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Nicolás Maduro «capturé et exfiltré» du Venezuela, annonce Trump

AFP

2026-01-03T09:42:34Z
2026-01-03T14:12:26Z

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Le président américain Donald Trump, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien Nicolás Maduro qui sera jugé aux États-Unis.

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La ministre de la Justice Pamela Bondi a expliqué dans X que M. Maduro et son épouse «feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains», après les événements dramatiques de la nuit au Venezuela.

Mme Bondi a rappelé que le couple Maduro était inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de «narcoterrorisme» et de «complot pour importation de cocaïne» aux États-Unis.

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«Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays», a écrit auparavant Trump dans son réseau Truth Social.

Le président républicain doit donner une conférence de presse à 11 h dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, au sujet de ces frappes dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.

Dans une brève déclaration au New York Times, Donald Trump s’est félicité d’une opération «remarquable» ayant impliqué «une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats», notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.

La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré ignorer où se trouvait le président socialiste de 63 ans, au pouvoir depuis 2013, et exigé des États-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro après cette opération spectaculaire.

En pleine nuit, les frappes nocturnes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant brutalement les habitants de leur sommeil. Dans beaucoup de quartiers, ils se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait.

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15, a constaté l’AFP.

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«J’ai pleuré»

Les explosions «m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé: “Mon Dieu, le jour est arrivé”, et j’ai pleuré», a raconté à l’AFP María Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.

Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas.

Francis Peña, 29 ans, a pour sa part «commencé à préparer [...] un sac avec les affaires les plus importantes: passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On est déjà habillé, au cas où», dit-il.

À Fuerte Tiuna, épicentre des bombardements de la nuit, des gens fuyaient l’enclave avec des valises et des sacs remplis de vêtements.

Certains ont expliqué à l’AFP qu’ils partaient pour protéger leur famille. «Ils ont failli nous tuer», a expliqué l’un des résidents.

Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après les frappes que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque «de missiles».

«Le Venezuela rejette et dénonce [...] la très grave agression militaire perpétrée par [...] les États-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens», a indiqué un communiqué du gouvernement.

«L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation», poursuit le communiqué.

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Le gouvernement «exhorte toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation», selon le texte qui annonce que Nicolás Maduro «a signé et ordonné [...] l’état d’urgence».

Déploiement massif

Le ministre vénézuélien de la Défense a accusé, dans les réseaux sociaux, l’armée américaine d’avoir «frappé des zones résidentielles».

«Les forces envahisseuses [...] ont profané notre sol [...] allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles», a déclaré le général Vladimir Padrino Lopez, indiquant être de «train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts».

Il a aussi promis «le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, [...] système d’armes pour la défense intégrale».

L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient «comptés», après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.

«Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela», a écrit dans son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. M. Petro a demandé une réunion «immédiate» de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la «légalité internationale» de cette «agression».

Il a annoncé avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela. M. Petro a qualifié les bombardements américains d’«agression contre la souveraineté» de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.

«Les principes du droit international»

L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné «fermement l’attaque militaire américaine», que la Russie a jugée «profondément inquiétante et condamnable». Moscou a demandé des éclaircissements «immédiats» sur la situation de M. Maduro.

L’Espagne a lancé un appel «à la désescalade et à la modération», se disant «disposée à offrir ses bons offices». L’Allemagne, l’Italie et la Pologne ont indiqué suivre avec inquiétude la situation de près.

L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a invité «à la retenue» et rappelé qu’«en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés». À Londres, le premier ministre Keir Starmer a rappelé le respect de ces mêmes principes.

Inquiet de la «stabilité régionale», le Mexique a condamné «avec la plus grande fermeté», comme le président Lula au Brésil, les frappes américaines, à l’inverse saluées par un tonitruant «La liberté avance. Vive la liberté, bordel!» du président argentin pro-Trump, Javier Milei.

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