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Fayolle Jean Jr: comment voit-il son personnage de méchant dans «Antigang»?

Nathalie Slight

2026-03-12T10:00:00Z

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Comédien polyvalent, Fayolle Jean Jr se glisse avec aisance dans des rôles aussi variés que surprenants. Impossible de lui coller une étiquette ! Il peut faire rire, émouvoir... et même incarner un caïd respecté du crime organisé. Rencontre avec un comédien qui a l’amour du jeu ancré dans son ADN.

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Fayolle, on peut te voir présentement dans la peau d’un caïd dans la quotidienne Antigang.

Lorsque Joseph Petit-Frère se retrouve au centre d’une intrigue, je tourne beaucoup. Puis, je n’ai plus de nouvelles de la production pendant un petit bout, alors que l’accent est mis sur les autres personnages. Et finalement, on me contacte de nouveau pour avoir mes disponibilités. Comme je fais beaucoup de doublage, je peux adapter mon horaire en conséquence.

C’est rare qu’on te voie dans la peau d’un méchant !

Joseph Petit-Frère est un gars intelligent, qui a su gravir les échelons jusqu’à se retrouver à la tête des gangs de rue. Je m’imagine qu’il a déjà été plus fou dans sa jeunesse, mais aujourd’hui, c’est un homme d’expérience. Toujours calme, il connaît la game, il sait comment manipuler son environnement. Le fait qu’il soit aussi relaxe le rend, à mes yeux, encore plus dangereux.

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Il semble respecté dans le milieu du crime organisé.

Exact. Mes scènes sont surtout avec le chef des motards Denys Marchand (Sébastien Ricard) et le parrain du clan irlandais Dan Murphy (Frank Schorpion), des acteurs de talent, ultra solides, à qui j’adore donner la réplique. J’ai aussi quelques scènes avec les policiers, mais mes intrigues se déroulent surtout autour du crime organisé, dans lequel Joseph Petit-Frère fait figure de médiateur entre les différents clans.

En parallèle, tu fais beaucoup de doublage. À quels personnages prêtes-tu ta voix ?

Ça peut aller de l’acteur américain Chiwetel Ejiofor, dans le film de superhéros Docteur Strange, à un professeur de musique dans le dessin animé Âme, de Disney. Ce qui est intéressant avec le doublage, c’est que je peux incarner des personnages fantastiques que je ne pourrais jamais jouer dans la vraie vie : un extraterrestre, un cheval et même un petit canard ! (rires)

Tu t’es fait connaître du public québécois par un personnage comique : le gardien de but Alex Beauchesne dans Lance et compte.

C’est en observant mon père, Fayolle Jean Sénior, que j’ai eu envie d’exercer le métier de comédien. J’ai commencé par de la figuration et des troisièmes rôles dans les séries dramatiques. À la base, je ne pensais pas être drôle. J’ai découvert que je pouvais faire rire grâce au personnage exubérant d’Alex Beauchesne dans Lance et compte.

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Photo : Inconnu / TVA
Photo : Inconnu / TVA

Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

As-tu déjà pensé faire autre chose dans la vie que le métier de comédien ?

Bien sincèrement, non. Après l’aventure Lance et compte, j’ai étudié en cinéma au Conservatoire Lassalle. J’aurais bien aimé aller à l’École nationale de théâtre, mais je ne me voyais pas mettre ma vie professionnelle sur pause durant quatre ans, de peur qu’on m’oublie. J’ai longtemps eu le sentiment d’imposteur, puisque je ne possédais pas les codes et le langage théâtral. Des projets comme M’appelle Mohamed Ali ou Le père, tous deux présentés au Théâtre du Nouveau Monde, ainsi que le projet New Orleans Blues m’ont permis de me considérer comme un acteur de théâtre à part entière.

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En entrevue, on te parle beaucoup de ton père, Fayolle Jean Sénior, également comédien. Peux-tu nous parler des autres membres de ta famille ?

Ma sœur Farrah évolue dans le domaine artistique, notamment en faisant de la figuration. J’ai aussi trois frères : Marc-Olivier est slameur et il offre des ateliers dans les écoles pour partager son amour des mots, Dullin est graphiste et il possède un talent fou, et Anderson est auteur et réalisateur. C’est lui qui est derrière la série jeunesse Jumelles, qui sera présentée prochainement sur Tou.tv Extra. Ça raconte l’histoire d’Emma et Florence, des jumelles nées d’un couple mixte, l’une avec la peau noire et l’autre, blanche. J’incarne le père des filles et Marie-Joanne Boucher, la mère. Imaginez-vous que mon père, Fayolle Jean Sénior, est aussi de la distribution de cette série créée par mon frère. Laissez-moi vous dire qu’on est pas mal fiers d’Anderson.

Et ta maman, possède-t-elle un côté artistique ?

Ma maman, Maggy, c’est le pilier de la famille. Secrétaire juridique de formation, elle gérait les artistes dans la maison, elle mettait les rêves en place. C’est drôle, parce que les gens pensent d’emblée que je demande l’avis de mon père en ce qui a trait à ma carrière, mais dans les faits, c’est ma mère ma véritable conseillère. Encore aujourd’hui, je lui parle avant d’accepter un contrat.

Mis à part ton travail, quelles sont tes passions ?

Eh bien, je passe du temps avec mon amoureuse, avec laquelle je suis en couple depuis sept ans. Elle est directrice de production de théâtre, alors elle comprend bien mon horaire atypique. J’aime aussi passer du temps de qualité avec ma fille, Alyssa, âgée de 11 ans. L’an prochain, ce sera une grande étape pour elle : son entrée au secondaire. C’est un peu stressant pour mon cœur de papa, mais elle est rendue-là.

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A-t-elle hérité de ta fibre artistique ?

Elle adore la danse et le jeu. Elle a suivi des cours à l’école des arts de la scène Nos Voix Nos Visages, et elle réalise aussi des films avec ses amis. Je sais qu’elle possède un côté artistique, mais je ne la pousse pas. Je veux que ça vienne d’elle. Sur le tournage de Jumelles, j’ai vu les comédiennes Keyla Mingot et Irlande Côté étudier durant leurs pauses de tournages avec un tuteur sur le plateau. Le soir, les filles devaient non seulement réviser leurs textes pour le lendemain, mais compléter leurs devoirs scolaires. J’admire les enfants-acteurs, pour leur sérieux, leur discipline et leur capacité de concentration.

En terminant, quels sont tes projets ?

J’ai participé à Partir autrement entre amis avec Widemir Normil. Nous avons passé deux semaines de rêve à Malte, en Europe. On se connaît de la comédie Escouade 99 et de la pièce de théâtre M’appelle Mohamed Ali. Ce voyage nous a permis d’approfondir davantage notre amitié. C’est un acteur que j’admire, mais surtout un humain exceptionnel. Pour le reste, je serai des prochaines intrigues d’Antigang, de la deuxième saison de MR BIG, de la série Les crues, dans un rôle particulier que je vous laisse le plaisir de découvrir. Et finalement, je suis de la distribution de la comédie à sketchs muets LOL :-). Que des beaux projets, je suis choyé.

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