le modèle semble le plus inspirant : là-bas, il n’y a tout simplement pas de compétition avant l’âge de 13 ans. 

Pas de sélection, pas de classement, pas de points. Résultat ? La quasi-totalité des jeunes pratique un sport. Et c’est exactement ça, l’objectif : pas former des olympiens, juste apprendre à bouger dans le plaisir.

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