«Plus en sécurité aux Pays-Bas qu’ici»

Richard Boutin
Partager
Laurent Dubreuil ne comprend pas les hésitations de Patinage de vitesse Canada (PVC) à donner le feu vert aux patineurs de longue piste qui le désirent de participer aux deux étapes de la Coupe du monde et au Championnat mondial dans la bulle de Heerenveen, aux Pays-Bas, qui se dérouleront pendant une période de trois semaines débutant en janvier.
Les dirigeants de PVC sont inquiets pour la santé des athlètes, mais Dubreuil martèle le message que la situation ne sera pas plus risquée pour les patineurs s’ils se rendent aux Pays-Bas plutôt que de demeurer au Canada.
- À lire aussi: Le retour des bulles comme solution?
- À lire aussi: «On aurait dû fermer les livres ce soir-là»
«Ce n’est pas comme si c’était si sécuritaire au Québec et en Alberta, où les cas sont très élevés en ce moment, déclare le vice-champion mondial sprint et médaillé de bronze sur 1000 m au Mondial.
«C’est possible qu’un cas positif survienne aux Pays-Bas, mais je serais plus en sécurité là-bas qu’ici, où je suis en contact avec des gens ; où ma blonde travaille comme enseignante ; et où ma fille fréquente la garderie. À Heerenveen, nous serions dans une vraie bulle comme la NBA et la LNH. On sortirait de notre hôtel uniquement pour aller à la patinoire et on n’aurait aucun contact avec le monde extérieur. Il n’y a aucun endroit plus sécuritaire.»
Isolement à l’arrivée
Un test est prévu 48 heures avant de prendre l’avion et un autre à l’arrivée. Dans l’attente de leurs résultats, les patineurs seront isolés et pourront intégrer la bulle seulement lorsqu’ils auront reçu une réponse négative.
Les autorités médicales prendront la température des patineurs deux fois par jour et ces derniers subiront un test par semaine. Dubreuil confirme que le stress est élevé et que la motivation n’est pas dans le piton à un peu plus d’un an des Jeux olympiques de Pékin en 2022.
«Ma motivation est sur le respirateur artificiel, illustre-t-il. Il y aura une très grosse baisse de motivation dans mon cas si on ne peut pas participer aux trois événements. Je commence à manquer de jus. C’est difficile d’attendre aussi longtemps.»
«Le succès aux Jeux olympiques de 2022 passe par une participation aux événements de janvier aux Pays-Bas, a indiqué Dubreuil. Comment peut-on espérer obtenir de bons résultats si nous sommes un an sans patiner ? Si on me disait aujourd’hui que je vais terminer au 25e rang aux Jeux, je prendrais ma retraite immédiatement. J’ai déjà participé aux Jeux et j’y vais pour des médailles à Pékin.»
«Compte tenu que je suis vice-champion du monde, mes objectifs sont tout à fait légitimes.»
Une décision sous peu
PVC n’a pas voulu commenter la situation, jeudi, mais nous a mentionné que la décision sera dévoilée vendredi et que les dirigeants seront alors disponibles pour répondre aux questions des médias.
«Les patineurs ne seront vraiment pas contents si on ne peut pas y aller, prévient Dubreuil. On devait recevoir la réponse le 14 décembre et il y a eu des délais. À ma connaissance, tous les pays européens seront présents. S’il y a un pays où les athlètes doivent patiner, c’est bien le Canada avec l’Anneau de Calgary qui est fermé en raison d’un bris.»
«Les meilleurs au monde patinent dans leur pays depuis le mois d’août.»
Dubreuil comprend que certains patineurs sélectionnés préfèrent demeurer à la maison. «Soixante-quinze pour cent des patineurs sélectionnés ont signé une lettre que nous avons envoyée à Patinage de vitesse Canada, indique le patineur de Lévis. Nous ne sommes plus capables de ne pas patiner et on veut se frotter aux meilleurs. Quant aux athlètes qui ne veulent pas se rendre aux Pays-Bas, je suis conscient qu’il s’agit d’une année spéciale et je respecte leur choix.»
«PVC a assuré les athlètes qu’ils ne subiront pas d’effets pervers s’ils n’y vont pas. Ce n’est pas un événement obligatoire et les absents ne perdront rien.»