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Serge Denoncourt : Confidences sur sa vie éclatée entre le Québec, Paris et l’Italie

«Serge à Paris», à l'automne 2026 sur TV5

Marjolaine Simard

2026-05-21T10:00:00Z

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Serge Denoncourt prépare une troisième saison de Serge à Paris, une idée née au moment où il venait de s’offrir un pied-à-terre dans la Ville Lumière. L’homme de théâtre, devenu animateur, partage désormais sa vie entre le Québec, la France et l’Italie, où il a même participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Rencontre avec un passionné de la vie, amoureux des rencontres et épicurien assumé.

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Vivre à Paris et rencontrer des personnalités est une réelle passion pour toi...

Je suis tellement passionné par ma vie parisienne et mes rencontres que même si les caméras s’arrêtent, moi, je continue. Ce que je fais dans Serge à Paris, c’est exactement ce que je ferais sans émission. À Paris, mon quotidien est de rencontrer des gens, de marcher, découvrir des endroits. Je ne me suis jamais formaté pour la télé. C’est l’émission qui s’est formatée autour de moi, autour de ce que j’aime profondément dans la vie. C’est la même chose avec le livre qu’on a publié en lien avec l’émission. Il n’y a pas une seule adresse dedans où je ne suis pas allé moi-même.

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Comment est née cette idée de montrer Paris à ta façon ?

Avant que l’émission prenne vie, j’achetais un appartement, j’effectuais des rénovations et je me disais : « Je ne sais pas si tu vas aimer Paris ou si tu vas haïr ça. » Je discutais de tout ça avec mon producteur et je me suis rendu compte que j’avais envie de raconter cette nouvelle vie que je m’apprêtais à découvrir. Je ne voulais pas montrer Paris comme une carte postale, mais Paris comme une expérience.

Comment vis-tu ton Paris ?

Je suis tombé amoureux du 10e arrondissement. C’est moins touristique, plus authentique. Ensuite, j’ai voulu explorer toute la ville. Parce que Paris, c’est 20 arrondissements, et chacun a sa personnalité, son énergie, sa « crowd ». Moi, je marche beaucoup. Je me perds dans la ville, j’essaie des restos, des bars, je donne rendez-vous à des amis, à des Québécois installés là-bas. Paris, elle peut t’irriter autant qu’elle peut te séduire. Les Français peuvent te frustrer, mais en même temps, ils ont cette culture du café, ces lieux où tu peux t’asseoir, observer, respirer... et ça devient magique.

Tu as aussi un lien très fort avec l’Italie, où tu possèdes une maison, en Toscane. Comment compares-tu ces deux univers ?

C’est complètement différent. Paris, c’est l’effervescence, la vitesse, le bruit. L’Italie, c’est la dolce vita, le ralentissement, la douceur. Et moi, j’ai besoin des deux. J’ai besoin de cette tension parisienne, et j’ai besoin de la détente italienne. Ça me nourrit, ça m’équilibre. Ce que j’aime aussi, c’est m’incruster dans un endroit qui n’est pas le mien, essayer d’en faire partie. En Italie, j’ai réussi. En France, je travaille encore fort pour y arriver.

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Tu investis beaucoup dans ces lieux de vie. C’est important pour toi ?

Oui, énormément. Les gens pensent que je suis riche, mais ce n’est pas ça. Je mets mon argent dans des maisons, dans des projets, parce que je veux en profiter pendant que je suis vivant. C’est une façon de dire « je ne remets pas ma vie à plus tard ».

Tu as aussi vécu une expérience marquante en coanimant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Milano Cortina avec le journaliste sportif Guillaume Dumas. Comment as-tu vécu cette expérience ?

C’était complètement fou. Avec Guillaume, on n’avait jamais fait ça. On s’est lancés comme si on sautait en parachute : un, deux, trois, go ! Et après... c’était comme si j’avais été dans un état second. J’avais l’impression d’être drogué. C’était trop, trop intense. Je ne m’en souvenais presque plus tellement c’était fort. Moi, si tu me proposes quelque chose de nouveau, je vais essayer. Toujours.

