Samuel Montembeault en profite comme un «fanboy»

Benoît Rioux
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Demandez encore à Samuel Montembeault s’il est déçu d’être le troisième gardien de l’équipe canadienne à la Confrontation des 4 nations. La réalité? Malgré ses 28 ans, il «trippe» comme un enfant dans un magasin de bonbons.
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«Juste de faire partie de l’équipe, c’est plaisant et je suis vraiment content d’être ici», a-t-il sincèrement assuré, plus tôt cette semaine, lors d’une rencontre avec Le Journal.
«Tout le monde était fébrile dans les estrades, a renchéri Montembeault, jeudi, au lendemain d'une soirée magique au cours de laquelle le Canada a remporté son premier match contre la Suède. Il n'y avait pas un seul banc vide au Centre Bell. Il y avait beaucoup d'émotion et ç'a été un bon spectacle avec la prolongation.»
À défaut d’être sur le banc des joueurs en compagnie de ses coéquipiers, le gardien a d’ailleurs pu profiter de la soirée, dans une loge, avec de la famille et des amis. Il y a pire!
Tout un jeu de puissance!
À l’instar de bien des partisans, le représentant du Canadien de Montréal a été subjugué par le premier but du tournoi, lorsque Nathan MacKinnon a marqué en supériorité numérique sur un jeu préparé par Sidney Crosby et Connor McDavid.
Montembeault l’avait précédemment constaté de visu à l’entraînement: c’est complètement fou qu’autant de talent soit réuni sur le jeu de puissance d’une seule et même équipe.

«En avantage numérique, tu as Crosby, McDavid, MacKinnon, [Sam] Reinhart et [Cale] Makar sur la même unité, c’est spécial de jouer contre ça, même lors d’une pratique», a-t-il laissé tomber.
Crosby: idole de jeunesse
En s’y attardant un peu, il est curieux de constater que Montembeault n’avait que 8 ans quand Crosby a été repêché par les Penguins de Pittsburgh, le 30 juillet 2005. Le garçon de Bécancour en avait 13 et rêvait à peine de joindre éventuellement les rangs des Estacades de Trois-Rivières, au niveau midget AAA, quand ce même Crosby avait inscrit son fameux but en or aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.
À ce moment-là, Montembeault imaginait difficilement qu’il allait un jour évoluer dans la LNH. Encore moins qu’il se retrouverait éventuellement avec Crosby au sein de l’équipe canadienne.

«Je ne suis pas groupie, mais quasiment, a blagué Montembeault, à propos du déroulement de sa semaine. Dimanche dernier, quand je suis arrivé à l’hôtel, on avait un souper et on a regardé le Super Bowl tous ensemble. C’était bien qu’on puisse se rencontrer, mais j’avoue que j’étais un peu impressionné en entrant dans la pièce et en voyant tous ces gars-là.»
«C’est un peu drôle parce que j’habite à l’hôtel même si mon appartement est tout juste à côté, a aussitôt précisé le gardien du Canadien, en déployant une certaine candeur. Quand je suis allé me présenter, j’étais un peu «fanboy», c’était stressant, mais c’est plaisant de faire partie de tout ça. Je savoure surtout le fait de partager la glace avec eux, à l’entraînement, jour après jour.»
Un énorme privilège
S’il a été laissé de côté dans la victoire du Canada contre la Suède, il va sans dire que Montembeault profitera à nouveau de chacun des moments passés, à Montréal puis à Boston, au sein des représentants de l’unifolié.
Pensez-vous qu’il ne se pinçait pas, mercredi soir, quand il a vu Crosby inscrire trois mentions d’aide contre les Suédois? Pensez-vous qu’il n’a pas aimé l’ambiance après le but de Mitch Marner en prolongation?

«Ce sont les meilleurs joueurs de la ligue et que ce soit sur la patinoire ou à l’extérieur, il y a toujours des choses à retenir», a encore noté Montembeault, jeudi, soulignant au passage l’éthique de travail de Crosby et de MacKinnon.
Bref, c’est un privilège pour le Québécois de vivre cette expérience et un privilège de s’entraîner avec les meilleurs joueurs canadiens. Et le privilège demeure énorme, même s’il devait terminer la compétition sans jouer une seule minute.
«Fou de joie»
Montembeault le répète: il était «fou de joie» quand, le 1er décembre dernier, malgré une défaite de 6 à 3 subie contre les Bruins au TD Garden, il avait reçu l’appel tant attendu de Julien BriseBois durant le transport en autobus des joueurs du CH vers l’aéroport. Fou de joie, peu importe le rôle qu’il allait occuper avec l’équipe canadienne.
«Les trois gardiens, on s’entend super bien ensemble, a souligné Montembeault, à propos de Jordan Binnington et Adin Hill. Ce sont deux très bons gars.»

Demandez encore à Montembeault s’il est déçu d’être le troisième gardien de l’équipe canadienne. Car même s’il est désormais un professionnel et qu’il porte les couleurs du CH, ça reste l’histoire d’un petit gars de Bécancour qui vit une expérience parmi les plus exaltantes de sa vie.