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Pourquoi la Place des Arts fait affaire avec Ticketmaster et pas une billetterie québécoise?

Photo portrait de Axel  Tardieu

Axel Tardieu

2026-02-26T17:26:58Z

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La collaboration entre Ticketmaster et la Place des Arts indigne des acteurs du milieu culturel. Selon eux, une société d’État regroupant les plus grandes salles de spectacles du Québec ne devrait pas dépendre d’un géant américain controversé.

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« Je ne comprends pas qu’on soit aplaventristes devant un pays, les Américains, qui nous malmène autant », explique Patrick Kearney, directeur général du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN).

Pour celui qui fait la promotion de près de 150 événements culturels au Québec, « c’est une grande incohérence » venant d’un complexe culturel dont le mandat est de démocratiser la culture et de la rendre accessible.

« Quand on nous demande au Québec de consommer local, mais que ton propre gouvernement fait le choix de prendre une billetterie 100 % américaine, c’est une grande incompréhension », dit Patrick Kearney.

Des frais élevés

Début février, des reportages ont mis en lumière le quasi-monopole qu’occupe Live Nation au Québec au détriment de la culture locale. L’entreprise profite indirectement de millions de dollars de subventions publiques chaque année.

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Chaque année, la Place des Arts vend plus d’un million de billets à travers les services de Ticketmaster, souvent critiqués par les utilisateurs pour ses frais de service exorbitants.

Patrick Kearney, directeur général du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN).
Patrick Kearney, directeur général du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN). Photo Axel Tardieu

« C’est des sous qui vont à une compagnie américaine, qui ne vont pas dans le développement d’artistes », dénonce Patrick Kearney.

« C’est un choix particulier du gouvernement du Québec, quand on sait qu’il y a de multiples billetteries québécoises qui seraient complètement capables de faire cette job-là. »

Des options locales

Après un appel d’offres lancé en 2014, la billetterie a été confiée à Ticketmaster entre 2015 et 2020 contre la somme de 3,3 millions de dollars. Depuis, la Place des Arts continue d’utiliser ses services.

Quelles sont les alternatives et ont-elles les reins assez solides pour ce gros contrat ? Il y a, par exemple, l’entreprise albertaine Showpass ou la québécoise Zeffy, qui n’ont pas donné suite aux demandes de 24 heures.

Lepointdevente.com, une entreprise de Québec, assure pouvoir répondre aux besoins de la Place des Arts.

« En termes de volume et complexité apparente, je ne vois pas d’enjeux particuliers à gérer cette organisation », soutient son PDG, Yannick Cimon-Mattar. « On est probablement plus simple et moins cher. »

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Le ministère de la Culture et des Communications du Québec n’a pas voulu commenter ce dossier, bien que la société d’État relève directement d’eux.

« Appel d’offres rigoureux »

La Société de la Place des Arts, elle, défend son choix : « La solution technologique Archtics, offerte par Ticketmaster, a été sélectionnée à la suite d’un processus d’appel d’offres rigoureux [...] qui nous garantit une solution fiable, sécuritaire et performante pour une billetterie de haut volume comme la nôtre. »

« Que nos données et qu’une partie des frais de service s’en aillent à l’étranger vers une multinationale milliardaire, ça pose un grave problème quant à la mission même de La Place des Arts », estime le comédien Pierre-Luc Brillant, qui est également vice-président de l’Union des artistes (UDA).

Selon lui, il faudrait une volonté politique pour créer une billetterie québécoise qui profite plus à la scène locale et rend la culture moins chère.

« L’objectif, c’est que les Québécois aient accès à leur propre langue, à leur propre culture, à leur propre histoire, dit-il. Ça prend des compagnies qui ont des sensibilités pour développer ces intérêts-là. »

Selon l’Union des artistes, « le véritable enjeu, c’est la dépendance du milieu culturel à des plateformes détenues par des intérêts américains. »

Après la publication de l’article, La Place des Arts a précisé que Ticketmaster ne percevait pas les frais de services, mais bien elle. L’organisation n’a pas voulu révéler le montant du contrat pour la période débutant en 2020, mais dit vouloir lancer un nouveau processus d’appel d’offres au cours des prochains mois.

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