Procès de Live Nation et Ticketmaster: des commissions généreuses grâce à des billets payés trop cher par les fans


Frédérique De Simone
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Le géant américain du divertissement Live Nation facture aux spectateurs de concert des frais injustement élevés du fait de sa position monopolistique, a accusé mardi le gouvernement américain à l’ouverture de son procès à New York.
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D’après les estimations d’un expert cité par l’État de New York, Ticketmaster percevrait davantage de commissions que ses concurrents, tandis que les fans auraient payé leurs billets entre 1,56 $US et 1,72 $US trop cher.
Pour le substitut du procureur de l’État de New York, Jonathan Hatch, environ 30 % des frais prélevés aux acheteurs de billets « n’ont rien à voir avec [les] services » que fournit effectivement Ticketmaster, racheté par Live Nation en 2010.
« C’est ce que Ticketmaster retient parce qu’il est monopoliste », a-t-il poursuivi.
Le géant du divertissement est accusé d’avoir exercé une emprise totale sur l’industrie du spectacle grâce à des menaces et à des contrats d’exclusivité à long terme avec les principales salles de concert.
On reproche aussi à Live Nation d’avoir conditionné illégalement l’accès à son réseau d’amphithéâtres et à ses services de promotion en obligeant les artistes qui souhaitaient se produire dans ses salles à l’engager comme promoteur, et d’avoir nui tant aux artistes qu’aux fans.
« Cette affaire est une question de pouvoir : le pouvoir d’un monopole de contrôler la concurrence », a déclaré l’avocat David Dahlquist, qui représente le ministère de la Justice, lors de sa plaidoirie introductive.
De son côté, l’avocat de Live Nation, David Marriott, a expliqué aux jurés que Ticketmaster prélèverait environ 5 % du prix des billets.
– Avec l’Agence France-Presse
Trois choses à savoir
1) Ce qu’on reproche au géant
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Le ministère américain de la Justice, 39 États et le district de Columbia affirment que Live Nation détient un monopole illégal sur l’industrie du spectacle depuis sa fusion avec la billetterie numérique Ticketmaster, en 2010, et demandent le démantèlement de leur union.
En 2024, plus d’un an après la panne qui a paralysé Ticketmaster et le fiasco qui a accompagné la mise en vente des billets de la tournée de Taylor Swift Eras, l’administration Biden a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux pour pratiques anticoncurrentielles.
Depuis des mois, Live Nation tenterait de négocier un accord à l’amiable avec des responsables du ministère de la Justice, selon les publications américaines Bloomberg et Semafor.
Récemment, plusieurs chefs d’accusation ont été abandonnés par le juge de district américain Arun Subramanian, notamment les allégations concernant ses pratiques qui auraient provoqué d’importantes hausses de prix des billets de spectacle.
Le procès devant jury, qui s’est ouvert lundi, pourrait durer jusqu’à six semaines.
2) Ces personnalités publiques qui pourraient venir témoigner
Le chanteur et allié du président Trump Kid Rock de même que Ben Lovett, du groupe Mumford & Sons, devraient témoigner lors de ce procès, qui devrait durer de cinq à six semaines, ont rapporté plusieurs médias américains ces derniers jours.
Les dirigeants de Live Nation, Michael Rapino et Joe Berchtold, ainsi que ceux de Ticketmaster, le promoteur des tournées de Taylor Swift, Louis Messina et des représentants des Nets de Brooklyn et des Cowboys de Dallas pourraient aussi être appelés à témoigner, a rapporté le New York Post lundi.
D’autres acteurs de l’industrie pourraient se présenter, comme des dirigeants de billetteries concurrentes et de salles de spectacle, dont le Madison Square Garden, à New York.
3) Les répercussions au Québec
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Au Québec, les festivals d’envergure Osheaga, îleSoniq et LASSO, mais aussi les Francos et le Festival international de jazz sont organisés par le promoteur montréalais evenko, détenu à 49 % par Live Nation.
Le géant californien a aussi une influence importante sur les salles et les billetteries du Québec, a notamment révélé un reportage de l’émission Enquête le 5 février dernier.