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Quand le propriétaire s’en mêle

AFP
Photo portrait de François Paquet

François Paquet

2021-08-23T16:41:21Z

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La semaine dernière, le nouveau propriétaire des Mets, Steve Cohen, a fait connaître son mécontentement sur Twitter, par rapport aux insuccès de son équipe en attaque. 

Les Mets sont présentement dans une séquence de 13 matchs face aux Dodgers et aux Giants et les hommes de Luis Rojas n’ont pas connu beaucoup de succès jusqu’ici.

Monsieur Cohen a mentionné que son équipe ne semblait pas faire les ajustements que font les autres équipes. Je ne sais pas quel a été la réaction des joueurs et des entraîneurs, mais je doute qu’elle ait été positive.  

Évidemment lorsqu’un propriétaire décide de se faire entendre dans le sport professionnel, c’est rarement pour les bonnes raisons. Le plus bel exemple est probablement Georges Steinbrenner avec les Yankees. Quand la marmite sautait, il ne se gênait pas pour critiquer un joueur ou son propre gérant sur la place publique. Mais il faut avouer que dans le cas de Steinbrenner, il dépensait tellement d’argent sur les joueurs autonomes, que tout le monde était condamné à gagner, et ce, jour après jour, saison après saison. 

Ce qui m’amène à vous parler de Peter Angelos, propriétaire des Orioles de Baltimore. La semaine dernière, le joueur de premier but, Chris Davis, a annoncé sa retraite du baseball professionnel à l’âge de 35 ans. Il a probablement été un des joueurs le plus aimé de l’histoire des Orioles, mais aussi un de ceux qui a été le plus détesté. Et Peter Angelos a eu un grand rôle à jouer là-dedans. 

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Chris Davis a été un choix de 5e ronde des Rangers du Texas en 2006. Utilisé comme joueur de premier et de troisième but par les Rangers, il connaitra un succès mitigé avec l’équipe en raison de ses nombreux retraits au bâton. À l’âge de 23 ans, il réussit quand même à frapper 21 circuits avec une moyenne à .238, mais il sera aussi retiré au bâton 150 fois en seulement 419 présences au bâton. Durant sa quatrième saison avec l’équipe, alors qu’il n’a que 25 ans, les Rangers abandonnent le projet et échangent Davis, en compagnie du lanceur Tommy Hunter aux Orioles de Baltimore, en retour du lanceur Koji Uehara. Avec tout le respect que j’ai pour Uehara, ça démontre quand même le peu de valeur que Davis avait à l’époque.  

Ayant démontré de belles choses à la fin de la saison 2011, Davis devient un régulier en 2012 avec les Orioles et se permet même de frapper 33 circuits avec une moyenne plus que respectable à .270. La saison suivante, c’est l’explosion, autant sur le terrain que pour sa cote de popularité. Davis frappe un impressionnant total de 53 circuits et 138 points produits. Il participe au match des étoiles et termine 3e pour le titre de joueur par excellence dans la Ligue Américaine. Il aura certainement sa part de problèmes avec les retraits au bâton, mais entre 2012 et 2016, personne ne frappera plus de circuits que Davis, soit un total de 197, presque 40 en moyenne par saison. 

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À l’issue de la saison 2015, Davis peut devenir joueur autonome sans restriction. Malgré ses nombreux retraits au bâton, il risque d’être un joueur convoité. Chez les Orioles, la direction est plutôt froide quant au retour de Davis à Baltimore. Premièrement, les demandes salariales sont astronomiques et en plus, la vélocité des lanceurs continue d’augmenter et Davis risque d’avoir de la difficulté à s’ajuster. Et soyons honnêtes, ils avaient raison.

Sauf que le propriétaire de l’équipe, Peter Angelos, ne voit pas les choses du même œil. Pas question pour lui de perdre son joueur vedette et il oblige la direction de l’équipe à signer Davis, peu importe le prix. Résultat, il signe un contrat de 7 ans pour l’incroyable somme de 161 millions de dollars. Les partisans sont contents, et le propriétaire aussi.  

Celui qu’on surnomme Crush Davis, connaitra une saison respectable en 2016 avec 33 circuits, mais aussi une faible moyenne de .221 et un incroyable total de 219 retraits au bâton. Mais à partir de là, ce sera la descente aux enfers pour Davis, incapable de s’ajuster aux balles rapides qui frôlent les 100 milles à l’heure. Le contrat devient de plus en plus insupportable pour Davis et l’équipe, alors que ce dernier a été incapable de frapper pour .200 de 2018 jusqu’à sa retraite, il y a quelques semaines. Il touchera le fond du baril en 2019, alors qu’il battra un record du baseball avec une incroyable séquence de 54 présences au bâton, sans frapper un seul coup sûr. 

On ne saura jamais si Davis aurait été en mesure de connaître plus de succès s’il avait signé ailleurs qu’à Baltimore ou peut-être s’il avait paraphé une entente moins lucrative, il y aurait eu moins de pression sur ses épaules. Si Peter Angelos n’avait pas mis son nez dans ce dossier, il est probable que Davis aurait terminé sa carrière ailleurs qu’à Baltimore et que les Orioles auraient pu dépenser cet argent d’une autre façon. Peut-être même que les oiseaux se retrouveraient dans une situation plus agréable alors qu’ils sont en reconstruction depuis plusieurs années et ne semblent pas voir la lumière au bout du tunnel. 

Alors pour résumer le tout, il est très rare qu’un propriétaire se mêle de la gestion d’une équipe et quand c’est le cas, c’est plutôt rare que ça tourne bien. Et à noter que depuis la sortie de Monsieur Cohen sur les réseaux sociaux, les Mets n’ont gagné que deux matchs et ont perdu le premier rang de la section Est.

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