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Avoir la maison la plus cool du quartier

Tatiana Polevoy et Équipe Salut Bonjour

2026-04-04T04:00:00Z

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Je me suis donné un objectif de vie un peu flyé, mais profondément sincère : je veux avoir la maison la plus cool du quartier.

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Pas la plus grande, pas la plus propre, pas la plus Pinterest. Non : la maison où les portes sont toujours entrouvertes, où les enfants se sentent chez eux, où les amis débarquent sans gêne, où ça bouge, ça discute, ça rit – et parfois où ça laisse traîner des miettes, un ballon de hockey ou un verre de limonade à moitié bu. J’y suis pas encore tout à fait, mais c’est un cheminement, et j’apprends en cours de route.

Pourquoi ce besoin viscéral ? Probablement parce que je n’ai pas grandi dans une maison cool. Mes parents travaillaient beaucoup et, le soir ou la fin de semaine, ils voulaient la paix. On voyait la famille, on faisait du sport, mais la maison grouillante d’enfants... pas vraiment. Je m’étais juré que si un jour j’avais des enfants, j’allais être LA maison des rassemblements. J’avais un ami, Olivier, chez qui c’était comme ça. On était toujours les bienvenus. Ses parents, sa sœur... encore aujourd’hui, ils se joignent à nous en camping !

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Une question de chance

Évidemment, ça dépend aussi du quartier. Petite, je ne connaissais pas vraiment mes voisins. Aujourd’hui, j’habite dans un coin familial où il y a des enfants partout – et des parents en qui j’ai confiance. Avec mes amis, on a même un jeu : combien de personnes tu peux appeler si t’as une crevaison à 15h et qu’il faut aller chercher ton enfant ? Moi, j’en suis rendue à une vingtaine. C’est dire la chance que j’ai.

Et les bienfaits d’être la « maison cool », je les constate tous les jours. Je suis au courant des petits crush du quartier, des profs stricts, des rhumes qui circulent. Je vois mes enfants dans un autre contexte, avec leurs amis – souvent très différent de la version qu’ils me réservent à la maison ! Je développe aussi une complicité avec leurs amis... parfois au grand désespoir de mes enfants, quand je commence à poser trop de questions. Et égoïstement, j’avoue que quand c’est chez nous, j’ai un peu plus de contrôle sur les écrans et les règles de vie.

Les psychologues le disent : être la maison accueillante crée un espace sécuritaire. Un lieu où les enfants ont plus de chances d’être transparents, de demander conseil, d’être vulnérables. Même le fameux dilemme de la première bière devient moins angoissant quand tu sais que ça pourrait se passer sous TON toit plutôt qu’ailleurs.

Comment s’y prendre

Alors, comment on fait ? On dit oui. Le plus souvent possible. Je laisse la porte débarrée, avec une sonnette tellement longue et ridicule qu’elle annonce à tout le quartier que quelqu’un arrive. Avec mon conjoint, on a établi une règle claire : une journée par semaine réservée à la famille, sans amis.

Ensuite, il y a les accessoires. La bouffe : je le dis sans gêne, j’achète l’amour avec des collations. Muffins qui sortent du four. Mister Freeze illimités. Jus, limonade, Bubbly... les enfants restent quand ils ont quelque chose à boire ! Je tolère le chaos, la slime, les expériences scientifiques douteuses, le ménage à refaire deux fois. J’ai des maillots et des lunettes de piscine de rechange, des filets de hockey, des mini bâtons, un haut‐parleur bon marché, des jeux, des bébelles intrigantes, et même mes vêtements, que les amies de ma fille adorent utiliser pour leurs défilés et leurs vidéos.

Et surtout : deux vieilles chaises de camping sur le terrain avant. Je m’assois, j’en laisse une vide... et quelqu’un finit toujours par venir s’y poser. C’est ma façon de dire : « On est là. Vous êtes les bienvenus. »

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