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Patrick Côté d’«Alertes: Pelletier»: de soldat à combattant UFC, mais surtout père de famille

«Alertes: Pelletier» est disponible en rattrapage sur TVA+ ainsi que sur illico+

Marjolaine Simard

2026-02-05T11:00:00Z

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Patrick Côté, qui incarne l’un des principaux suspects dans la série Alertes: Pelletier, a un parcours pour le moins fascinant. Né dans le Bas-Saint-Laurent, il s’enrôle dans l’armée à 19 ans avant de se tailler une place parmi l’élite mondiale des arts martiaux mixtes, atteignant même le Championnat du monde de l’UFC. Aujourd’hui, il alterne entre ses conférences et ses différents projets, tant du côté de la télé que de la construction. Mais derrière l’athlète et l’homme d’action se cache avant tout un père de famille pour qui le plus grand cadeau de la vie reste ses enfants.

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Dans la série Alertes: Pelletier, ton personnage, Yannick Courtemanche, est vraiment marquant. C’est un dur à cuire...

Oui, vraiment. C’est mon premier vrai rôle principal, et honnêtement, ç’a été une expérience incroyable. C’est aussi un rôle qui me sort un peu de mon casting habituel, avec un côté qui semble plus cliché au départ, mais qui finalement cache beaucoup de nuances. J’ai pu montrer une autre facette de mon jeu. C’était extrêmement gratifiant.

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Yannick, qui est le chum d’une femme retrouvée assassinée, est rapidement perçu comme un suspect...

Il est facile de le soupçonner, parce qu’il est brut, impulsif, jaloux, un peu possessif aussi. Il n’aime pas se faire contredire. Mais en même temps, c’est un homme profondément amoureux de Céline, qui est jouée par Geneviève Boivin-Roussy. Il a une générosité immense, presque maladroite. Yannick traîne beaucoup de blessures. Il gère mal ses émotions. C’est ce qui rend le personnage intéressant.

Tu es originaire de Saint-Narcisse-de-Rimouski. Quels souvenirs gardes-tu de cette enfance au bord du fleuve?

Du côté de mon père, la famille est immense et encore très ancrée dans le village. J’y retourne tous les étés. Ce sont mes racines près de l’eau. Je me suis toujours dit que si un jour la notoriété me montait à la tête, je retournerais là. Là-bas, je ne suis pas le gars qui passe à la télé ou qui s’est battu partout dans le monde. Je suis le petit gars du village. Et j’en suis tellement fier. J’ai gardé de cette enfance le besoin de vivre près de l’eau. J’habite à Belœil et je suis le plus souvent possible sur mon bateau.

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Ton parcours est fascinant. Tu es un champion en arts martiaux mixtes, tu t’es fait un nom dans la UFC et tu as voyagé partout dans le monde avant de prendre ta retraite, en 2017. Qu’est-ce qui t’a mené vers le jeu?

Je pense que ç’a toujours été là, en arrière-plan. J’aimais déjà l’ambiance des plateaux. J’ai plusieurs amis comédiens, comme Sylvain Marcel et Patrice Godin. Aujourd’hui, j’ai le privilège de pouvoir jouer avec eux, ce qui est complètement fou quand j’y pense. J’ai donc suivi des ateliers de jeu. Et surtout, je suis coaché par le comédien Daniel Parent. 

Son coach, le comédien Daniel Parent 

Photo : Patrick Seguin / TVA Publications
Photo : Patrick Seguin / TVA Publications

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Trouver un coach avec qui ça clique, c’est essentiel. Daniel, il me dit les vraies affaires. C’est pour ça que j’ai progressé rapidement. Je suis bien guidé.

À l’âge de 19 ans, tu t’es engagé dans l’armée...

Oui, car à cette époque, je cherchais un sens à ma vie. Le cégep, ce n’était pas pour moi. J’étais toujours dans le sport. Mon parrain était dans l’armée et ça m’a attiré. J’ai fait sept ans dans l’infanterie, au 22e Régiment, à Québec. Ce sont des années incroyables que je ne regrette pas.

Tu as été déployé en Bosnie pendant six mois comme conducteur de véhicule blindé. Dans quel contexte se déroulait cette mission?

On était là dans un contexte de maintien de la paix. La région sortait d’un conflit extrêmement violent. Ce n’était pas la «grosse guerre» au sens hollywoodien, mais c’était loin d’être sécuritaire ou simple.

Tu dis que cette expérience en Bosnie a changé ta vision de la vie...

Complètement. C’est en Bosnie que j’ai vraiment compris que je ne croyais pas à la chance, mais aux opportunités. Ici, quand tu veux faire quelque chose, il y a des portes qui s’ouvrent. Là-bas, les portes sont souvent inexistantes. Il faut profiter du fait qu’ici, on a vraiment des opportunités. On a tendance à l’oublier.

