Les procureurs veulent saisir les biens de Nicolás Maduro, qui a été inculpé par un grand jury à New York
Maduro, sa femme et d’autres politiciens font face à quatre accusations dans le district sud de l’État de New York

Michael Nguyen
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Les procureurs qui veulent juger le président vénézuélien Nicolás Maduro pour narcoterrorisme cherchent aussi à confisquer tous les biens qu’il aurait acquis à travers le trafic de drogue durant ses années au pouvoir.
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«Cela implique tout ce qui a été obtenu directement ou indirectement en lien avec les crimes reprochés, ainsi que tous les biens qui ont été utilisés ou qui auraient pu être utilisés dans la commission des infractions», peut-on lire dans l’acte d’accusation déposé samedi matin dans la base de données de la justice américaine.

Le document de 25 pages, approuvé par un grand jury du district sud de New York, se veut un résumé de la preuve retenue contre le président du Venezuela, capturé dans la capitale du pays dans la nuit de vendredi à samedi.
Maduro fait face à quatre chefs d’accusation, soit complot pour narcoterrorisme, complot pour importation de cocaïne, possession de mitrailleuses et d’autres engins destructeurs et complot pour possession de ce matériel.
Passeports diplomatiques
Son épouse, Cilia Adela Flores de Maduro, est aussi visée entre autres pour son rôle dans les politiques du pays. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello Rondón, est également accusé, tout comme l’un de ses prédécesseurs Ramón Rodriguez Chacin.
Le fils de Maduro, Nicolás Ernesto Maduro Guerra, qui s’est lancé en politique en 2017, est également accusé.

«Les leaders du Venezuela ont abusé de leur position et corrompu leurs institutions pour importer des tonnes de cocaïne aux États-Unis», peut-on lire dans le document de cour.
À coups de déclarations choc, l’acte d’accusation décrit le système qu’aurait mis en place le président pour faciliter le trafic de drogue, le tout de connivence avec les autorités.
Selon les autorités américaines, des passeports diplomatiques étaient aussi donnés aux trafiquants, afin de leur faciliter la tâche lorsque venait le temps de rapatrier l’argent de la drogue au Venezuela.
Lié aux dangereux cartels
Depuis 2020, le département d’État estime qu’entre 200 et 250 tonnes de cocaïne entrent chaque année aux États-Unis via le Venezuela.
«Nicolás Maduro trône au sommet de ce gouvernement corrompu qui, pendant des décennies, a utilisé son pouvoir pour protéger et promouvoir ces activités illégales», soutiennent les autorités américaines.
Ces derniers tissent ensuite des liens entre le régime Maduro et des organisations criminelles, dont le puissant cartel de Sinaloa ainsi que les Zetas, au Mexique.
«Les membres corrompus du régime de Maduro recevaient des paiements de leur part afin de les protéger», peut-on lire dans le document de cour. «Ces politiciens utilisaient cet argent pour accroître leur pouvoir.»
En cas de culpabilité, Maduro et les autres accusés risquent la prison à vie. Quant à leurs biens, les autorités américaines ont prévenu qu’ils ne lâcheraient pas le morceau.
«Si les biens ne peuvent être localisés ou s’ils ont été transférés, les États-Unis ont l’intention de rechercher tout autre bien, jusqu’à concurrence de la valeur de ceux qui devaient être saisis», conclut-on dans le document de cour.
– Avec Nicolas Brasseur, Bureau d’enquête.