Le Rassemblement national, plus fort malgré la défaite?


Gabriel Ouimet
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Le Rassemblement national (RN) et ses alliés d’extrême droite ont terminé troisièmes au deuxième tour des élections législatives françaises, dimanche. Mais cette défaite a des allures de victoire à de nombreux égards, soulignent des observateurs.
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Après une victoire au premier tour, le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella et de Marine Le Pen n’est pas parvenu à convertir sa popularité croissante en nombre de sièges. Arrivé troisième, le RN a récolté 143 sièges, loin de la majorité de 289 nécessaires pour prendre le contrôle de l’Assemblée nationale française.
Le RN continue toutefois sa progression dans le paysage politique en France.
Les 143 sièges obtenus par le parti d’extrême droite représentent 25% des députés de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une progression de 54 sièges par rapport aux 89 décrochés aux élections de 2022. Il avait obtenu moins de 20 sièges en 2017.
«Ce soir, un vieux monde est tombé, et rien ne peut arrêter un peuple qui s’est remis à espérer», a averti Jordan Bardella, dimanche soir, après l’annonce des résultats.
Le parti le plus populaire de France
Les élections ont été remportées par le Nouveau Front populaire (NFP), une coalition de gauche regroupant différentes formations politiques. Le RN est le parti unique qui a fait élire le plus grand nombre de députés. Il a aussi décroché le plus grand nombre de voix dans le pays.

À elle seule, la formation de Marine Le Pen a recueilli 8,7 millions de votes. En ajoutant les 1,3 million de votes amassés par ses alliés, l’extrême droite a convaincu 10 millions de Français, dimanche. Cela représente un peu plus de 37% des suffrages.
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L’union victorieuse formée par la gauche a quant à elle récolté 7 millions de votes (25%), tandis que le bloc du parti présidentiel d’Emmanuel Macron a cumulé 6,3 millions de votes (24%).
«La progression en deux ans est incroyable et rend notre victoire à court terme inévitable», s’est réjouie Marine Le Pen dans un message publié sur X, lundi matin.
Tous mes remerciements aux dix millions d’électeurs qui ont fait du RN, le premier parti en nombre de voix et en nombre de députés !
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) July 8, 2024
La progression en deux ans est incroyable et rend notre victoire à court terme inévitable. Elle va nous inviter à faire aussi le bilan de ce qui…
Un flou qui pourrait profiter au RN
Aucune formation n’a réussi à décrocher une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, dimanche. Plusieurs observateurs soulignent que le rassemblement victorieux de la gauche, composé de partis aux idées opposées sur plusieurs sujets, est fragile.
«Ça va être difficile de faire tenir tout le monde ensemble», a souligné le professeur à Sciences Po Rennes, Romain Pasquier, au micro de Radio-Canada, lundi matin.

Si les élus ne réussissent pas à s’entendre, l’Assemblée nationale pourrait à nouveau être dissoute dans un an, ce qui pourrait profiter aux élus du Rassemblement national.
«Étant donné la diabolisation qu’ils ont subie et qu’ils continueront à subir, une grande partie de l’attention médiatique sera centrée sur eux. Ils auront ainsi de nombreuses occasions de s’exprimer en public pour faire avancer leurs idées et pour montrer patte blanche», a expliqué Loïc Tassé dans une chronique du Journal
Dans un texte publié dans le média britannique The Independent, Mary Dejevsky, ancienne correspondante à Paris, a aussi indiqué que même si l’extrême droite a été écartée du pouvoir, la frustration qui a nourri sa poussée électorale «demeure intacte» chez ses nombreux partisans.