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Plusieurs olympiens américains prennent la parole et critiquent les débordements aux États-Unis et Donald Trump

Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-02-08T18:59:47Z
2026-02-08T21:25:57Z

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Deux skieurs acrobatiques américains ainsi que leurs compatriotes Mikaela Shiffrin et Amber Glenn ont débuté en force ces Jeux olympiques de Milan-Cortina avec des déclarations choc cette fin de semaine. En invoquant la politique de l’administration Trump et les enjeux sociaux, il s’agit d’une période difficile pour porter le drapeau américain dans cette compétition internationale, selon eux.

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«Représenter les États-Unis nous amène des émotions mitigées», a d’abord lancé le skieur acrobatique en demi-lune âgé de 27 ans, Hunter Hess, lors d’une conférence de presse avant sa compétition. «C’est difficile, car il y a tant de choses qui se passent avec lesquelles je ne suis pas d’accord, comme beaucoup de gens.»

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«Porter les vêtements avec notre drapeau, ça ne veut pas dire que je représente tout ce qui se passe sur le territoire américain», a ajouté le natif de l’Oregon qui n’a pas hésité à répondre aux questions politiques malgré sa première présence aux JO.

«J’en parle, parce que je veux le faire pour mes amis, ma famille et tous les gens qui me soutiennent, pour que je sois ici.»

Les paroles sont fortes. Elles font aussi écho à ce que tous les Américains avaient raconté au Journal lors de rencontres sur le parvis du stade San Siro avant la cérémonie d’ouverture des Jeux, vendredi soir. Une soirée au cours de laquelle, rappelons-le, le vice-président J.D. Vance, représentant de la Maison-Blanche en l’absence du président Donald Trump, avait été hué lorsque présenté sur l’écran géant, au moment où les athlètes américains entraient dans le stade.

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Cœur en miettes

Avec la déclaration de son coéquipier Hess, il n’en fallait donc pas plus pour que Christopher Lillis, médaillé d’or à l’épreuve des sauts en équipe à Pékin en 2022, l’appuie avec aplomb. Il a dirigé des pointes acerbes contre les agents de l’immigration ICE qui ont fait deux victimes au Minnesota depuis un mois, en plus de retenir en détention un petit garçon de cinq ans.

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«J’ai le cœur brisé par tout ce qui se passe dans notre pays, la terre de la liberté», a d’abord signalé le natif de Rochester, dans l’État de New York. «Comme pays, il faudrait savoir respecter les droits et libertés de tout un chacun en s’assurant qu’on ne menace pas nos citoyens et ceux qu’on aime et respecte.»

«J’espère sincèrement que, lorsque les gens nous regardent en compétition aux Olympiques, ils réalisent qu’on essaie de représenter l’Amérique.»

«J’adore mon pays. Je n’en représenterai jamais un autre aux Olympiques. Je sais que, souvent, les athlètes sont réticents à parler, à exprimer leurs opinions politiques et expliquer comment ils se sentent. Mais j’ai le cœur brisé à cause de tout ce qui se passe chez nous», a-t-il ajouté à propos des agressives mesures immigratoires imposées par le président Donald Trump.

Shiffrin incarne ses valeurs

Véritable vedette de l’équipe de ski alpin et légende de sa discipline avec ses trois médailles olympiques, dont deux d’or, et 108 victoires sur le circuit de la Coupe du monde de la FIS, Mikaela Shiffrin ne s’est pas cachée non plus en répondant aux questions politiques à Cortina.

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«C’est toujours un honneur de représenter l’équipe américaine et son pays», a commenté la native du Colorado âgée de 30 ans.

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«Il y a beaucoup de souffrance dans le monde, beaucoup de tristesse et de violence», a-t-elle ajouté avant de lire un texte qu’elle avait préparé.

«J’espère représenter dignement mes valeurs, qui sont celles de l’inclusion, de la diversité et de la bienveillance. La ténacité, l’éthique de travail et ma présence avec l’équipe chaque jour sont aussi des valeurs que j’adopte pour me rendre à la montagne tous les jours.»

C’est donc pour ces raisons qu’elle représente fièrement la bannière étoilée plutôt que les politiques de l’administration républicaine en fonction.

Vils critiques

Évidemment, Hess, Lillis et Shiffrin ont été vilipendés par les pro-Trump dans les réseaux sociaux, dont ceux de la classe politique républicaine, pour avoir exprimé leur point de vue et critiqué leur pays dirigé par le controversé milliardaire.

«Il devrait déménager au Canada s’il n’est pas fier des États-Unis», a écrit l’envoyé spécial du président Trump, Rich Grenell, à Hess, tandis que le représentant du Tennessee, Tim Burchett, lui a suggéré de «se la fermer et de retourner jouer dans la neige».

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