«C.A.» a 20 ans
Une série marquante
Annie Turcotte
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Diffusée de 2006 à 2010 sur les ondes de Radio-Canada, la série C.A. suivait le quotidien d’un groupe d’amis au tournant de la trentaine. Entre humour mordant et moments plus sombres, cette fiction a marqué son époque et alimenté bien des conversations dans les salons.
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Une série signée Louis Morissette
C’est avec l’aide du conseiller à la scénarisation François Avard que Louis Morissette a rédigé cette audacieuse série de quatre saisons. Avard avait précédemment été script-éditeur sur 3 X rien, une comédie créée par Les mecs comiques, un trio humoristique dont faisait partie Morissette. Depuis, les deux hommes ont collaboré à maintes reprises, notamment au cinéma, sur Le mirage et Le guide de la famille parfaite.
Amis de toujours
La série C.A. met en vedette Maude (Sophie Bourgeois), Sarah (Isabelle Blais), Jean-Michel (Louis Morissette) et Yannick (Antoine Bertrand), quatre amis qui se connaissent depuis leurs études au HEC et qui occupent des postes à la hauteur de leur formation. Autour d’un verre, ils organisent régulièrement des «conseils d’administration» (d’où le titre de C.A.!), pendant lesquels ils partagent leurs peines, leurs joies et leurs vies sentimentales et sexuelles. Tous sont généralement célibataires, sauf Sarah.
La coincée et la délurée
Sarah, jouée par Isabelle Blais, est la fille coincée, intelligente, cultivée et sérieuse. Celle-ci est en couple avec Martin (Alexandre Goyette), un ouvrier de chantier fort différent de ses amis. Ensemble, ils vivent une vie calme, un peu plate et sans surprise dans leur grande maison. Quant à son amie Maude (Sophie Bourgeois), c'est la plus délurée du groupe. La dépendance affective de cette dernière la conduit souvent dans les bras d’amoureux infidèles.
Louis s’est écrit un rôle de tombeur
Jean-Michel, le personnage qu’incarnait Louis Morissette, était le tombeur du groupe. Beau, intelligent, manipulateur et indépendant, il refusait l’idée d’être en couple avec la même fille plus d’une nuit.
Un rôle marquant pour Alexandre Goyette
Le rôle qu'Alexandre Goyette incarnait dans C.A. a été important dans sa carrière: «Les gens m’en parlent encore, et la série demeure pertinente. Isabelle Blais et moi, on incarnait des personnages auxquels pas mal tout le monde pouvait s’identifier. Ce couple-là, je le croise tous les jours», avait raconté le comédien au magazine Coup de pouce plusieurs années après la diffusion.
Des expressions aussi mémorables que critiquées
Les acolytes de la série avaient un vocabulaire imagé pour parler de leurs histoires: on se souvient que l’acte sexuel était nommé «tricot» et que membre viril masculin, le «Jean-Guy», était censé s’introduire dans un «chantier». Même si ces termes ont été choisis pour rendre les dialogues moins crus, certaines critiques trouvaient tout de même le résultat trop explicite, voire vulgaire, et que cela n’avait pas sa place à la télévision d’État.
Des comédiens mis à nu
Puisque les scènes d'amour des personnages étaient souvent tournées en présence de tous les amis du groupe, qui devenaient des observateurs intimes, les acteurs principaux de C.A. ont tous jouer ensemble dans leur tenue d’Adam ou Ève. Louis Morissette a admis que cela «rapproche assez vite»!
Véronique Cloutier était productrice
Au générique, on pouvait lire que Véronique Cloutier était productrice de la série pour l’entreprise Novem. Et même si son chum devait jouer des scènes très intimes, elle ne le freinait jamais dans ses élans créatifs et ne se mêlait pas du tout du contenu de la série. En entrevue avec Patrick Lagacé et Catherine Beauchamp, Louis a cependant raconté qu’une douche et un brossage de dents étaient obligatoires dès son retour à la maison!
Certains adoraient, d’autres détestaient
La première saison a brassé beaucoup de choses, a admis Louis Morissette en entrevue au 98,5 FM. «Dès le premier show, a-t-il rappelé, on voyait quelqu’un baiser avec ses amis qui le regardaient. Y en a pour qui ça ne passait pas. (...) J’étais héros ou zéro.»
Une série discutable aujourd’hui
La série C.A. n’aurait probablement pas pu être écrite de la même façon en 2026. En l’espace de 20 ans, les mentalités, les sensibilités et les attentes du public ont considérablement évolué. Les débats sociétaux autour du consentement, de la représentation des femmes et des rapports de pouvoir ont pris une ampleur nouvelle, notamment avec l’émergence du mouvement #MeToo. Cela n’enlève rien à la qualité de la série, mais ça nous rappelle que toute œuvre s’inscrit dans son époque, et que ce qui paraissait anodin hier peut être questionné des années plus tard.