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Phillip Danault et Marie-Pierre: «C’est un nouveau départ pour notre famille»

Dave Morissette

2026-03-12T10:00:00Z

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C’est un après-midi où l’on sent que le destin a repris ses droits. Je m’assois avec Phillip Danault et Marie-Pierre pour faire le point. Entre l’étonnante prédiction de leur fils, un déménagement en 36 heures et la poche de hockey que Phil a oubliée à l’aéroport, le récit de leur retour à la maison m’a ému. Leur témoignage révèle non seulement le bonheur du vétéran à renouer avec l’amour de ses partisans, mais surtout, le nouveau départ pour une famille plus soudée que jamais.

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« Je me doutais que j’allais être échangé, mais je n’avais aucune idée que j’allais revenir à Montréal. C’était vraiment un beau cadeau de Noël. » - Phillip

« Mon fils l’avait prédit en octobre. Il m’a dit : “Maman, le 20 décembre, papa va jouer à Montréal !” Je lui ai demandé pourquoi il disait ça, et il m’a répondu : “Parce que Maman, Montréal, c’est la best team!.” » - Marie-Pierre

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« Notre arbre était monté, les cadeaux étaient sous le sapin. On a eu juste 36 heures pour faire nos bagages. »

« Je ne rate pas les games, c’est important d’être là. Pour moi aussi, revenir au Centre Bell, c’est revenir à la maison. » - Marie-Pierre

Phillip et Marie-Pierre, ça fait longtemps qu’on s’est parlé ! Parlez-moi de ce fameux 19 décembre dernier. Phil, comment as-tu appris que tu es rapatrié à Montréal ?

Phillip : Écoute, c’était une méchante grosse nouvelle ! Je me doutais que j’allais être échangé, mais je n’avais aucune idée que j’allais revenir à Montréal. C’était vraiment un beau cadeau de Noël. Mon agent, Allan Walsh, m’a appelé en premier.

Marie-Pierre : Allan nous a demandé si on était tous les deux sur la ligne, puis il a dit : « Phil, you’ve just got traded to Montreal ». J’en ai échappé mes livres par terre ! Et notre fils a crié : « Yeahhhh ! »

J’aime la réaction que Phillip-Édouard a eue. Elle en dit long. Vous ne partiez pas n’importe où       ; vous retourniez à Montréal, à la maison !

M.-P.: Phillip-Édouard l’avait prédit au mois d’octobre. On écoutait la game de Montréal, puis — je te le jure — il me dit : « Maman, le 20 décembre, papa va jouer à Montréal ! » Je lui ai demandé pourquoi il disait ça, et il m’a répondu : « Parce que Maman, Montréal, c’est la best team! ». On a trouvé ça drôle. Le Trade Free était en effet le 19 décembre à minuit. Les mois ont passé, et il commençait à y avoir des rumeurs. Alors, mon fils m’a dit : « Regarde maman, j’avais raison ! » (rires)

Ah oui ! Votre fils est un voyant ! (rires) Pour sa part, votre fille, Adélia-Rose, comment a-t-elle réagi à ce changement ?

M.-P.: Elle était contente de prendre l’avion, mais elle est née à Los Angeles. Elle m’a demandé quand on y retournerait. On y sera donc à la relâche afin de boucler la boucle et de donner aux enfants la chance de dire au revoir à leurs amis. Mais c’est vague pour elle, parce qu’elle est plus jeune.

C’est quelque chose de déménager toute la famille comme ça. Ça implique toute une logistique pour faire les bagages, changer les enfants d’école...

M.-P.: Oui, et on était rendus presque à Noël. Notre arbre était monté, les cadeaux étaient sous le sapin. On a eu juste 36 heures pour faire nos bagages. On partait en famille avec le chien, les enfants... tout le monde dans l’avion !

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Et toi, Phil, toute de suite après, tu as dû rejoindre l’équipe des Canadiens pour jouer à Boston, le 23 décembre.

P.: J’avais les jambes raides en ta... (rires) Et je n’avais pas de gants !

