Romane Lefebvre: un nouveau visage qui va charmer la télé québécoise
«Annie & Joey» est maintenant disponible sur Série Plus.
Alicia Bélanger-Bolduc
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Romane Lefebvre est le personnage principal de la nouvelle série Annie & Joey, maintenant disponible pour le visionnement. Racontant une histoire d’amour qui aborde la neurodiversité, la comédienne s’est beaucoup reconnue dans son personnage d’Annie.
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Comment a été l’expérience sur le plateau d’Annie & Joey pour toi ?
C’était vraiment de la joie, de la beauté et de l’amour. Le plateau était incroyable pour tous les acteurs. À plusieurs reprises, on a souligné à quel point chacun s’était senti bien et écouté durant le projet. Il y avait de la rigueur, mais aussi beaucoup de plaisir. C’était mon premier rôle-titre et cette série a changé énormément de choses pour moi. J’ai grandi sur ce plateau, même si je ne réalisais pas l’ampleur de l’expérience au début. J’étais la plus jeune et la moins expérimentée, ce qui était parfois confrontant, mais je me suis sentie tout de suite accueillie et soutenue.
Comment t’es-tu préparée pour être à la hauteur de ce mandat ?
J’ai pris des séances de coaching avec Daniel Fichaud. Elle m’avait déjà aidée lors de mon audition et, même si tout s’était fait rapidement, le résultat était très bon. J’ai donc décidé de poursuivre avec elle. On a passé quelques séances à revoir toutes les scènes et à prendre beaucoup de notes. Je savais qu’en arrivant sur le plateau, je pourrais me replonger dans cette préparation pour garder ma ligne directrice. Sinon, ma mère, Brigitte Saint-Aubin, est aussi actrice et elle est toujours là pour me donner des conseils très judicieux. Elle me rappelle souvent l’importance de garder le personnage proche de soi, d’aller chercher ce qui nous ressemble. Elle est toujours là pour me motiver et me rassurer.
Quelle a été ta relation avec ton partenaire de jeu principal, Félix-Antoine Duval ?
Au moment du projet, nous nous sommes retrouvés dans la même agence. Avant le début des tournages, on est partis dans un chalet avec les membres de l’agence et on a vraiment cliqué. Cette chimie s’est poursuivie pendant les tournages et on avait une belle complicité dans nos scènes. On est aussi restés en contact depuis. C’était mon partenaire de jeu, mais aussi beaucoup plus qu’un simple collègue.

Parle-moi du personnage d’Annie. Elle est neurodivergente, tout comme toi. Ce n’est pas un sujet qu’on aborde souvent dans nos séries.
J’ai reçu un diagnostic il y a trois ou quatre ans de TDAH, mais aussi de dyslexie et de dysorthographie. Pendant longtemps, je ne comprenais pas vraiment ces termes et je les ai même reniés. En lisant le magnifique texte de Julie Hivon et en m’impliquant dans le personnage, ça m’a aidée à accepter cette partie de moi qui a plus de difficulté avec le langage et à enlever un poids énorme de mes épaules. J’ai parfois de la difficulté à apprendre de nouveaux mots, mais ça ne fait pas de moi une personne moins compétente. Mon personnage m’a beaucoup appris. Ce qui me reste d’Annie, c’est son authenticité. Au fil de la série, elle gagne en confiance et se dévoile dans toute sa couleur. C’est un peu ce que j’ai ressenti personnellement aussi.
Comment navigues-tu à travers ce défi lorsque tu dois apprendre tes textes ?
J’ai besoin de lire les textes plusieurs fois. Ensuite, j’aime travailler avec des coachs pour avoir une deuxième vision. Même si ma neurodivergence apporte certaines complications, c’est aussi une grande force, notamment ma sensibilité. Ça me permet de connecter d’abord avec l’humain, ce qui m’aide ensuite à mieux aborder le texte. Je suis très bonne pour me faire diriger. Si on essaie seulement de comprendre les mots, on oublie parfois la situation. C’est important de se mettre dans la peau du personnage et de se demander comment on se sentirait dans ce moment.

