«Docteure» Lamarche est la cinquième plus vite au monde
La patineuse de Québec se faufile parmi la crème du patinage sur longue piste à ses premiers Jeux olympiques

Jean-Nicolas Blanchet
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MILAN | Il y a un an, Béatrice Lamarche terminait 18e au Championnat du monde. Elle peinait à atteindre régulièrement le top 15. Lundi, elle est devenue la cinquième patineuse la plus rapide au monde au 1000 mètres.
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Elle a offert la meilleure performance d’une Canadienne dans cette catégorie depuis les Jeux de Vancouver, il y a 16 ans.
À travers les Américaines, les Néerlandaises et les Japonaises trop fortes, c’était fascinant de voir se faufiler le nom de la fille de Québec.
En passant, comme si ce n’était pas assez impressionnant comme parcours, je souligne qu’elle est aussi étudiante en médecine. Juste ça.
Il ne restait que deux patineuses à s’élancer et Béatrice était troisième. J’y croyais quand même, avant qu’elle-même nous explique après sa course qu’elle savait déjà qu’elle n’avait aucune chance.
Le gros sourire
Peu importe, elle avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles quand elle est venue à notre rencontre.
«Je peux juste être fière! a-t-elle lancé. Je ne pense pas que j’aurais pu faire mieux.»
Elle a ajouté qu’elle «n’aurait jamais pu imaginer finir cinquième à des Jeux olympiques» il y a quelques années.

J’étais assis à quelques mètres de sa famille, notamment de son père, Benoit, qui, lui aussi, a déjà participé aux Jeux.
Je sais que je dois commencer à vous fatiguer avec mon braillage. Je pense que je suis trop sensible pour couvrir des Olympiques. Mais c’était tellement touchant de les voir regarder la course. Leurs réactions, leurs sauts, leurs cris, leur stress...
Encore une fois, j’essaie juste un peu de me mettre à leur place quand ils voient leur petite fille sur cette scène. Ça doit être fou.
Bref, c’était vraiment beau à voir. J’ai dû me ressaisir. Le motton me «pognait».
Rose est une olympienne
Il y avait aussi Rose Laliberté-Roy qui était à surveiller. Vous savez, c’est elle qui ne patinait pas si vite et qui est rendue une olympienne. Elle a obtenu le 27e rang sur 30. Elle voulait faire mieux, mais ça ne l’empêchera pas de dormir. Au contraire.
Celle qui a été boudée une partie de sa vie en patinage peut maintenant dire qu’elle est une olympienne.

«C’était intense. C’est un mélange d’émotions. De voir ma famille juste avant la course, ça m’a rendue vraiment émotive. Ce n’est pas ma meilleure course en carrière, mais j’ai donné ce que j’avais à donner», a expliqué Rose, quelques minutes après sa performance.
Lorsque je l’avais rencontrée plus tôt cette semaine, elle s’était mise à pleurer en parlant de sa famille. Donc juste avant de patiner, elle a vu toute sa gang dans une des courbes et c’est venu la chercher.
Et là, on a entendu son nom haut et fort «Wose Lalibeurté-Woy!». Elle a fait un énorme sourire en envoyant un baiser volé à la foule.
Là encore, j’ai un grand frisson. Ça paraissait qu’elle prenait le temps de vivre ce moment qu’elle a mérité après tellement de sacrifices, de travail, de bonheur, de découragements, de douleur et de choix difficiles.
«Je voulais faire une bonne course, mais je voulais aussi profiter du moment [...] J’ai tellement reçu de beaux messages du Québec, c’est fou. Je voulais partager ce moment-là avec le plus de monde possible.»
La gang venue l’encourager a d’ailleurs donné un bon spectacle, que tout le monde dans l’aréna pouvait entendre et voir, avec une énorme banderole.
Les Jeux sont terminés pour Rose, tandis que Béatrice aura encore sa chance au 500 et au 1500 mètres.