Une soirée de hockey magique
Avec trois passes, Sidney Crosby a mené le Canada à une victoire de 4 à 3 en prolongation


Jonathan Bernier
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Si vous avez encore besoin d’être convaincu de l’intensité de ce tournoi après la bataille dont on a été témoin entre la Suède et le Canada en lever de rideau de la Confrontation des 4 nations, c’est que vous êtes de mauvaise foi.
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Les deux pays se sont livré une guerre sans merci. Un choc de titans qui s’est terminé 4 à 3 en faveur du pays hôte. En prolongation, par-dessus le marché.
Élu le joueur du match, Sidney Crosby a préparé le but de la victoire. Un but inscrit par Mitch Marner, à l’aide d’un tir précis au-dessus de l’épaule droite de Filip Gustavsson.
Le capitaine de l’équipe canadienne complétait ainsi une soirée de trois points. Dire qu’il a raté les deux derniers matchs des Penguins en raison d’une blessure à un bras et que jusqu’à lundi matin, son cas était incertain pour l’ouverture de ce tournoi.
« Il est impressionnant, a déclaré Connor McDavid, lui-même auteur d’une mention d’assistance. Il a donné le ton dès le départ avec un excellent jeu sur l’attaque massive. Il a été fantastique toute la soirée. C’était fascinant à regarder. »

L’attaquant originaire de la Nouvelle-Écosse n’était assurément pas à 100%, mais rien n’y a vraiment paru. Quand on parle de l’importance de ce tournoi pour les joueurs de la LNH, en voilà une belle preuve. Il a même été vu en train de faire de la bicyclette stationnaire après le match. Une véritable machine.

Des applaudissement nourris
D’ailleurs, ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu autant de joueurs vedettes au pied carré sur la patinoire du Centre Bell.
Même Mario Lemieux est venu faire son tour. Quand on vous dit que c’était spécial. On était loin d’un petit match d’un mardi du mois de novembre entre le Canadien et les Blue Jackets.

L’ambiance à l’intérieur de l’amphithéâtre nous l’a rapidement fait réaliser. Lemieux et Crosby ont été plus acclamés que Carey Price dans ses belles années. Et cette fois, pas besoin de bruit de foule en conserve pour faire croire que le party est pogné. Ça paraît quand ce sont de vraies acclamations. Et c’était le cas, hier.

Les quelque 21 000 spectateurs en ont eu pour leur argent. Combien de fois au cours des dernières années, avez-vous une période de prolongation à trois contre trois disputée avec autant de fougue?
Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu les spectateurs autant assis sur le bout de leur siège.
Le dernier grand moment de bonheur de hockey à Montréal, c’est quand Artturi Lehkonen a envoyé le Canadien en finale de la coupe Stanley en marquant, en prolongation, dans le sixième match de la série face aux Golden Knights de Vegas.
C’était le soir de la St-Jean-Baptiste. Ça fera bientôt quatre ans. Et il y avait seulement 3500 personnes dans le Centre Bell.

Les arrêts Jordan
Cela dit, l’intensité de ce match nous a offert un indice de ce qui est à l’enjeu. Et on ne parle pas du trophée en forme de vase à fleurs, qui a de pâles allures de la coupe Grey. Ça fait neuf ans que les joueurs de la LNH attendent pour défendre l’honneur de leur pays.
Ça donne ce qu’on a vu hier : l’attaque massive du Canada qui étourdit la Suède en 11 secondes, Josh Morrissey qui étampe solidement Joel Eriksson Ek, Rasmus Dahlin qui rudoie McDavid après avoir reçu un double-échec dans la poitrine, Devon Toews qui se replie comme s’il disputait le septième match d’une finale de la Coupe Stanley et la Suède qui force pour revenir de l’arrière et provoquer la prolongation.
« C’est un voyage d’affaires », avait d’ailleurs lancé Jordan Binnington, plus tôt cette semaine lorsqu’un confrère lui a demandé si des membres de sa famille l’avaient suivi dans la métropole.
Parlant du gardien des Blues, on a eu la preuve de ce que l’on craignait. Ce n’est pas lui qui va faire gagner le Canada. Mais il pourrait être celui qui le fera perdre. Le pauvre n’a pas toujours eu l’air d’être au courant de ce qui se passait autour de lui.

Néanmoins, avant que Marner, un joueur des Maple Leafs, ne jette l’euphorie dans le Centre Bell, il a réalisé deux arrêts fumants sur des déplacements latéraux au synchronisme parfait.
C’est sans doute ce que l’on pourrait appeler les arrêts Jordan...
