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Scandale en ski: deux champions olympiques suspendus après une tricherie de la Norvège

Huit membres de l’équipe norvégienne de saut à ski, dont deux champions olympiques, suspendus pour avoir altéré les combinaisons

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Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2025-03-13T16:19:36Z

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Reconnue pour laver plus blanc que blanc et pour ses nobles principes pour contrer la corruption et prôner un sain esprit sportif, la Norvège en prend pour son rhume cette semaine à la coupe du monde de saut à ski, dans sa capitale, à Oslo. Sa fédération sportive est accusée de tricherie tandis que huit membres, dont deux skieurs qui sont champions olympiques, sont suspendus par la Fédération internationale de ski (FIS), qui a lancé une enquête.

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Pourquoi?

Car des préparateurs et des entraîneurs ont altéré les combinaisons de leurs sauteurs. C’est un lanceur d’alerte qui a filmé la scène en coulisses. Sur la bande, on les voit déchirer les coutures dans l’entrejambe.

«C’était une manipulation de très haut niveau, a affirmé le directeur de course en saut à ski, Sandro Pertile, à l’Associated Press. Dans mes cinq années en poste, ce sont de loin les pires actions que j’ai constatées. Nous avons détruit les combinaisons pour trouver ces ajustements.»

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Markus Lindvik lors de l'épreuve mixte par équipe au grand tremplin lors du Championnat du monde de saut à ski à Trondheim, en Norvège, au début de mars 2025.
Markus Lindvik lors de l'épreuve mixte par équipe au grand tremplin lors du Championnat du monde de saut à ski à Trondheim, en Norvège, au début de mars 2025. Photo AFP

En catimini

En effet, selon le récit de l’histoire, ceux-ci ne sont pas visibles à l’œil nu. Après la compétition au saut, samedi dernier, des officiels ont découvert qu’un matériel supplémentaire de la même couleur que la combinaison avait été installé minutieusement. Celui-ci permettait d’ajouter un poids qui abaisse l’entrejambe du sauteur lors de l’envol.

Ainsi, l’air glisse sur une plus grande surface de la combinaison et prolonge le temps d’envol, a expliqué Pertile. L’amélioration de l’aérodynamisme contribue à augmenter les distances des sauts.

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Avant d’aboutir dans les équipes, les combinaisons, micropucées et enregistrées, sont approuvées par la FIS, selon les normes en vigueur. Toute retouche est interdite et rend l’équipement inéligible en compétition.

Après avoir découvert le pot aux roses, les enquêteurs ont saisi toutes les combinaisons de l’équipe norvégienne, tant chez les hommes que chez les femmes.

Les sauteurs nient

Bien qu’ils nient leur implication dans cette tricherie, les champions olympiques Marius Lindvik et Johann Andre Forfang sont suspendus le temps de l’enquête de la fédération internationale. Ils ne peuvent donc plus participer à la coupe du monde chez eux et ils pourraient être dépouillés des médailles remportées durant cette compétition. Une remontée dans les performances antérieures cette saison n’est pas exclue.

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Pour décrocher l’or au tremplin normal la semaine dernière, Lindvik a franchi 108 mètres tandis que Forfang l’a suivi avec 107 mètres, soit les deux plus grandes distances de l’épreuve. Les deux ont ensuite été disqualifiés au grand tremplin après des sauts initiaux de 138 et 134,5 mètres, respectivement. Ce qui leur valait les 2e et 4e échelons provisoires.

Leur fédération insiste pour dire que Lindvik et Forfang ne savaient rien des retouches à leur combinaison. Ce sont leur entraîneur-chef, Magnus Brevig, et leur gestionnaire de l’équipement, Adrian Livelten, qui ont avoué avoir triché. Ils ont ainsi perdu leur poste.

Ce matin, la FIS a également annoncé avoir sanctionné trois autres membres de l’équipe norvégienne, portant le total à huit suspensions.

Le secrétaire général de la FIS, Michel Vion (à droite), et le directeur de course de saut à ski de la FIS, Sandro Pertile, en conférence de presse sur le scandale qui secoue la discipline à la Coupe du monde en Norvège.
Le secrétaire général de la FIS, Michel Vion (à droite), et le directeur de course de saut à ski de la FIS, Sandro Pertile, en conférence de presse sur le scandale qui secoue la discipline à la Coupe du monde en Norvège. Photo AFP

Choquant

La tricherie dans le sport est répandue. On peut rappeler le scandale du dopage chez les Russes et d’espionnage au soccer par le Canada lors des derniers Jeux olympiques à Paris.

Cette fois, la bombe explose entre les mains de sportifs d’une nation réputée pour sa transparence et son honnêteté ainsi que ses fermes principes. La Norvège figure dans le top 5 des pays à l’indice international de perception de la corruption.

En 2022, elle avait refusé d’accueillir les athlètes russes à une compétition alors que Poutine venait de lancer l’offensive en Ukraine. Le pays avait aussi défié le Qatar sur le respect des droits de la personne lors de la Coupe du monde de soccer quelques mois plus tard.

«Les athlètes et des officiels du monde entier ont quitté Trondheim [site de la coupe du monde en Norvège] tristes et déçus, a relaté Pertile en entrevue avec l’Associated Press.

«Je ne peux pas croire qu’il y ait un système de tricherie. Quelques individus ont largement dépassé les limites. Les actions ont tué nos principes, notre style et notre passion pour notre sport.»

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