Tu es polyglotte. Cette ouverture sur le monde semble essentielle pour toi...

Oui. Et c’est drôle, parce que je parle mieux italien qu’anglais ! (rires) L’italien, c’est une langue magnifique. Elle est musicale, elle est sensuelle. Mais au-delà des langues, c’est le fait de pouvoir naviguer entre les cultures qui m’intéresse. Ça me rend plus riche, plus curieux.

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Malgré tout ça, tu reviens toujours au Québec. Pourquoi est-ce si important ?

Parce que j’ai besoin du Québec pour me sentir complet. Je ne pars pas en France parce que je n’aime pas le Québec. Au contraire. Je vais chercher ailleurs des choses qui me nourrissent différemment, mais je reviens ici pour me reconnecter. Là, par exemple, je fais la mise en scène de la pièce Le Comte de Monte-Cristo avec une distribution québécoise. J’ai besoin de ça. J’ai besoin de mes racines, de ma culture, de mes gens. J’ai une sœur dont je suis très proche, que je fréquente beaucoup, ainsi que ses enfants, que j’adore. Je suis un oncle et aussi un parrain investi quand je suis ici.

Et l’amour... Tu as déjà dit avoir mis une croix là-dessus. Est-ce toujours le cas ?

La croix est toujours là ! Je profite tellement plus de la vie en tant que célibataire. On n’a pas besoin de s’excuser de rentrer tard, de se laisser traîner, de travailler trop. On arrête de s’excuser en étant célibataire.

Tu es aussi impliqué dans le nouveau spectacle Tout sur le sexe avec Laurent Paquin, Simon Boudreau et Brigitte Lafleur. Parle-nous-en...

Oui, et j’adore ça ! Ils ont écrit une douzaine de sketchs sur le sexe. C’est très drôle, jamais vulgaire. Honnêtement, je n’avais pas le temps de faire ça, mais je les trouve tellement bons que j’ai réorganisé mon horaire pour embarquer. Ça commence à Drummondville à la mi-juillet.

Avec plus de 150 mises en scène à ton actif, qu’est-ce qui te motive encore ?

C’est mon terrain de jeu. Et ce terrain-là n’est jamais plate, parce que les projets sont toujours différents. Je passe de la comédie musicale à l’opéra, du théâtre à l’humour. Puis on m’a proposé Serge à Paris et Quel Talent !. Pourquoi je dirais non ? C’est exactement ce que je me suis dit pour les Olympiques. S’ils n’aimaient pas mon travail, ça ne sera qu’une fois, mais je ne serai pas passé à côté.

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On sent qu’aujourd’hui, tu es plus libre dans tes choix...

Oui, énormément. À 20 ans, je n’aurais jamais fait ça. Je voulais prouver que j’étais bon. Je voulais être reconnu comme un homme de théâtre. Je ne voulais pas faire de télé, je ne voulais pas me disperser. Aujourd’hui, je suis ailleurs. Les gens savent qui je suis. Si je fais un mauvais spectacle, je ne vais pas disparaître du jour au lendemain. Alors oui, je prends plus de risques. Je suis plus libre, plus ouvert, je veux tout essayer.

En terminant, qu’est-ce que l’âge t’a apporté de plus précieux ?

Un avantage qui est énorme : la liberté. Vieillir m’a permis de lâcher cette pression de devoir prouver quelque chose. Maintenant, je fais des choix par plaisir, par curiosité. Et ça change tout. Je travaille beaucoup, je suis souvent en mouvement. Parfois, on a l’impression qu’on devrait s’excuser de ne pas être plus présents, mais à un moment donné, il faut arrêter de s’excuser. C’est notre vie et il faut l’assumer pleinement. Et pour vrai, j’ai vraiment une super vie.

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