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Quelle passion Jason Coroa et Mario Pelchat, son coach de «La Voix», ont-ils en commun?

Nathalie Slight

2026-03-30T01:35:00Z

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Chanteur d’opéra montréalais d’origine portugaise, Jason Coroa a marqué la 11e saison de La Voix par la puissance de sa voix et la sensibilité de ses interprétations. Passionné de vin, tout comme son coach Mario Pelchat, le ténor trouve son équilibre entre la scène et les vignobles.

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Jason, pourquoi as-tu choisi d’interpréter You are the reason en demi-finale ?

C’est une chanson très précieuse à mon cœur, puisque je l’ai chantée au mariage de ma cousine, l’été dernier. La cérémonie avait lieu au Portugal, dans la même église où ma grand-mère s’est mariée, au même endroit où mon père a été baptisé. Lorsqu’on m’a proposé de chanter cette chanson, en version française et anglaise lors de la demi-finale, je n’ai pas hésité une seule seconde. Je savais qu’au-delà de la voix, l’émotion serait au rendez-vous.

Tu avais l’air tellement zen et en contrôle lors de ta performance !

Au fil de mes numéros à La Voix, j’ai développé un truc pour vaincre mon stress. Au cégep, dans le cadre de spectacles, j’ai déjà touché à l’acting. À l’époque, je n’étais pas gêné de chanter devant la foule, puisque je campais un personnage. J’ai alors décidé d’adopter la même approche pour La Voix. Lorsque je m’avance sur la scène, je deviens une autre version de moi-même, je joue le rôle d’un gars qui a confiance en lui.

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Tu as confié, en début d’aventure à La Voix, que tu parlais à ton grand-père décédé avant chaque prestation. Est-ce toujours le cas ?

Bien sûr. Ça fait partie de mon petit rituel avant d’embarquer sur scène. Je dédie ma performance à Vovô, comme si chaque chanson était une prière pour lui. J’aurais aimé qu’il suive mon parcours à La Voix, il aurait tellement été fier de moi.

Tu as le visage de ton grand-papa tatoué sur le bras. Quand as-tu fait faire ce tatouage ?

Il y a 10 ans. Je suis passé chez le tatoueur quelque temps avant son décès. Ma sœur s’est aussi fait tatouer le visage de mon grand-père, mais à partir d’une image différente de la mienne, soit à l’époque où il jouait du clairon au sein de l’armée portugaise. Vers la fin de sa vie, grand-papa souffrait d’alzheimer. De temps en temps, il avait des petits moments de lucidité. Lorsque je lui ai montré mon tatouage, il m’a dit : « C’est moi, ça ! » Il était ému de voir son visage sur mon bras.

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Ton grand-père et toi, vous partagiez une passion commune pour la musique. N’est-ce pas ?

Oui. Mon grand-père vivait dans une espèce de brouillard mental à cause de la maladie. Mais lorsqu’on chantait ensemble, son regard s’illuminait, il souriait. On aurait dit que la musique lui permettait de retrouver ses capacités, l’instant d’une chanson. Je pouvais fredonner une musique de son enfance et il se mettait spontanément à chanter les paroles. En dernier, c’était notre façon de communiquer.

Outre le chant, tu te passionnes pour le vin. D’où te vient cet intérêt ?

Je suis portugais, donc l’amour du vin coule dans mes veines. (rires) Mon grand-père adorait non seulement le vin, mais l’horticulture. Tailler des plantes, c’était son métier au Portugal. J’ai bien l’impression qu’il m’a aussi transmis cette passion. Un jour, j’ai voulu tailler les vignes qui prenaient de plus en plus de place dans ma petite cour à Anjou. Je me suis mis à regarder des vidéos sur You Tube, pour apprendre comment faire.

Tu as appris de façon autodidacte !

Pour approfondir mes connaissances, j’ai contacté un ami de la famille qui nous avait offert nos vignes. Il m’a montré l’art de tailler, greffer et cloner des plants. Cet homme est devenu mon mentor, au point où il m’accompagnait chez des clients pour partager son expertise avec moi. Aujourd’hui, parallèlement à la musique, je gagne ma vie en taillant des vignes. Je rêve d’avoir un jour mon propre vignoble.

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Comme ton coach Mario Pelchat !

C’est justement l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi Mario ! Je me suis dit qu’on pourrait parler de musique... et de vin ! D’ailleurs, je lui ai montré des photos de mes vignes. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu d’aussi grosses grappes de raisins pousser à Montréal et que j’avais d’excellents cépages, en plus. Il y a quelques années, je suis allé visiter le vignoble de Mario avec des amis. J’ai hâte d’y retourner, maintenant que je connais l’homme derrière le chanteur et producteur de vin.

La scène et le vignoble : tu ne peux pas avoir deux endroits aussi différents !

C’est vrai. Mais vous savez quoi ? Ce sont les deux seuls endroits où je suis totalement groundé. Je ne pense à rien, je suis 100 % connecté au moment présent.

En terminant, qu’est-ce qui t’a le plus surpris de ton aventure à La Voix?

Je ne m’attendais pas à me faire des amis, à vaincre ma nervosité, à autant me dépasser. Mais si je peux y aller avec quelque chose de plus inusité : je ne pensais pas autant triper sur la portion stylisme. Travailler avec des professionnels, qui créent un look spécialement pour ta performance, c’est vraiment plaisant. La mode, c’est un autre moyen d’expression, que j’aimerais éventuellement exploiter davantage à travers mes performances musicales.

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