«On ressent l’espoir à nouveau»: des membres de la diaspora vénézuélienne célèbrent à Montréal
Certains entrevoient toutefois l’avenir avec incertitude alors que le pays sera pour le moment dirigé par Washington

Olivier Faucher
Partager
Des Québécois originaires du Venezuela ont été à la fois saisis de stupeur et d’espoir au cours des dernières heures à la suite de l’intervention américaine, certains ayant reçu des appels de proches qui entendaient les bombardements.
• À lire aussi: Les procureurs veulent saisir les biens de Nicolás Maduro, dont les accusations ont été déposées à New York
• À lire aussi: Nicolás Maduro «capturé et exfiltré» du Venezuela, annonce Trump
«J’ai eu des appels des membres de ma famille à 2 h du matin et je n’ai pas dormi de la nuit», témoigne Ariana Arian, une Montréalaise d’origine vénézuélienne.

Celle-ci a entre autres été contactée par sa tante vivant près de l’aéroport, à 40 minutes de la capitale Caracas bombardée par les Américains, qui ont capturé le président Nicolás Maduro.
«Elle a entendu des explosions et des avions. Elle avait peur. Quand j’ai vu qu’ils attaquaient ma ville d’origine, Caracas, j’ai dit: “Oh my God”. J’étais inquiète pour mes gens parce qu’ils ne méritent pas encore la souffrance», raconte Mme Arian.
Célébrations à Montréal
Plusieurs membres de la diaspora ont eu peine à croire les premières informations sur l’intervention de Washington.
«Je pensais que c’était une blague, que ce n’était pas vrai. Ensuite, j’ai vu que ça sortait partout dans les médias», a relaté Mario Machado, membre de l’association des Vénézuéliens de Québec.
Environ huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2014 à cause de la crise économique et politique, parmi lesquels des milliers ont demandé l’asile au Canada.
Plusieurs d’entre eux ont ainsi célébré la chute de Maduro samedi, notamment dans le Vieux-Port de Montréal.

«Je suis très excité, très heureux. On ressent l’espoir à nouveau. On espère pouvoir aller visiter notre famille dans un futur rapproché», a exprimé Cesar Acevedo, 37 ans.

Carilyn Duran, venue avec son père Carlos et son drapeau vénézuélien, jubilait lorsque Le Journal l’a interrogée.
«On est soulagés et heureux. D’autres pays se sont ingérés dans le Venezuela depuis des années. Le dictateur [Maduro] était soutenu par d’autres dictatures comme la Chine et la Russie. On savait que si on voulait s’en débarrasser, on devait s’en remettre à d’autres pays incluant les États-Unis», a-t-elle fait valoir.
«Donc, on est très reconnaissants à l’endroit du président Trump. Je sais que c’est difficile pour les gens de comprendre, mais c’était la seule façon de sortir Maduro», a dit Mme Duran.
Faire confiance à Trump?
Après l’espoir, des membres de la diaspora entrevoient l’avenir avec incertitude, maintenant que Washington a annoncé «diriger» le pays le temps de procéder à une transition «sûre».
«Je suis un peu inquiet. On doit être libres du régime Maduro, mais aussi libres des États-Unis. On doit vivre comme un peuple normal et avoir un vrai président. On doit bâtir notre pays et notre démocratie», réclame Cesar Acevedo.
«Qu’est-ce que ça va donner à la société vénézuélienne? C’est juste le temps qui va nous le dire. Les gens veulent un état démocratique et que la population vénézuélienne ait une qualité de vie. C’est le plus important», renchérit de son côté Mario Machado.