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Pourquoi Patrick Drolet a refusé le succès à l’international

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-04-30T10:00:00Z

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Nous sommes habitués à voir le comédien Patrick Drolet dans des rôles plutôt dramatiques. Son passage dans Indéfendable en est d’ailleurs un bel exemple. Mais cette fois-ci, c’est dans la série remplie de lumière Annie & Joey qu’il incarne un père de famille attentionné.

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Peux-tu me parler de ton personnage de Michel dans la nouvelle série Annie & Joey?

C’est un papa au grand cœur qui veut le mieux pour sa fille neurodivergente, au détriment de sa propre qualité de vie, qu’il a négligée depuis qu’il a perdu sa femme. Mais il va se faire surprendre dans la série et probablement vivre un chemin semblable à celui de sa fille en ce qui a trait à l’amour...

Comment a été l’expérience sur le plateau ? Plusieurs nous ont mentionné avoir eu beaucoup de plaisir.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas expérimenté un plateau où on a autant ri. C’était un réel plaisir de me présenter sur le tournage chaque matin. C’était le constat pour tout le monde, autant l’équipe d’acteurs que celle de la technique. Normalement, chacun mange un peu de son côté, mais cette fois-ci, on se rassemblait autour d’une grande table pour dîner. Julie Hivon, qui a créé et réalisé la série, a vraiment voulu qu’on soit dans le plaisir et jamais dans le stress. C’était vraiment super. Après le visionnement des deux premiers épisodes, je trouve que ça transparaît aussi dans le montage. Le rythme n’est pas trop rapide.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Quelle a été ta relation avec Romane Lefebvre, qui joue ta fille dans la série ?

J’avais déjà vu son visage à quelques reprises, mais je ne la connaissais pas du tout. Dès les premières lectures et les premières répétitions, on a eu une belle chimie. C’est un charme, et elle est super généreuse. Elle a un grand talent, mais ne semble pas encore le réaliser, ce qui lui donne beaucoup de charisme.

Michel est un père endeuillé qui a perdu sa femme et qui s’occupe seul de sa fille. Comment as-tu préparé ce genre de rôle ?

Premièrement, j’ai demandé à Julie Hivon ce qu’elle ne voulait pas voir dans sa série. Avec ça, on a déjà 60 % du travail de fait. On a déterminé que la ligne était mince avec ce personnage : si on joue trop gros ou trop petit, ça ne serait pas crédible. Il faut se faire confiance, mais en même temps, c’était tellement bien écrit que je n’étais pas toujours en train de chercher ce que ça voulait dire.

Tu es très réservé, mais tu es un papa dans la vie. Est-ce que tu t’es inspiré du quotidien pour aller chercher l’émotion ?


J’ai deux garçons adolescents, mais je ne suis pas allé puiser dans ce que je connais pour ce rôle. Mes gars n’ont pas de rose dans leur chambre comme Annie dans la série ! (rires) Je suis un père bien différent. L’un d’eux est plus sportif, l’autre est plus intello. Pour l’instant, pas de showbiz à l’horizon pour eux.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
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Parle-moi de l’intrigue dont tu fais partie dans Indéfendable présentement.

On est complètement dans deux rôles à l’opposé l’un de l’autre ! Nous sommes un trio, avec mon frère et sa femme, joués par Frédérick De Grandpré et Ariane Castellanos. On laisse croire qu’on héberge une femme en détresse, mais finalement, ce qu’on fait s’apparente davantage à de l’abus. On l’a séquestrée pendant des années, avec des violences physiques et sexuelles. Un vrai pas fin ! À la fin, quand tout sera dévoilé, je suis le méchant qui va mettre la faute sur les deux autres.

Comment c’était de jouer un tel rôle ?

C’était assez intéressant. C’est tellement à l’opposé de ce que je suis que j’ai du plaisir à jouer des gros méchants. Annie & Joey est l’un de mes premiers rôles où je ne joue pas un personnage troublé. Je suis habitué à me plonger dans ce genre d’émotions. Ce n’était pas ma première quotidienne, donc je suis habitué à ce rythme. Il faut arriver bien préparé. Tout s’est bien passé.

Y a-t-il d’autres projets qui s’en viennent pour toi prochainement ?

Je reprends Lakay Nou pour sa quatrième saison. Sinon, il y a des projets d’écriture de mon côté et d’autres en attente de confirmation. J’ai écrit des livres, mais je parle ici davantage de projets pour la télévision.

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Est-ce qu’on aborde les scénarios différemment quand on a un parcours d’écriture ?

Je suis excessivement conscient que la télévision a moins d’argent ces temps-ci. Oui, ça teinte un peu mon écriture, c’est-à-dire que je ne vais jamais faire exploser des voitures, je sais qu’on ne pourra pas le faire. Par contre, j’essaie le plus possible de ne pas me poser ces questions-là, parce que sinon, on se censure trop et l’essence même de ce qu’on voulait écrire disparaît. Malheureusement, je pense qu’il va falloir une refonte de nos médias pour qu’ils soient pérennes. Je ne suis pas un expert en la matière, mais je ne peux que le remarquer.

Est-ce que l’écriture est une façon pour toi de décrocher dans les gros moments ?

L’idéal serait d’être acteur six mois par année et d’écrire pendant les six autres, mais dans les faits, ce n’est jamais ça. Il y a deux ans, quand je faisais la série Sorcières, dès que j’avais un moment, j’écrivais ou je retravaillais des textes. L’écriture est toujours là, je m’y rattache souvent quand un projet se termine. Sinon, je suis assez casanier : j’aime mettre une petite bûche dans le foyer et avoir la paix quand j’ai du temps libre.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
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Après tant d’années de carrière, qu’est-ce qui te marque le plus de ton parcours ?

Les projets en tant que tels, mais surtout les équipes avec qui on travaille. Plus jeune, tu veux toujours travailler davantage, goûter à plein de choses. Avec le recul, il y a quelque chose de plus posé que j’aime bien. Quand tu tombes sur une bonne équipe, tu te dis que c’est pour ça que tu fais ce métier depuis si longtemps. Je ne suis pas quelqu’un qui reste accroché aux projets ou qui vit de grands deuils à leur fin. Ce n’est pas nécessairement le résultat qui compte, mais le processus pour s’y rendre. C’est pour ça que je dis qu’Annie & Joey sera un projet marquant pour moi.

Ta définition du succès a-t-elle changé avec les années ?

J’ai toujours eu de la difficulté avec cette notion. J’ai eu une période où je faisais beaucoup de films et où j’ai reçu des offres à l’extérieur du Québec. J’ai refusé, parce que ce n’était pas à ça que j’aspirais. J’avais deux enfants, et je voulais être avec eux et ma blonde. Je suis assez casanier. C’est sûr que parfois, je me demande ce que j’aurais pu devenir si j’avais été plus ambitieux. Mais pour moi, je voulais simplement avoir du plaisir en travaillant, c’est tout.

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