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Nick Suzuki, le «tueur» muet: «Quand le match se jouait, c’était le grand requin blanc»

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-11-11T05:00:00Z

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On connaît Nick Suzuki à Montréal comme un homme de peu de mots. Plus jeune, il était un homme de... pas de mots.

«Ma première impression de Nick? Honnêtement, je ne savais pas trop quoi penser, raconte Greg Benedetti, l’un de ses entraîneurs à 15 ans à London avec les Junior Knights, au bout du fil. Pourquoi ce gars-là ne veut pas parler?!»

«Il parlait à peine, se souvient Dale DeGray, son ancien DG avec Owen Sound dans l’OHL. À sa première année, tu ne remarquais même pas quand il était dans les parages.»

Mais, quand le match se jouait dans les moments les plus critiques, quelque chose se passait. Suzuki devenait un assassin silencieux. Son jeu, lui, parlait beaucoup.

«C’était le grand requin blanc, illustre Steve Benedetti, qui dirigeait Suzuki avec son frère Greg. Il apparaissait toujours au bon endroit. À défaut d’avoir une meilleure analogie... il te tuait.»

«Il prenait la rondelle et il décidait qu’il allait marquer un but, souligne Greg Benedetti. Par pure volonté. On tire de l’arrière par un but dans un tournoi et tu sais qu’il va s’en occuper et faire le jeu. Je me rappelle un tournoi à Toronto, il a juste traversé la patinoire pour marquer. J’étais comme: “Oh, il a ça en lui”.»

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L’ancien entraîneur-chef des Blues Drew Bannister a eu Suzuki sous ses ordres aux Jeux d’hiver du Canada de 2015. Il a croisé de nouveau Suzuki sur son chemin dans l’OHL, mais ils étaient alors ennemis.

«Je dirigeais Sault-Sainte-Marie et on affrontait sans cesse Owen Sound en séries, mentionne-t-il. Chaque fois, on était pris à jouer contre Nick...»

Dale DeGray, qui occupe encore les fonctions de DG à Owen Sound, note un tournant dans le développement de Suzuki à sa troisième année dans l’OHL.

«Suzuki s’était fait durement frapper. Un peu plus tard dans le match, il protégeait la rondelle et il a revu le gars qui l’avait malmené, indique DeGray. Cet individu a tenté de s’en prendre à Suzuki à nouveau. Avec une mise en échec renversée, Suzuki l’a aplati en tab... J’étais comme: “Wow, Nick, tu arrives à maturité”. Il avait plus de muscles sur les os. Il a décidé que c’était assez et qu’il allait répondre.

«C’est là que j’ai réalisé que Nick allait être correct. Il allait pouvoir tenir son bout.»

Suzuki pèse aujourd’hui 207lb. Il est très solide sur ses appuis et on le voit rarement être frappé violemment. Ce n’est pas une coïncidence s’il ne rate pas le moindre match. Son compteur est à 470 rencontres consécutives depuis son entrée dans le circuit Bettman.

Suzuki compte 37 matchs de séries de la LNH derrière la ceinture à 26 ans, même s’il a traversé une reconstruction. Il a notamment aidé le CH à surprendre les Penguins dans la bulle en 2020. Il était aussi le premier pointeur de l’équipe lors du périple en finale de la Coupe Stanley de 2021.

C’est aussi Suzuki qui a pris les choses en main dans le dernier droit de la saison régulière, l’an passé, afin d’empêcher son DG, Kent Hughes, de vendre le moindre joueur à la date limite. Au retour de la Confrontation des 4 nations, il a remué ciel et terre pour emmener le Tricolore en séries avec 37 points, dont 15 buts, en 26 matchs.

«Un joueur qui peut changer le cours d’un match», résume Bannister.

Ce leadership par l’exemple de Suzuki lui a attiré le respect de ses pairs sans qu’il enchaîne les discours.

«L’équipe se rallie derrière ce genre d’efforts», explique Steve Benedetti.

«Il est juste humble, confirme Greg, le frère de l’autre. Il fait sa petite affaire. Il est en mission et il n’a pas besoin d’en mettre plus que le client en demande.»

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