Rien n’arrête Mélanie
L’athlète tétraplégique excelle en rugby en fauteuil roulant


Dave Lévesque
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Mélanie Labelle était une femme active et sportive jusqu’à ce que sa vie prenne un tournant majeur, il y a six ans.
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« Je me suis blessée en mars 2016 pendant une activité de danse swing. Je suis tombée et me suis blessée à la moelle épinière, les vertèbres C6 et C7 ont été affectées. »
« En l’instant d’une seconde, je suis devenue tétraplégique. C’est à partir des aisselles jusqu’en bas. Ce qui fonctionne, c’est la moitié des bras sans les mains. »
Si on vous parle de son histoire, c’est parce que c’est le début vendredi du Défi sportif AlterGo, une grande célébration du sport s’adressant aux athlètes ayant une limitation fonctionnelle.
L’événement revient en force après deux années de compétitions virtuelles et se tiendra jusqu’au 1er mai à Montréal et à Longueuil.
Un instant
La voix de la trentenaire est enjouée au bout du fil. Même si sa situation n’est pas de tout repos, elle semble résolument décidée à en tirer le meilleur parti.
« Ça fait six ans. Ça fait drôle en entrevue de revenir sur l’instant trauma et j’insiste sur “instant” parce que c’est un moment dans notre vie. »
C’est donc pourquoi elle a décidé d’aller de l’avant et de rester active comme elle l’a toujours été.
« C’est une question de me redéfinir et de m’octroyer le plus d’indépendance possible et ça passe par le sport. Le sport est une façon de me trouver une communauté avec des gens qui ont les mêmes intérêts. »
Pour elle, l’activité a des vertus cathartiques inestimables.
« Le sport est un pilier dans mon rétablissement. Pendant les jeux paralympiques de Tokyo, j’ai fait l’analyse du rugby en fauteuil roulant. »
Révélation
Mélanie Labelle était une personne très active avant son accident. Elle a notamment porté les couleurs des Citadins de l’UQAM au soccer universitaire.
« J’ai grandi en faisant énormément de sport, que ce soit du ski alpin, du plongeon, de la natation ou du soccer. Mes parents voulaient qu’on soit actifs. »
C’est lors de sa réadaptation au centre Lucie-Bruneau qu’elle a eu une révélation, qu’elle est tombée sous le charme du rugby en fauteuil roulant.
« Les kinésiologues ont vu que j’avais les épaules assez carrées et trouvaient que j’étais une candidate parfaite. »
Elle a craqué pour ce sport, le seul qui permet des contacts entre les fauteuils roulants et qui a de plus été inventé par un tétraplégique pour les tétraplégiques.
« Ç’a l’air d’une auto tamponneuse. Je me suis tout de suite sentie à l’aise. J’ai regardé le plus gros gars dans la salle et je suis allée lui rentrer dedans et ç’a été un coup de foudre. »
« C’était environ six mois après mon accident et j’ai commencé à jouer dès septembre 2016 en pratiquant avec les gars quand ma santé me le permettait. »
Son parcours
Mais revenons au Défi sportif, parce que c’est ce dont il est question. Celui-ci a fait partie des événements qui ont défini la nouvelle vie sportive de Mélanie Labelle.
« J’ai fait le Défi sportif en 2017 et je participais au championnat canadien en 2018. J’ai ensuite été invitée par l’équipe canadienne en 2019. »
Pour elle, il est capital que les sports adaptés soient encore plus développés.
« C’est vraiment important de mettre de l’effort autant dans les sports compétitifs que participatifs. C’est aussi important d’impliquer les amis et la famille. C’est une occasion très rare de voir du rugby à Montréal.
« Quand j’y ai participé, ç’a été une formidable occasion pour moi de rencontrer des femmes comme moi et c’est surtout une grosse opportunité pour le sport adapté à Montréal. »