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«J’étais tellement naïve»: Marjorie Taylor Greene démolit Donald Trump et le mouvement MAGA dans une entrevue incendiaire

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2025-12-29T22:28:14Z

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Un mois après sa rupture politique avec Donald Trump, l’élue républicaine Marjorie Taylor Greene a jeté les gants et s’est attaquée sans détour au président américain, dans une entrevue incendiaire accordée au New York Times.

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Lors de plusieurs entretiens avec le journaliste Robert Draper, la membre du Congrès, qui a déjà annoncé qu’elle quitterait ses fonctions le 5 janvier, a fait un certain mea culpa quant à son attitude des dernières années et a vivement dénoncé la culture politique imposée par Donald Trump.

Celle-ci a notamment affirmé qu’elle ne regardait plus Fox News, parce qu’elle trouvait que ce média manquait de crédibilité au chapitre des faits.

Marjorie Taylor Greene a notamment déploré les mots prononcés par le président lors de la cérémonie funéraire en hommage à Charlie Kirk, cet automne.

Donald Trump avait souligné que Charlie Kirk «ne détestait pas ses adversaires et voulait ce qu’il y avait de mieux pour eux», ce que le président américain désapprouvait. 

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«Là-dessus, je ne suis pas d’accord avec Charlie. Je déteste mes adversaires et je ne leur veux pas ce qu’il y a de mieux!» avait déclaré le président américain.

«C’était absolument la pire déclaration. Ça montre clairement où se situe son cœur», a commenté Marjorie Taylor Greene.

Cette dernière a ajouté que ces propos prouvaient que Donald Trump «n’a pas la foi chrétienne».

Cette sortie du président a aussi aidé l’élue républicaine à mieux comprendre qu’elle avait contribué au climat politique toxique aux États-Unis au cours des dernières années.

«Notre camp a été entraîné par Donald Trump à ne jamais s’excuser et à ne jamais reconnaître quand on a tort. On continue simplement à marteler nos ennemis, quoi qu’il arrive. Et en tant que chrétienne, je ne crois pas à cette façon d’agir», soutient maintenant la politicienne.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Dossier Epstein

Proche alliée de Donald Trump pendant plusieurs années, Marjorie Taylor Greene est devenue une paria du mouvement MAGA lorsque celle-ci a critiqué la gestion de l’affaire Epstein par le président américain, cet automne.

Le 14 novembre, sur son réseau social Truth, Donald Trump l’a carrément qualifiée de «traîtresse».

Lorsqu’elle a lu ces mots, l’élue se souvient d’avoir exprimé son inquiétude à son mari en disant: «Les traîtres, on les met en prison ou on les condamne à mourir. Et c’est ainsi qu’il vient de m’appeler.»

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«Est-ce que moi ou un de mes enfants se fera assassiner parce qu’il m’a qualifiée de traîtresse?» s’est alors interrogée Mme Taylor Greene.

Le même jour, une menace d’attentat à la bombe a été effectuée à l’endroit d’une entreprise appartenant à la famille de la politicienne. Le jour d’après, les policiers ont reçu un appel à propos d’une menace d’attentat à la bombe artisanale contre la résidence de Marjorie Taylor Greene.

Le 16 novembre, cette dernière a aussi reçu un courriel anonyme qui affirmait que la vie de son fils allait bientôt être «réduite à néant» et qu’il «ferait mieux de surveiller ses arrières».

L’objet du courriel comportait la formulation exacte utilisée par Trump: «Marjorie Traitor Greene».

Lorsqu’elle a envoyé un message texte au président pour l’informer de ces incidents, celui-ci lui a répondu en omettant de parler de son fils et en l’insultant, elle.

L’élue républicaine a alors répliqué à Donald Trump que les «enfants devraient être épargnés de leurs différends». Le président lui aurait alors simplement répliqué qu’elle n’avait qu’elle à blâmer pour ces incidents.

Appelée à commenter l’affaire, la Maison-Blanche aurait simplement indiqué via communiqué que «le président Trump demeure le dirigeant incontesté du plus grand et du plus efficace mouvement politique de l’histoire américaine – le mouvement MAGA. En revanche, la députée Greene abandonne ses électeurs en plein milieu de son mandat et déserte le combat décisif que nous menons. Nous n’avons pas de temps à perdre avec son amertume mesquine».

MEGA/WENN
MEGA/WENN

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Mouvement MAGA

Marjorie Taylor Greene avoue que jusqu’en 2025, elle croyait que Donald Trump agissait comme un homme du peuple et qu’il défendait ceux qui n’avaient pas de voix. Elle a toutefois changé son fusil d’épaule au cours de la dernière année.

«J’étais tout simplement tellement naïve et hors du monde politique que c’était facile pour moi d’y croire naïvement», a expliqué la politicienne.

Lorsqu’elle a menacé d’identifier des hommes qui avaient abusé de jeunes femmes avec la complicité de Jeffrey Epstein, Donald Trump aurait appelé la politicienne pour lui signifier son mécontentement, exprimant sa crainte de voir «ses amis être touchés» par cette affaire.

Par la suite, la membre du Congrès a demandé au président d’inviter des victimes d’Epstein à la Maison-Blanche. Il lui aurait répliqué que ces femmes n’avaient rien fait pour mériter un tel honneur.

Marjorie Taylor Greene admet aussi s’être beaucoup détachée du mouvement MAGA pour plusieurs raisons, notamment l’attitude des femmes dans l’entourage de Donald Trump.

«Je n’ai jamais aimé la sexualisation à la “MAGA Mar-a-Lago”. Je crois que la manière dont les femmes en position de pouvoir s’affichent envoie un message aux plus jeunes femmes. J’ai deux filles et j’ai toujours été inconfortable avec la façon dont ces femmes gonflent leurs lèvres et font grossir leur poitrine», a mentionné l’élue.

Malgré son départ et le fait que certains observateurs ont évoqué un effritement du mouvement MAGA, la politicienne est plutôt d’avis que Donald Trump fera tout ce qui est en son pouvoir pour demeurer en place, même après la fin de son mandat.

«Je crois qu’il y aura de plus en plus de guerres, parce que lorsqu’on perd le pouvoir et qu’on devient un canard boiteux, que fait-on? Comment s’accroche-t-on au pouvoir? On part en guerre», a-t-elle prédit.

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