Dans la série, Annie aime démontrer son intérêt par de grands gestes. Comment es-tu en amour ?
Je peux vraiment me sentir épanouie quand je suis en amour. Que ce soit dans mes relations amicales ou amoureuses, quand je suis entourée de gens que j’aime, je me sens complète dans mon enthousiasme et ma joie de vivre. C’est souvent comme ça qu’on me décrit. Je ne suis pas une grande romantique qui a besoin de grands gestes pour exprimer son amour. J’aime plutôt faire des surprises ou de petites attentions pleines de sens. J’adore aussi les cadeaux faits maison. Cela dit, je comprends très bien l’intensité d’Annie.
D’où vient ton désir d’être comédienne ?
Depuis la maternelle, peut-être même avant, je voulais être comédienne. Ma mère est une artiste multidisciplinaire, donc j’ai grandi dans un environnement très créatif, alors que mon père est scientifique. Au début, ma mère ne voulait pas que je commence dans ce milieu ; elle ne voulait pas que son enfant vive ce genre de vie. Mais je lui redemandais chaque année. Finalement, en quatrième année, elle a accepté de m’inscrire dans une agence. Ça se passait très bien. Je n’avais qu’environ une audition par année, parce qu’elle ne voulait pas que je manque l’école. J’aimais beaucoup le processus. Ça m’a encouragée, surtout que je me rendais souvent loin dans les auditions, même si je ne décrochais pas toujours les rôles.
En parallèle, tu es aussi massothérapeute et acupunctrice...
L’être humain m’a toujours fascinée. Autant dans le métier d’actrice, où on se met dans la peau de quelqu’un, que dans la relation d’aide, je m’y retrouve beaucoup. Le métier d’actrice est incertain, donc je trouvais que c’était une bonne façon de rallier mes passions tout en gagnant ma vie. Ce qui est bien, c’est que je suis travailleuse autonome et je peux gérer mon horaire selon mes besoins. Je n’aime pas parler de plan A ou de plan B ; pour moi, les deux vont ensemble et me sont nécessaires. En médecine chinoise, on parle du yin et du yang. Quand je joue, je suis dans quelque chose de très explosif et expressif. Quand je suis au bureau, je me tourne vers l’autre avec plus de calme. Ça me ressource.

Tu as aussi fait du piano pendant longtemps. Est-ce encore une passion pour toi ?
J’ai fait 10 ans de cours, mais c’est un peu moins présent aujourd’hui. Je m’en suis éloignée avec le temps, même si je me rapproche tranquillement de la musique, notamment avec la guitare. Le piano m’a surtout appris la rigueur, ce qui m’aide beaucoup dans mon métier de comédienne. Je faisais du piano six jours sur sept, une heure par jour. Ça m’a prouvé que j’étais capable de m’investir longtemps dans quelque chose, même si je peux être assez désorganisée dans mon quotidien. J’apprends beaucoup par le corps. Mon corps est mon outil principal, et c’est ce qui fait le lien entre tout.
Quel serait l’idéal pour la suite de ta carrière ?
Au-delà du fait que ça dure, je veux surtout garder l’amour de mon métier. Je ne veux pas faire des auditions seulement pour payer mon loyer. Si je n’ai plus de plaisir, je veux me donner le droit d’arrêter. J’ai été élevée avec l’idée qu’il faut trouver un métier qui nous aime. Je me souhaite donc de continuer à avoir du plaisir et d’obtenir des rôles stimulants. J’aimerais beaucoup jouer dans un film d’horreur un jour, incarner quelqu’un qui a peur, mais aussi une méchante. Avec mes grands yeux bleus, je pense que ça pourrait être intéressant ! J’aimerais aussi essayer le théâtre. C’est un petit milieu, mais je crois que j’y apprendrais énormément. Et j’aimerais réussir à voyager grâce à mon métier. J’ai d’ailleurs un projet secret dont je ne peux pas encore parler, mais qui pourrait se concrétiser cet été.

Est-ce que tu aimes voyager ?
Je ne pars pas si souvent, mais j’ai quand même beaucoup voyagé pour mon âge. Dans mon enfance, on partait souvent en famille. J’ai aussi fait un premier voyage sans mes parents avec une amie en Espagne et au Portugal. Je suis également partie un mois en Colombie, seule et avec cette même amie. Même quand on voyage seul, on rencontre toujours des gens extraordinaires. Je suis encore émerveillée par certaines rencontres que j’ai faites. Sinon, mon dernier voyage était avec mon père. On est allés marcher dans les Dolomites, en Italie, pendant 10 jours. C’était une année importante pour moi : changement d’agence, rupture amoureuse et premier grand rôle. Mon père prenait aussi sa retraite pendant que je faisais mes premiers pas sur le marché du travail. C’était un peu comme un rituel de passage, une marche de 10 jours où il m’a symboliquement passé le flambeau.
Qu’est-ce qui s’en vient d’autre pour toi ?
C’est la période des auditions en ce moment, donc les choses se placent tranquillement. Sinon, le film jeunesse Au revoir Pluton, dont je fais partie, est actuellement à l’affiche.