Quand les hockeyeuses s’entraînaient au milieu de la nuit


Mylène Richard
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L’une des grandes fiertés de Ginette Hatin, c’est d’avoir pavé la voie jusqu’à la Ligue professionnelle de hockey féminin.
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«On ne jouait pas comme Marie-Philip Poulin, mais on a fait notre chemin. Il y a un peu de nous autres là-dedans», note la pionnière de 81 ans.
«J’ai l’impression qu’on a enduré toutes sortes de choses, mais on jouait pareil. On voulait faire la place pour celles qui suivaient», poursuit celle qui s’adonne toujours au golf et marche jusqu’à 4 km quotidiennement malgré son diabète.
La guitariste amateure a assisté à quelques matchs de Poulin et de la Victoire de Montréal. Si des amies militent pour qu’elle procède à une mise en jeu protocolaire, Mme Hatin, elle, aimerait jaser avec les joueuses et leur raconter ce que sa génération a vécu.

«Pour hommes seulement»
Mme Hatin a fait partie d’un groupe de femmes qui a demandé au gouvernement de changer les règlements de l’Association canadienne de hockey amateur en 1977. La fédération était «pour hommes seulement». Avec le soutien de la ministre d’État à la Santé et au Sport amateur Iona Campagnolo, la mention a été changée l’année suivante: «Pour hommes et femmes».
À partir de ce moment, le hockey féminin a pris son envol, croit Mme Hatin.
«On a été capables d’aller pratiquer à 1h du matin au lieu de 3h», laisse-t-elle tomber en guise de grande amélioration.
C’est qu’à l’époque, les patinoires étaient réservées aux hommes. Les seules heures de glace disponibles étaient durant la nuit. Il fallait être motivées et persévérantes.
«Il y a même une fille qui partait de L’Annonciation [à deux heures de route]. Quand on pratiquait à 3h, elle retournait prendre sa douche à la maison et elle allait travailler», mentionne-t-elle.
