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Pas trop d’excès, mais une Porsche Turbo: Benjamin St-Juste a appris à bien gérer sa nouvelle vie dans la NFL

Photo Jess Rapfogel / Getty Images via AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-05-19T23:30:00Z

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Être l’un des meilleurs de son sport ne rime pas toujours avec millions de dollars dans le compte en banque et voitures de luxe. Plusieurs athlètes québécois, peu soutenus financièrement, en arrachent et font des sacrifices afin de pouvoir continuer à pratiquer leur discipline: travailler jusqu’aux petites heures du matin, renoncer à être propriétaire, dormir en pension lors des tournois...

Le Journal vous propose une série de reportages sur les deux côtés de la médaille: celui des athlètes les plus riches et celui des athlètes les plus pauvres.

Quand il a été repêché à Washington et qu’il a signé son premier contrat, Benjamin St-Juste s’est retrouvé millionnaire du jour au lendemain. Les tentations peuvent devenir omniprésentes, mais le demi de coin québécois a toujours gardé la tête froide en profitant de l’apport de conseillers financiers certifiés par la NFL.

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Dès le Senior Bowl, trois mois avant le repêchage, St-Juste se souvient que des conseillers étaient prêts à prendre les jeunes en charge pour les faire passer en douceur du monde universitaire à la vie chez les professionnels.

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Après avoir apposé sa signature au bas d’un contrat lui rapportant 5,1 millions pour quatre ans, sa vie a changé du tout au tout. St-Juste s’est fait rappeler par son conseiller de rester les pieds bien sur terre parce qu’une carrière dans la NFL peut finir aussi vite qu’elle a commencé et que les contrats ne sont pas garantis.

«Il faut faire attention malgré tout au début parce que des fois tu parles avec des vétérans qui en sont à leur deuxième ou troisième contrat et ce n’est plus la même réalité. Tu ne peux pas te permettre les mêmes choses. Tu dois toujours regarder ta propre situation», a indiqué St-Juste au Journal.

Quelques gâteries

L’ancien des Spartiates du Vieux-Montréal a commencé avec un salaire annuel de 660 000$. La saison prochaine sera la dernière à son contrat et lui rapportera 3,1 millions.

Celui qui sera papa en juillet s’est récemment permis une maison à Fort Myers, sur la côte ouest floridienne, ainsi qu’une Porsche Turbo S. Il avait fini de payer l’Audi qu’il s’était offerte à sa première année de contrat et l’a vendue.

«La Porsche, c’est un véhicule que je veux garder quelques années et avec mon salaire du moment, ce n’est pas exagéré. Je ne serai pas du genre à m’acheter deux ou trois voitures ou à traîner des gros taux d’intérêt pendant plusieurs années.

«Il y a beaucoup de dangers de dérapages dans l’excès. Croire que tous les joueurs écoutent à la lettre leur conseiller financier, ce serait faux. Mon conseiller me fait penser à tout, et la pire chose, c’est de tomber dans l’excès. Il ne faut pas commencer à acheter une voiture pour soi, pour sa femme, pour son père, par exemple», fait-il remarquer.

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Toujours bien ancré

St-Juste ne se gêne pas pour s’offrir du luxe, sans multiplier les dépenses dans le vide.

«Tu dois récolter des récompenses de tes efforts, sans tomber dans l’excès. Pour certains, ce n’est jamais assez. Il faut trouver un équilibre entre la nouvelle vie que tu vis et celle que tu menais avant. Sinon, que tu aies 4 millions ou 400 millions, ça va disparaître.

«J’ai beau faire quelques millions, ça ne change pas la valeur de l’argent que mes parents m’ont inculquée. Si mon sandwich coûte huit dollars de livraison, je vais me lever et je vais aller le chercher. Souvent, les gens perdent cette notion-là parce qu’ils font trop d’argent et leurs fonds diminuent tranquillement pour tout et rien», rappelle le demi de coin qui pourrait toucher gros à son deuxième contrat en mars prochain.

Des fortunes perdues
Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Sans nommer de noms, même s’il est dans la NFL depuis seulement trois ans, Benjamin St-Juste a déjà été témoin ou a entendu des histoires d’horreur concernant des joueurs fortunés qui ont tout perdu en claquant des doigts.

«J’ai des connaissances qui sont rendues dans la XFL et qui continuent d’avoir le même train de vie que quand ils jouaient dans la NFL. Ça va au resto tout le temps, ça regarde les grosses maisons, ça change de voiture tout le temps. Le problème, c’est que le même argent ne rentre plus. J’en connais qui ont dû remplir des formulaires de faillite parce qu’il ne restait pas 1000$ dans leur compte chèques», assure-t-il.

Chose certaine, St-Juste se dit pleinement conscient que sa réalité n’a rien à voir avec celle de nombreux athlètes amateurs, mais n’y peut rien.

«Je ne peux pas me considérer responsable de ce système-là. Je travaille fort et ce qu’on me donne, c’est selon la valeur du marché. Je n’en connais pas beaucoup qui refuseraient un salaire dans la NFL. Malheureusement, tout est relatif à l’environnement dans lequel tu évolues. J’apprécie tout ce que j’ai, mais je sais que tout peut être fini l’an prochain ou après mon prochain contrat.»

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