Nouvelles interrogations sur les projets de Huawei à l’Université Laval

Francis Halin
Partager
Une ancienne haute fonctionnaire fédérale s’inquiète des 13 M$ de projets actifs de Huawei à l’Université Laval et craint même que certaines recherches puissent servir l’armée chinoise.
• À lire aussi: Mélanie Joly: la mouche du Canada
• À lire aussi: Huawei poursuit la Suède en justice après son exclusion de la 5G
• À lire aussi: 5G aux États-Unis: Airbus et Boeing disent leur «inquiétude» à l'administration
« Peu d’entreprises sont aussi investies dans cette relation avec l’armée chinoise que Huawei, et la photonique est en tête de liste pour les applications militaires », estime Margaret McCuaig-Johnston, ancienne vice-présidente du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).
« Il est impensable que des chercheurs et des contribuables canadiens contribuent à la technologie de pointe de l’armée chinoise », dénonce-t-elle.
Alors qu’Ottawa n’a pas encore dit s’il allait bannir Huawei de son réseau 5G, l’Université Laval a confirmé avoir 13 M$ de projets actifs avec la firme.
Sécurité nationale
De plus, pour offrir des bourses en optique et en photonique, Huawei aura versé au total en mai prochain 100 000 $ à la Fondation de l’Université Laval.
Or, pour Paul Laurier, ex-enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ), des questions se posent. « Est-ce que l’on a vérifié ce qui pourrait être bénéfique ou dommageable de la recherche ? » se demande-t-il.

« Il n’y a rien d’innocent là-dedans », tranche le président de Vigiteck.
Hier, la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a décliné notre demande d’entrevue.
« Les lignes directrices fédérales relatives à la sécurité nationale s’appliquent à tous les projets de recherche en collaboration avec des partenaires étrangers ou impliquant des infrastructures majeures. L’Université Laval suit toutes les règles mises en place », a indiqué sa porte-parole Andrée-Anne Stewart.
« À l’heure actuelle, nous n’avons aucun projet ayant été refusé pour des raisons de sécurité nationale », a-t-elle conclu.
Huawei n’a pas répondu aux questions du Journal hier.