La rivalité CH-Bruins en 10 moments marquants (partie 1)
La rivalité CH-Bruins en 10 moments marquants (partie 1)
Photo d'archives, le Journal
Jonathan Bernier
2024-11-29T16:30:00Z
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Dimanche après-midi, les Bruins profiteront de la visite du Canadien pour célébrer le centième anniversaire de leur fondation. Au cours de ce siècle, les deux formations ont développé ce qui est possiblement la plus grande rivalité du sport professionnel. À 34 reprises, le Tricolore et les Bruins ont croisé le fer en séries éliminatoires. Neuf de ces confrontations ont nécessité la tenue d’un septième match (dont six des neuf dernières). Il s’agit de deux records du sport professionnel. Question de participer à la fête, Le Journal vous présente 10 moments marquants des 50 dernières années de cette rivalité.
Consultez la deuxième partie samedi sur le web et sur l'application mobile
10 mai 1979: la plus célèbre des punitions
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Le septième match de la demi-finale de 1979 est l’un des matchs les plus historiques de l’histoire des deux formations. Les Bruins sont sur le point d’éliminer le Canadien lorsqu’ils écopent d’une punition pour avoir eu trop de joueurs sur la patinoire. Il reste alors un peu plus de deux minutes et demie à la troisième période. Guy Lafleur profite de l’attaque massive qui en découle pour niveler la marque. En prolongation, Yvon Lambert joue les héros et propulse le Canadien en grande finale.
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Onze jours plus tard, le Canadien remporte sa 22e coupe Stanley, sa quatrième de suite et sa huitième en 12 ans. Six fois sur ces huit titres, le Tricolore a écarté les Bruins de son chemin, dont deux fois en finale. Dans le camp de ceux-ci, c’est la malédiction qui se poursuit.
« Les Bruins attribuaient toujours ça à la malchance. Oui, certaines années, ils avaient de meilleures équipes que nous. Mais on était probablement plus disciplinés qu’eux sur la glace et en dehors. Ça partait de notre leadership et notre entraîneur Scotty Bowman. Un jour, on a fait l’acquisition de Don Awrey [en 1974]. Il avait joué 10 ans pour les Bruins. Je lui avais demandé pourquoi leurs grandes équipes, avec Bobby Orr, Phil Esposito et les autres, n’avaient pas gagné plus souvent la coupe Stanley. Il m’avait répondu que depuis qu’il jouait avec nous, il s’était rendu compte que notre niveau d’engagement et d’intensité dans les entraînements était plus élevé que ce qu’ils donnaient dans leurs matchs. »
- Serge Savard, membre du «Big Three»
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*4 octobre 1984: le début de la fin pour Lafleur
JMTL
Lors d’une échauffourée à la fin d’un match préparatoire au Garden de Boston, Larry Robinson perd conscience en chutant lourdement sur la glace. On lui diagnostique une commotion cérébrale. Dans les jours suivants, le directeur général Serge Savard exige le port du casque de la part de tous ses joueurs. Robinson acquiesce. Mais pour Guy Lafleur, il n’en est pas question. Une engueulade s’en suit entre Lafleur et Jacques Lemaire, entre qui ce n’est déjà pas l’amour fou, dans le bureau des entraîneurs. Jean Perron, alors l’adjoint de Lemaire, assiste à la scène.
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« Lafleur tenait à son idée et Lemaire voulait lui faire changer. Ça a brassé. Guy n’arrêtait pas de crier: “J’ai la cause grand-père! Personne ne va m’obliger à porter un casque!” C’est là que j’ai constaté que ça ne fonctionnerait pas longtemps. Moi, je pensais que ces deux gars-là, c’était des amis. Mais quand j’ai vu cette confrontation, et les autres qui ont suivi... Ouf! D’ailleurs, Guy a pris sa retraite un mois et demi plus tard. »
- Jean Perron, ancien entraîneur du CH
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*Ce fut également le dernier match de Jean Hamel. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas son altercation avec Louis Sleigher, lors de la bataille du Vendredi saint, qui a mis fin à sa carrière. Le défenseur a dû prendre sa retraite après avoir reçu un tir de Ken Linseman près de l’œil droit.
