Publicité anti-tarifs: Doug Ford a frappé «un coup de circuit»

Yannick Beaudoin
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Malgré la décision du premier ministre ontarien de retirer la publicité anti-tarifs dénoncée par Trump, Doug Ford a effectué un bon coup, estime le membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, Guillaume Lavoie.
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«C’est un coup de circuit parce qu’à partir de maintenant, elle est dans la conversation. Monsieur Trump dit que c’est du fake news, que Ronald Reagan n’a pas dit ce que l’annonce dit qu’il dit. La vérité, c’est que tout le monde est allé voir le discours de Reagan», a-t-il expliqué en entrevue à l’émission Le Québec matin, à LCN.
Ce coup de pub, aussi bref soit-il, aura réussi à mettre de l’avant les avantages du libre-échange auprès du public américain.
«Ronald Reagan était le pourfendeur de ceux qui mettaient des tarifs en alléguant l’intérêt national. C’était le grand agent du libre-échange. Alors là-dessus, Ronald Reagan est un allié du Canada, comme bien des gens chez les républicains sont des alliés du Canada. Et dans le fond, ici, le discours de Reagan [apparaît] être un avocat pour notre cause auprès des républicains, des patrons, des syndicats américains qui, eux, font pression sur Trump», souligne Guillaume Lavoie.

Le membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand est d’avis qu’il faut toutefois tempérer nos réactions aux déclarations de Donald Trump.
«Monsieur Trump a une vision assez claire des négociations, c’est-à-dire qu’il exige tout. Et s’il faut que l’autre partie dise que ça ne fait pas exactement son affaire, bien là, ce serait un bris de confiance terrible, ce serait des négos de mauvaise foi absolument inacceptables. La vérité, c’est que la pression du côté américain, elle monte sur la Maison-Blanche et que, là-dessus, il faut plutôt revenir un peu sur notre position de base qui est de continuer. Nos alliés sont aux États-Unis et c’est eux qui font pression sur le président», clame M. Lavoie.
«La stratégie de Donald Trump est certainement celle qui est la moins claire. Il adore les tarifs, il veut pousser une politique qui est de plus en plus impopulaire. Et pire que ça, elle est aussi de plus en plus négative au niveau des résultats économiques. Donald Trump a été élu pour faire baisser le coût de la vie aux États-Unis. Ce n’est pas ce qui se passe», ajoute-t-il.
Le spécialiste de la politique est d’avis que Mark Carney a jusqu’ici la bonne approche, autant sur la place publique que dans les coulisses.
«Combien est-ce que cette espèce de routine “Bon cop, bad cop” avec Monsieur Ford est coordonnée derrière des portes closes? Ça, on ne [le] sait pas encore. On lira ça dans les biographies beaucoup plus tard. Mais, à un moment donné, lorsque votre adversaire est en train de s’enfarger un peu, il faut se reculer et laisser le reste des choses suivre leur cours», soutient-il.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.