M.-P.: (rires) Phil est arrivé à l’hôtel avec juste son petit carry-on. Alexe Case (le directeur des services à l’équipe) lui a demandé : « Elle est où, ta poche de hockey ? »... Phil l’avait oubliée sur le carrousel à l’aéroport !

P.: En plus, je venais juste de recevoir mes nouveaux gants aux couleurs de Montréal. (rires)

Et là, pendant que Marie-Pierre cherche une maison pour la famille et une école pour les enfants, toi, tu dois aller disputer ton premier match depuis six ans avec le Canadien. Comment les gars t’ont-ils accueilli ? Parmi ceux de l’époque, il en reste cinq : Brendan Gallagher, Josh Anderson, Nick Suzuki, Cole Caufield, Jake Evens.

P.: Oui, les défenseurs ont tout changé ! Sérieusement, ils cherchaient un centre d’expérience, alors ça tombait bien. C’était comme si je n’étais jamais parti. J’ai rencontré Martin St-Louis avant la game. C’est un player-coach, un gars inspirant. Il m’a expliqué comment il me voyait thriver (réussir à ma pleine mesure) dans son système. Je comprends à 100 % pourquoi il est tant aimé.

À 32 ans, ça représentait donc le nouveau départ dont tu avais besoin ?

P.: Oui. Ce n’est pas facile quand ton nom circule lors des transactions. Je suis compétitif, j’ai besoin de me sentir important pour mon équipe. Le salaire n’est pas ce qui compte le plus       ; j’aimerais mieux arrêter que de mal jouer. De revenir avec le Canadien et à Montréal, c’est vraiment une nouvelle vie, un nouveau chapitre pour notre famille.

Tu disais que c’était comme si vous n’étiez jamais parti, mais vous êtes maintenant dans la trentaine...

M.-P.: Oui, avec un bébé de plus ! C’est comme si on n’était pas partis, mais j’ai accouché de ma fille là-bas, à L.A.. Nos enfants ont passé la plus grosse partie de leur vie là-bas.

P.: Oui, on est plus matures et je me sens encore plus choyé de jouer pour Montréal. Aujourd’hui, les défis sont différents. Je suis un joueur établi. Je connais la passion et l’amour des fans. Quand je compte un but, leur réaction est passionnée. Et ça, ça me va directement au cœur.

Les Québécois éprouvent un amour particulier pour Phillip Danault. Tu es arrivé dans le club à 22 ans, tu y as passé six ans. En 2021, tu amenais ta pointe de pizza en conférence de presse pendant les séries éliminatoires, tu étais à la finale de la coupe Stanley contre Tampa Bay. Phillip Danault, pour le monde d’ici, se donne tous les soirs.

P.: C’est vrai. J’ai leur cœur sur la glace et les fans le sentent.

Et ton rôle de vétéran est important aussi. Tu reviens dans une équipe de jeunes joueurs, qui aspirent à gagner la coupe Stanley.

P.: C’est une équipe jeune, mais c’est une équipe gagnante, selon moi. J’ai rarement vu des jeunes qui voulaient gagner autant que moi et sinon plus.

Et toi, Marie, après avoir installé la famille, tu arrives avec les enfants dans le salon des femmes de joueurs lors du fameux premier match à Montréal, le 7 janvier au Centre Bell. Comment ça s’est passé ?

M.-P.: Mon fils capotait ! Il avait tellement hâte de vivre ça. Il a dit : « Maman, papa joue pour les Canadiens ! » Quand la toune de Coldplay a commencé, j’ai eu une petite émotion. Les enfants avaient leur chandail des Canadiens. C’était vraiment spécial. Et mon fils voulait voir Youppi ! Tu as dû voir les images de l’entraînement. Il est allé sur la patinoire à Brossard et il a échangé des rondelles avec Lane Hutson. Les petits gars de son âge tueraient pour avoir cette chance (rires).

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C’est intéressant de voir à quel point les Canadiens sont restés dans le cœur du petit Phillip-Édouard. Phillip, est-ce que c’était un rêve, pour toi, d’amener un jour tes enfants à l’entraînement ?

P.: Oui, et surtout de le faire à Montréal. Philou, il comprend qu’il est chanceux. Puis, Lane, c’est devenu l’un de ses joueurs préférés !