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SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
SIMON CLARK/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

C’est aussi à cette période que tu as découvert les arts martiaux...

Exact. J’ai commencé par la boxe, puis le jiu-jitsu brésilien, discipline dans laquelle j’ai atteint la ceinture noire. J’ai fait un combat amateur, et je suis tombé en amour avec ce sport, avec l’adrénaline. Puis un jour, j’ai brisé mon contrat militaire et je me suis lancé à fond là-dedans. J’ai vécu de ma passion pendant 15 ans, au plus haut niveau.

Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Tu es père de deux enfants. Parle-nous d’eux...

J’ai une petite fille de neuf ans qui s’appelle Rafaëlle, et un petit garçon de cinq ans qui s’appelle Auguste. Ils sont parfaits, vraiment. Rafaëlle est déjà très sensible, très observatrice. Elle comprend beaucoup de choses, parfois même plus que je pense. Auguste, lui, c’est une boule d’énergie, de curiosité, de douceur aussi. Ce sont deux personnalités complètement différentes, et ça me fascine de les voir grandir. Ma famille, c’est ma plus grande réussite.

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Tu parles souvent de ton rôle de père avec beaucoup d’émotion...

Avec la venue de mes enfants, je me suis rendu compte que je n’avais pas vécu certaines choses, comme les soupers de famille. Il a fallu que j’apprenne la vie en famille. Ma femme, Valérie, vient d’une famille très unie. Ses parents sont toujours ensemble après 40 ans. Chez eux, la famille, c’est une base solide. Aujourd’hui, manger ensemble, se parler, être présents, ce sont des rituels essentiels pour moi.

Tu es très actif comme conférencier. D’où vient ce désir de prendre la parole et de raconter ton parcours?

J’ai toujours senti que mon parcours pouvait servir à quelque chose de plus grand que moi. Je ne viens pas d’un milieu privilégié. Je suis enfant unique et j’ai été élevé par une mère monoparentale, sous le seuil de la pauvreté, dans un petit village du Bas-Saint-Laurent. Malgré ça, j’ai réussi à vivre de ma passion pendant 15 ans, à voyager, à performer au plus haut niveau. Pas parce que j’étais destiné à ça, mais parce que j’ai appris à saisir les opportunités et à avancer malgré les embûches.

Tu es aussi copropriétaire d’une compagnie de construction...

La construction, c’est un autre terrain. Je suis surtout gestionnaire de projets. Je ne tape pas de clous sur un chantier; la maison ne serait pas droite longtemps, sinon! (rires) Mon rôle est donc de superviser, d’organiser, de m’assurer que les échéanciers sont respectés. J’aime beaucoup cet aspect stratégique.

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Tu as également participé à Big Brother Célébrités.

Oui, pour montrer une autre facette de moi. Pas juste le combattant, mais aussi le papa, l’ami, le gars doux. Je suis entré comme Patrick «Predator» Côté, et je suis sorti comme Patrick le papa-ours. La mission a fonctionné.

On t’a vu dans Les Armes, d’abord comme comédien, puis ton passé de militaire a fait en sorte que tu as aussi agi en tant que conseiller...

À la base, j’avais juste un rôle de soutien. Mais très rapidement, il y a des choses qui m’ont accroché. Des détails de langage, des façons de s’adresser à un supérieur, des mouvements avec les armes qui ne fonctionnaient pas. Pour quelqu’un qui a passé sept ans dans l’infanterie, ça saute aux yeux. Au début, je me retenais, mais à un moment donné, ça me fatiguait trop. J’en ai parlé au réalisateur, très respectueusement...

Et la production a-t-elle été réceptive?

Vraiment. Je pense qu’ils ont senti que ce n’était pas de l’ego, mais un souci de justesse. Il y avait déjà un conseiller militaire sur place, mais j’ai remarqué certaines subtilités. Le langage militaire, c’est une culture en soi. Finalement, pendant que j’étais là, j’ai aussi agi comme conseiller. Tout le monde l’a bien pris, et je pense que ça a aidé la série.

As-tu un projet dont tu aimerais nous parler?

Je tourne dans la série Antigang, où j’interprète Sébass, avec deux S. (rires) Ça donne un bon indice sur le tempérament du personnage. C’est le bras droit des Death Shadows. Je suis clairement un méchant. C’est un personnage qui revient de façon épisodique, mais qui a un vrai poids dans l’histoire. Sébass, c’est celui qui fait la job sale, qui exécute et qui n’a pas peur d’aller trop loin.

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