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La religion a ralenti la progression du hockey féminin, selon une membre du Temple de la renommée des plus de 80 ans

Ginette Hatin a évolué dans une ligue féminine au Centre Paul-Sauvé de Montréal en 1967-1968. Elle avait environ 23 ans.
Ginette Hatin a évolué dans une ligue féminine au Centre Paul-Sauvé de Montréal en 1967-1968. Elle avait environ 23 ans. Photo fournie par GINETTE HATIN
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2025-10-25T16:00:00Z

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Le père de la première hockeyeuse intronisée au Temple de la renommée des plus de 80 ans a tenu tête à l’archevêque, qui exigeait que l’enfant de 12 ou 13 ans abandonne son sport.

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«J’entends encore mon père répondre: “Monseigneur, avec tout le respect que je vous dois, je vous permets de faire votre job, mais permettez-moi de faire la mienne”», raconte Ginette Hatin, qui a grandi à Mont-Laurier, dans les Laurentides.

La scène s’est déroulée vers 1956. Le Québec était plongé dans la Grande Noirceur du premier ministre Maurice Duplessis. La petite Ginette jouait déjà au hockey depuis six ans avec ses frères, qui l’a «trainaient partout» durant l’hospitalisation de deux ans de leur mère dépressive.

«Il ne voulait pas que je lâche. Il disait que j’étais sa meilleure!» ajoute-t-elle, précisant que son frère Réjean a pourtant déjà joué pour le Canadien junior C.

Ginette Hatin dans un vestiaire du Centre sportif Gaétan-Boucher, dans l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.
Ginette Hatin dans un vestiaire du Centre sportif Gaétan-Boucher, dans l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil. Photo PIERRE-PAUL POULIN

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«Habille-toi, tu joues!»

Léo Hatin s’est tenu debout, même si son épouse, Yvonne, ne voulait pas non plus que leur fille joue au hockey. Quand il lui achetait des bâtons, il les cachait sous la galerie.

«Ma mère voulait que j’aille des patins blancs. Mon père m’a fait faire une paire de patins de gars blancs par les sourds et muets sur la rue Saint-Denis, à Montréal», se rappelle celle ayant pratiqué aussi la boxe et le softball.

Tout comme ses frangins, Réjean et Pierre, avec qui elle a appris à jouer sur un étang et à la patinoire de l’école, son père l’a toujours «défendue».

«Quand il manquait un joueur, mes frères venaient me chercher en disant: “Habille-toi, tu joues!”» lance la grande fan du Canadien, de Maurice Richard à Cole Caufield en passant par Jean Béliveau, Jean-Claude Tremblay et Frank Mahovlich.

«Quand on a eu la télévision à Mont-Laurier, c’était plus de la neige que du monde dedans! Pendant que j’écoutais le hockey avec mon père, ma mère voulait me montrer les belles petites robes dans les catalogues Sears et Eaton. Mais le Canadien, c’était une religion», se souvient Mme Hatin.

Ginette Hatin a joué à 24 ans dans une ligue féminine à La Prairie en 1968. Elle est au centre de Sue Villeneuve (à gauche) et de Betty Grant (à droite).
Ginette Hatin a joué à 24 ans dans une ligue féminine à La Prairie en 1968. Elle est au centre de Sue Villeneuve (à gauche) et de Betty Grant (à droite). Photo fournie par GINETTE HATIN

À des années-lumière

Afin de calmer le jeu, elle a été envoyée à 15 ans dans un couvent à Rockland, en Ontario, où elle a troqué son bâton de hockey pour un de ballon-balai.

À son retour au Québec, elle a fréquenté un «business collège» à Montréal et elle a évolué au sein d’une ligue féminine au Centre Paul-Sauvé.

Puis, en 1968-1969, Mme Hatin s’est jointe à une formation étoile du Québec qui participait à deux ou trois tournois par mois en Ontario. Elle a rapidement constaté que le hockey féminin était mieux organisé et développé chez nos voisins.

«Ce qui nous a ralenties, c’est la religion. Ce n’était pas dans les mœurs qu’une fille joue au hockey», dénonce celle qui a toujours pu compter sur le soutien de son employeur chez Shell pour organiser son horaire.

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