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Project 2025: on vous explique le programme de droite qui placerait le président américain au-dessus des lois

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Photo portrait de Andrea Lubeck

Andrea Lubeck

2024-07-10T20:21:26Z

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C’est une année électorale aux États-Unis qui oppose (pour l’instant) le président actuel, Joe Biden, à l’ex-président Donald Trump. Dans les dernières semaines, il a beaucoup été question du Project 2025. Mais qu’est-ce que c’est, au juste, Project 2025? Un expert répond à nos 5 questions sur le sujet.

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Qu’est-ce que Project 2025?

Project 2025: Presidential Transition Project, aussi connu sous le nom de Mandate for Leadership (Mandat pour le leadership), est un programme politique mis sur pied par la Heritage Foundation, un think tank conservateur.

Pourquoi 2025, alors que les élections américaines se déroulent en 2024? Parce que le vainqueur du scrutin ne sera qu’assermenté le 20 janvier 2025. C’est donc à cette date qu’il commencera véritablement son mandat.

Le programme vise à tracer les contours des 180 premiers jours du mandat du prochain président, dans l’espoir que ce dernier provienne du camp républicain. Ce n’est toutefois pas le programme officiel du parti.

Photo tirée du compte X de Project 2025
Photo tirée du compte X de Project 2025

Sur plus de 900 pages, il se décline en trois volets principaux, explique Victor Bardou-Bourgeois, chercheur associé à l’Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

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1- Accorder davantage de pouvoir au président.

Le projet propose de limiter l’indépendance des agences gouvernementales, de sorte que la branche exécutive du gouvernement fédéral ait une plus grande emprise sur la mise en œuvre des lois.

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Concrètement, ça signifie que le président pourrait demander au FBI d’enquêter sur un adversaire ou qu’il pourrait révoquer les licences de diffusion s’il n’aime pas ce qu’un média dit en ondes, illustre Victor Bardou-Bourgeois.

2- Remplacer tous les fonctionnaires fédéraux par des employés convaincus de la cause conservatrice.

Project 2025 éliminerait l’interdiction au politique de renvoyer des fonctionnaires fédéraux, en plus de lui permettre de les remplacer par des personnalités proches idéologiquement.

Des scientifiques à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) pourraient ainsi être remplacés par des fonctionnaires qui pourraient venir contrer les efforts de lutte aux changements climatiques.

3- Utiliser davantage l’armée américaine pour faire appliquer les lois à l’échelle nationale.

C’est l’un des aspects les plus inquiétants du projet, selon le chercheur.

Ce volet autoriserait, par exemple, le président à déployer la garde nationale – essentiellement l’armée – pour contrôler des contestataires, en particulier dans les grandes villes comme Los Angeles, New York et Chicago, détaille Victor Bardou-Bourgeois.

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Quel est l’objectif de Project 2025?

Le but avoué du programme est d’éliminer les freins à l’adoption de politiques de droite.

«Ce projet permettra de créer un recueil de mesures à prendre au cours des 180 premiers jours de la nouvelle administration afin de soulager rapidement les Américains qui souffrent des politiques dévastatrices de la gauche», peut-on lire sur le site web du projet.

Victor Bardou-Bourgeois évoque carrément un «changement de paradigme» au sein du gouvernement fédéral.

Est-ce que ça pourrait être instauré?

«C’est la question à un million de dollars», répond Victor Bardou-Bourgeois.

Un fait à considérer, toutefois: le projet, tout comme la ligne d'action politique de la droite radicale américaine, est «impopulaire auprès d’une large portion de l’électorat», note le chercheur.

En plus, Project 2025 viendrait essentiellement restreindre les droits et libertés de la population américaine, souligne-t-il.

Pour le chercheur, le fait que le titre du projet soit aussi peu évocateur est la preuve que ses auteurs sont conscients de son impopularité.

Donald Trump lors d’un rassemblement partisan le 9 juillet 2024
Donald Trump lors d’un rassemblement partisan le 9 juillet 2024 AFP

Ce n’est donc pas une surprise que Donald Trump s’en soit distancié.

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«Quoi qu’ils fassent, je leur souhaite bonne chance, mais je n’ai rien à voir avec eux», a-t-il écrit sur sa plateforme sociale Truth Social au début juillet. Le candidat à l’investiture républicaine a néanmoins souvent fait écho à plusieurs des idées contenues dans le programme.

À l’inverse, les démocrates tapent sur ce clou pour rallier des appuis et faire mal à Trump. «Project 2025 va détruire l’Amérique», a écrit Joe Biden sur X (anciennement Twitter).

D’où vient l’idée de ce projet?

L’idée germe depuis aussi loin que le scandale du Watergate, qui a mené à la destitution du président républicain Richard Nixon, indique Victor Bardou-Bourgeois.

Mais le premier mandat de Donald Trump – et les embûches bureaucratiques auxquelles il a fait face – a été la poussée nécessaire pour concrétiser Project 2025.

«On a tiré les mauvaises leçons de cette expérience-là et on a déterminé qu’une prochaine administration républicaine qui souhaiterait mettre en place un agenda très conservateur va devoir s’assurer que ces freins-là ne soient pas dans leur chemin», résume le chercheur.

Quelles conséquences est-ce que ça pourrait avoir au Canada?

À première vue, Project 2025 concerne surtout les affaires internes des États-Unis.

Mais comme le Canada entretient des liens étroits avec les États-Unis, la mise en place de la politique pourrait causer certaines perturbations, particulièrement en matière de commerce entre les deux pays.

«Cette relation-là va mieux quand les règles du jeu sont stables, précise le M. Bardou-Bourgeois. Et là, le problème avec Project 2025, c’est qu’on change de manière assez importante les règles du jeu à Washington, la manière dont le gouvernement va fonctionner.»

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