Tous les résultats
Publicité

100 ans de rivalité Canadien-Bruins: «Je voulais qu’on les punche dans la face» – P.K. Subban

PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2024-11-30T05:00:00Z
2024-11-30T13:56:18Z

Partager

On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. C’est toujours mieux, mais quand on est impliqué dans une rivalité comme celle-là, c’est pratiquement impossible. Même après trois ans, la soupe bout encore.

• À lire aussi: La rivalité CH-Bruins en 10 moments marquants (partie 1)

• À lire aussi: La rivalité CH-Bruins en 10 moments marquants (partie 2)

C’est exactement ce qui vient à l’esprit de P.K. Subban lorsqu’il repense à la demi-finale de l’Association de l’Est de 2014, première confrontation entre le Tricolore et son grand rival depuis l’élimination subie en prolongation du septième match, en 2011.

«Je voulais qu’on les punche dans la face», a lancé Subban, joint plus tôt cette semaine.

Le défenseur du Canadien aurait assurément aimé le faire au sens propre, mais il s’est contenté du sens figuré.

«Il y avait tout dans cette équipe des Bruins. Des gars qui avaient gagné le Selke, le Norris. Il y avait aussi [Mark] Recchi, [Nathan] Horton et [Jarome] Iginla, a-t-il énuméré. C’était le mix parfait.»

«Mais peu importe ta grosseur, ton talent, ta profondeur, ta force ou ton expérience, tout sort par la fenêtre quand tu te fais puncher dans la face», a-t-il ajouté.

Publicité
Un héritage en jeu

Et comment parvient-on à le faire contre les champions du calendrier régulier? Apparemment, en marquant en supériorité numérique.

«On savait que Patrice Bergeron et Brad Marchand tuaient des punitions depuis toujours. Alors, si on pouvait mettre un doute dans leur esprit, c’était là, a déclaré Subban. Mettons-leur de la pression. Marquons ce premier but en supériorité numérique. Et je voulais être celui qui allait le faire.»

Subban accomplira cette mission deux fois plutôt qu’une. En plus d’ouvrir la marque, alors que Matt Bartkowski se trouve au cachot, il donne la victoire au Tricolore, en deuxième période de prolongation, alors que ce même Bartkowski réfléchit au banc des punitions. 

Subban aime penser que ce premier match a donné l’élan nécessaire au Canadien pour l’emporter en sept matchs. Il n’a certainement pas tort. Huit des 20 buts inscrits par le Tricolore au cours de ces sept rencontres l’ont été avec l’avantage d’un homme. L’attaque massive montréalaise a maintenu un taux de conversion de 32%, ce qui est énorme.

Même si le parcours du Canadien s’est terminé au tour suivant contre les Rangers, Subban, qui était soudainement devenu l’ennemi public numéro un à Beantown, se réjouit de cette victoire contre l’ennemi juré.

«La rivalité n’était pas loin d’être à son sommet. L’héritage qu’on voulait laisser, surtout contre Boston, était en jeu. Pour notre génération de joueurs, c’était aussi excitant et divertissant que la série de 2004 pour le groupe d’Alex Kovalev.»

D’ailleurs, c’est la dernière fois que les deux plus grands rivaux de l’histoire de la LNH se sont affrontés en séries éliminatoires.

Publicité
Une affaire personnelle

Subban ne cache pas qu’il avait également fait de ses séries de 2014 une affaire personnelle. Il tenait à prouver à la face de la LNH qu’il faisait partie de l’élite et qu’il pouvait être un homme des grandes occasions.

«Il y avait beaucoup d’enjeux pour moi. J’arrivais des Olympiques, j’avais gagné le trophée Norris la saison précédente, mais je ne m’étais pas encore établi complètement», a raconté l’Ontarien.

«J’avais le sentiment que j’étais rendu là, mais dans les milieux et la culture du hockey, je n’avais encore rien prouvé. D’ailleurs, aux Olympiques, pour une raison que j’ignore, je n’avais pas eu l’occasion de me faire réellement valoir.»

Utilisé lors d’un seul match à Sotchi, il avait pratiquement été confiné au rôle de spectateur, contrairement à ces séries au cours desquelles il a partagé le rôle principal avec Carey Price.

«Les Rangers avaient la meilleure équipe»

Photo Ben Pelosse
Photo Ben Pelosse

La question ne brûle pas autant les lèvres que celle concernant les Expos et l’hypothétique Série mondiale de 1994, mais elle refait surface sur une base régulière. Sans la blessure de Carey Price, lors du premier match de la finale de l’Association de l’Est de 2014, le Canadien aurait-il atteint la finale de la Coupe Stanley?

Publicité

Tant qu’à avoir P.K. Subban en ligne pour parler de la série précédente, pourquoi ne pas lui demander son avis? Contrairement à la grande majorité des partisans de l’équipe, pour qui cela ne fait pas de doute, l’ancien défenseur se garde une réserve.

«La série aurait possiblement été différente avec Pricey dans le filet. Il aurait certainement pu voler un match. Mais les Rangers misaient sur la meilleure équipe et ils jouaient de mieux en mieux à mesure que la série progressait», a soutenu Subban, meneur de l’équipe avec 14 points lors de ce printemps.

L’ancien défenseur rappelle que les Rangers comptaient dans leurs rangs de grosses pointures comme Martin St-Louis, Brad Richards, qu’il misait sur beaucoup de profondeur avec Chris Kreider, Derek Stepan, Ryan McDonagh, Mats Zuccarello, Rick Nash. Sans oublier que, devant le filet, Henrik Lundqvist n’avait pas beaucoup à envier à Price.

«Oui, il nous manquait Carey, mais je continue de penser que ce qui nous a le plus nui contre les Rangers, c’était notre ligne du centre. Ne pas avoir de véritable centre numéro un a joué contre nous, a analysé Subban. Durant tout mon séjour à Montréal, on n’a jamais eu ce gros joueur de centre.»

Manque de profondeur

Histoire de rafraîchir les mémoires, David Desharnais, Tomas Plekanec, Daniel Brière et Lars Eller occupaient la position de centre.

Subban pointe également du doigt le manque de productivité. «Pas assez de gars se sont levés», a-t-il martelé.

Un rapide coup d’œil aux statistiques des quatre formations impliquées dans les deux finales d’association démontre que cinq joueurs des Rangers apparaissaient dans le top 10 des marqueurs contre un seul du Canadien.

«C’est difficile de dire que nous aurions battu les Rangers. On a fait du mieux qu’on a pu avec la formation qu’on avait. D’ailleurs, malgré de bonnes saisons et cette présence en finale d’association, on n’a jamais eu une équipe d’étoiles.»

Pas le choix de lui donner raison. À part Price, aucun membre de cette formation ne risque de frapper aux portes du Temple de la renommée. Chez les Rangers, ils sont déjà deux: St-Louis et Lundqvist. Et on peut se demander si Richards n’ira pas les rejoindre un jour.

Publicité
Publicité