Marie-Pierre, tu es là en soutien lors des matchs, pas juste à la maison...

M.-P.: Je ne rate pas les games, c’est important d’être là. Pour moi aussi, revenir au Centre Bell, c’est revenir à la maison. J’ai encouragé Phil pendant les six ans qu’il était avec les Canadiens. C’est devenu une famille.

Pensez-vous que tout ce que vous avez traversé, les transactions, les moments difficiles, ça vous a soudés ?

P.: Oui, vraiment.

M.-P.: On l’était déjà vraiment. Mais ensemble, on a pris la décision que c’était le hockey, la priorité. On aurait pu décider de rester à L.A. On était établis là-bas. Alors, on s’est dit : « Si nous, on est heureux, les enfants vont l’être aussi, et on va être capable de s’adapter au reste. »

Plus tôt, Phillip, tu m’as parlé de l’amour des partisans. Alors, c’était comment de revenir sur la glace et d’affronter les Flames de Calgary devant tes fans ?

P.: Pendant le warm-up, c’était déjà débile ! J’étais complètement dans le moment présent. J’ai eu la troisième étoile du match et une immense vague d’amour ! Ça m’a donné des frissons. La réaction de la foule a été encore plus intense quand j’ai marqué mon premier but avec le Canadien contre le Wild du Minnesota. Et c’était la même chose quand j’ai compté mon deuxième contre Las Vegas (Golden Knights).

Quel bilan dresses-tu de tes années avec les Kings de Los Angeles ?

P.: Les trois premières années étaient superbes, on profitait du soleil, de la plage et du golf. On avait un terrain de golf dans la ville de Manhattan Beach. On s’est déconnectés un peu des médias, du gros hype de la Coupe. J’ai développé mon jeu de puissance. J’ai compté 27 buts lors de ma première saison avec eux. On m’a confié le « A » sur le chandail (assistant capitaine). On reconnaissait mon rôle de leader. Mais quand tout va bien, ça ne veut pas dire que tu es à la bonne place.

M.-P.: On a beaucoup appris sur nous, sur la vie de famille. On était loin, donc, ça a resserré notre cocon familial. Ça serait dur d’être fâchés de ce qui a moins bien été considérant que ça nous a ramenés ici. On a grandi en tant qu’humain.

P.: Puis, en fin de compte, Montréal, c’est chez nous. Et c’est fou, parce que L.A. aura été un court chapitre dans notre vie.

Ça prouve qu’il faut avoir confiance en la vie. Et Phillip, là, tu reviens pour aider l’équipe dans un moment décisif.

P.: Quelle histoire de rêve ! J’ai encore plus de fierté à porter le chandail des Canadiens. Tu sais, ce qui est le plus hot à Montréal, c’est que chaque détail sur la glace compte. Le monde le voit, quand tu fais une différence dans la game. Ça donne une adrénaline incroyable qui te pousse à fournir plus d’efforts.

M.-P.: Et maintenant, on le vit à quatre !

Phil, tu es resté toi-même et c’est ainsi que le monde t’aime.

P.: Tout comme toi. J’apprends des meilleurs ! (rires) Par ailleurs, à L.A., on était impliqués, mais pas autant qu’ici. On avait tellement hâte de pouvoir faire une différence dans la vie des jeunes.

M.-P.: On avait hâte de retrouver le monde d’ici et de s’impliquer dans la communauté. On est reconnaissants d’être aussi bien accueillis. Tout le monde est si gentil avec nous et avec les enfants. 

En terminant, qu’est-ce que je peux vous souhaiter pour la prochaine année à Montréal ?

M.-P.: De la douceur. Que Phil continue de s’épanouir au hockey. Une carrière de hockey, c’est court, et il ne lui reste pas 10 ans. On veut en profiter en famille !

P.: J’ai toujours dit que je voulais une équipe gagnante. Et on s’en approche... Gagner la coupe Stanley à Montréal, ç’a toujours été mon but.

M.-P.: Eh, Dave, viendras-tu à l’île d’Orléans. On renouvelle nos vœux en 2028. Ça s’en vient !

Dave : Oh, c’est certain que je ne manquerai pas ça !

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