20 novembre 1986: bagarre générale dans les corridors
Photo fournie par Sports Illustrated via Getty Images
La mèche courte de Chris Nilan est déjà allumée lorsque les juges de lignes l’escortent hors de la glace du Garden de Boston au terme d’une bagarre impliquant tous les joueurs sur la glace. Un chemin qui, à l’époque, implique de passer par le banc des Bruins. L’attaquant du Canadien n’a pas fini de franchir le portillon que Ken Linseman l’invective. La bagarre éclate de nouveau. Le banc du Canadien se vide et le mouvement de groupe entraîne plusieurs joueurs des deux équipes dans le corridor adjacent. Sous les gradins, les coups continuent de pleuvoir.
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« Quand on a vu que Chris était aux prises avec Linseman, on a tous traversé la glace. La première chose [dont] on s’est rendu compte, c’est qu’on était rendus en bas des escaliers, en patins. Ça se battait. On voulait protéger Chris! Moi, je cherchais Louis Sleigher, qui était en veston-cravate. Il avait fait un cheap shot à quelqu’un dans le corridor. La police de Boston était là. Elle essayait de nous séparer. On s’est mis à se demander si on n’allait pas être amenés au poste après le match. D’ailleurs, on ne savait même pas si on était suspendus, punis, si on pouvait jouer encore. »
- Sergio Momesso, ancien joueur du CH
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26 avril 1988: la fin d’une longue domination
Photo d'archives, le Journal
Les Bruins parviennent à éliminer le Canadien pour la première fois depuis 1943. Une domination de 45 ans qui aura vu le Tricolore remporter 18 confrontations consécutives. À ce moment, les deux grands rivaux s’affrontent lors d’un cinquième printemps de suite. La troupe de Jean Perron a balayé trois des quatre séries précédentes. On s’attend encore à une victoire du Canadien, meneur de l’Association Prince-de-Galles. De plus, la formation montréalaise compte dans ses rangs Stéphane Richer, son premier marqueur de 50 buts en près d’une décennie. Elle remporte le premier match avant de s’incliner dans les quatre suivants.
« Dans le deuxième match, Michael Thelvén avait cassé le pouce et le poignet de Stéphane Richer avec un coup de hache. Stéphane était alors dans un momentum extraordinaire. On était déjà privés de Mats Näslund et de Bob Gainey, qu’on avait perdu dans la série précédente contre les Whalers d’Hartford. On était amochés. À ce moment-là, on sentait que les Bruins nous avaient dans les câbles. Ce n’était pas joli à voir. Quand il faut que tu rappelles Steven Fletcher, qui n’a pas d’affaire là, pour replacer les choses, c’est parce que ça va mal. »
- Jean Perron, Ancien entraîneur du CH
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Avril 1994: l’appendice de Patrick Roy
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Un autre printemps, une autre confrontation entre le Canadien et les Bruins. Mené par un Patrick Roy au sommet de son art, le Tricolore, champion en titre de la Coupe Stanley, amorce la défense de son titre. Les deux formations, séparées par un seul point au classement de la saison régulière, divisent l’honneur des deux premiers matchs à Boston. Au retour à Montréal, une tuile s’abat sur la tête de l’équipe. Victime d’une appendicite, Roy doit déclarer forfait pour le troisième match et possiblement pour le reste de la série. Avec Ron Tugnutt devant le filet, le Canadien s’incline 6 à 3. Pour Roy, pas question de demeurer à l’écart plus longtemps.
« Je ne m’attendais pas à le revoir avant quelques semaines. Un moment donné, Gaëtan Lefebvre, le soigneur de l’époque, est venu me voir. Il m’a dit: “Là, il faut trouver une façon pour que Patrick puisse essayer son équipement sans que personne le sache.” Je lui ai répondu: “Voyons! Es-tu sérieux?” On a fait venir Patrick dans un racoin du Forum. On lui a fait essayer l’équipement qu’on avait fabriqué et on l’a envoyé sur la glace pour qu’il le teste. Il n’y avait personne dans le building. J’en ai connu, des gars qui avaient un désir élevé de gagner. Disons que lui, c’était pas mal un des tops. »
- Pierre Gervais, ancien gérant de l'équipement du CH