Pluie verglaçante: est-ce qu'on capote trop avec les tempêtes au Québec?


Anne-Sophie Poiré
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Le Québec se préparait mardi à l’arrivée de ce qu’on croyait être la « pire » tempête de verglas depuis trois ans. Les écoles et les garderies ont été fermées. Des salons de coiffure et autres commerces ont mis leurs activités sur pause à cause des conditions « extrêmes » annoncées. La ville de Yamaska, en Montérégie, a même décrété l’état d’urgence. Est-ce qu’on capote plus qu’avant avec la météo et est-ce qu’on en parle trop ?
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Plusieurs se sont réveillés un peu déçus, peut-être, en constatant que l’apocalypse prévue la veille n’avait finalement pas eu lieu : aucune trace de verglas n’était visible mercredi matin.
Les trousses d’urgence avec une lampe de poche à batteries, six litres d’eau par personne et des cannes de nourriture non périssable préparées la veille pour survivre à une panne d’électricité prolongée n’étaient pas si nécessaires, finalement.
La tempête n’est pas « annulée » pour autant. La majorité des précipitations devraient tomber entre midi et 20h, selon MétéoMédia.

Mercredi soir, plus de 63 000 foyers répartis un peu partout dans la province étaient touchés par des pannes de courant.
Le bruit de la tempête
L’annonce de la tempête de verglas a mis une bonne partie de la province en alerte, mardi.
Des dizaines d’articles et de reportages ont poussé la population à se préparer au pire en rappelant l’épisode de pluie verglaçante d’avril 2023 qui avait plongé des centaines de milliers de clients d’Hydro-Québec dans le noir, dont certains pendant près d’une semaine.

Le décor apocalyptique laissé par les quelque 900 arbres et 4500 branches qui s’étaient alors effondrés sous le poids de la glace, à Montréal, a rapidement refait surface dans les médias et sur les réseaux sociaux.
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Il n’y a pas à dire : les tempêtes de neige ou de pluie font beaucoup jaser dans la province qui est pourtant une habituée des aléas météorologiques.
Pourquoi font-elles autant de bruit, alors ?
Les médias ont raison de parler autant des tempêtes de neige, expliquait à 24 heures le présentateur météo à MétéoMédia, Patrick de Bellefeuille, en février 2025.
C’est « leur job » d’informer le public sur les conséquences possibles de ces événements, affirmait celui qui compte 38 ans de métier.
Pendant qu’une partie de la population remercie les médias de prévenir le Québec de l’arrivée de ces épisodes houleux, certains jugent que ce trop-plein d’informations météorologiques est plus « alarmant » qu’autre chose.
« C’est ça l’hiver au Québec », plaident les détracteurs.
« Je pense qu’il faut le dire, ne serait-ce que pour éviter des accidents de la route ou un carambolage. On ne crie pas au loup », estime quant à lui Patrick de Bellefeuille.
La place de choix réservée aux tempêtes dans l’actualité pourrait aussi s’expliquer par le simple fait qu’on aime ça, au Québec, parler de météo.
« On a de grandes variations météorologiques et, culturellement, ça a beaucoup d’importance », selon le président d’Influence Communication, Jean-François Dumas.
Entre le redoux du week-end dernier et la neige annoncée dans les prochains jours, l’épisode de verglas s’inscrit donc parfaitement dans cette instabilité météo propre à la province.
La cicatrice de janvier 1998
L’avertissement orange de pluie verglaçante émis par Environnement Canada pour plusieurs régions du Québec a également ravivé la mémoire collective.
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« Ça provoque de l’inquiétude parce que la tempête de verglas de 1998 a vraiment laissé des marques chez les Québécois. On a eu des millions de Québécois plongés dans le noir pendant une semaine », précise au Journal le météorologue à la retraite et auteur du livre Les baromètres humains : comment la météo nous influence, Gilles Brien.
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En janvier 1998, trois cellules orageuses successives ont laissé une centaine de millimètres de pluie verglaçante sur plusieurs régions du Québec, dont la Montérégie, le Grand Montréal, l’Outaouais et l’Estrie.

Plus de 100 000 résidents de la zone comprise entre les villes de Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby et Saint-Hyacinthe – appelée le « triangle noir » – ont été privés d’électricité pendant près de cinq semaines. Quelque 600 000 personnes ont dû être temporairement déplacées.
La tempête, qui a fait jusqu’à 35 morts et causé 945 blessures, a finalement coûté près de 5,4 milliards de dollars en dommages.
– Avec Andrea Lubeck