«Je me suis acheté un Hummer et je ne savais pas c’était quoi»: Maxim Lapierre n’a jamais accordé d’importance aux achats luxueux


Stéphane Cadorette
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Être l’un des meilleurs de son sport ne rime pas toujours avec millions de dollars dans le compte en banque et voitures de luxe. Plusieurs athlètes québécois, peu soutenus financièrement, en arrachent et font des sacrifices afin de pouvoir continuer à pratiquer leur discipline: travailler jusqu’aux petites heures du matin, renoncer à être propriétaire, dormir en pension lors des tournois...
Le Journal vous propose une série de reportages sur les deux côtés de la médaille: celui des athlètes les plus riches et celui des athlètes les plus pauvres.
Quand la carrière de Maxim Lapierre a commencé à lever dans le tourbillon du Canadien, il n’était pas question de partir sur une dérape avec un compte en banque soudainement mieux garni.
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«J’ai toujours eu conscience de la valeur de l’argent. Mes parents ont toujours tout fait pour qu’on ne manque de rien, mais ce n’était pas toujours évident pour eux. Ma mère avait plusieurs emplois en même temps.»
«Quand j’ai commencé à faire de l’argent, je n’ai jamais eu envie de flasher», affirme l’attaquant qui a pris sa retraite du hockey en 2020, après neuf ans dans la LNH et cinq saisons en Europe.
En 2006, Lapierre faisait sa place à Montréal, où il a disputé les quatre saisons suivantes, avant de poursuivre à Anaheim, Vancouver, St-Louis et Pittsburgh.
«J’ai attendu à 35 ans pour m’acheter ma première grosse montre de luxe», lance-t-il en riant, pour montrer que même avec ses premiers millions, il a toujours fait bien attention de ne pas basculer dans les dépenses extrêmes.
Des sacrifices parentaux

Il faut dire que même s’il a fini par jouer 614 matchs de saison régulière dans la LNH en plus de 80 en séries éliminatoires, le choix de deuxième tour au repêchage de 2003 est demeuré ancré dans les valeurs familiales.
«Quand j’étais à l’Île-du-Prince-Édouard dans le junior, mon père m’a apporté son auto. Pendant ce temps, il allait au travail à pied et ce n’était pas une marche de 10 minutes.
«Quand tu vois que tes parents se sacrifient comme ça, tu n’as pas envie de dépenser ton argent n’importe comment. Je me suis finalement acheté un Hummer et avant de l’acheter, je ne savais même pas c’était quoi. Avant de monter dans la Ligue nationale, je ne me suis jamais dit: un jour, je vais avoir un Hummer», mentionne-t-il.
Des dangers avec la richesse
Une fois qu’un joueur signe un alléchant contrat, tout ne devient pas rose pour autant et il faut apprendre à dire non.
«J’en ai vu des gars dont les amis abusent de la situation. Souvent, les joueurs peuvent se dire qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils veulent aider. Tu ne veux pas avoir l’air de la personne qui ne veut pas prendre soin des autres», réfléchit Lapierre, qui se souvient de discours qu’on lui a faits en début de carrière.
«Je me souviens clairement que des gens étaient venus nous rencontrer pour parler de finances et de l’importance de dépenser prudemment, avec plein d’exemples. Ils nous parlaient du fait que des gens allaient toujours essayer de prendre avantage. Tu as toujours le choix de t’en aller du bon bord ou du mauvais bord. Je pense que les gars qui disent aujourd’hui qu’ils ne savaient pas ont juste décidé de ne pas écouter.»
Vision à long terme

Aujourd’hui, Lapierre connaît un succès fou avec son compère Guillaume Latendresse et leur podcast La poche bleue. Il demeure plongé dans le hockey aussi grâce à son rôle d’analyste sur les ondes de TVA Sports.
À l’époque où il était sur la glace, son après-carrière lui trottait déjà dans la tête.
«Je n’avais jamais pensé dans ma tête qu’une fois dans la LNH, je pourrais enfin dépenser comme je voulais. Au contraire, j’ai toujours pensé à me mettre de l’argent de côté pour me partir un projet le jour où le hockey allait arrêter.»
«Je vais peser mes mots, mais j’ai toujours eu le sentiment que je n’aimais pas les gars qui n’agissent pas de la bonne façon quand ils font de l’argent. Au fond de moi, j’ai toujours été le petit gars de Repentigny. Ça m’a toujours agacé ceux qui se vantent du montant dans leur compte en banque ou de la grosseur de la bague de leur femme.»