La direction du Canadien à la taverne

Jean-Nicolas Blanchet
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Le Canadien a un je-ne-sais-quoi et il s’est passé quelque chose ce week-end qui me l’a encore plus démontré.
Je parle d’un je-ne-sais-quoi qui rend une équipe spéciale.
Qui rend cette équipe bien meilleure que ce qu’elle devrait être.
J’ai été honoré en fin de semaine pour une chronique que j’ai écrite qui était très acerbe envers le Canadien. Et je vais continuer de l’être quand il le faudra. Mais, à l’inverse, quand cette organisation mérite d’être admirée pour quelque chose, c’est aussi normal de le souligner.
Je reçois un message texte de mon meilleur ami samedi soir à 23h25. Il est allé voir le match Mammoth c. Canadien au Centre Bell. Ça lui a coûté un bras, mais il lui en reste encore un.
«Je viens de donner un high five à Kent Hughes et à Martin».
Il m’a expliqué à quel point ç’a l’avait rendu heureux et qu’il se sentait comme un enfant.
Mon ami, c’est un des plus grands partisans et connaisseurs du Canadien dans le monde. Dans la vie, c’est un entraîneur à un sport-études baseball et c’est un jeune père de famille. Mais quand le CH joue, il est une autre personne. C’est vraiment charmant. Vous ne pouvez donc pas imaginer comment il avait le cœur rempli de bonheur à rencontrer la direction du Canadien en personne. Je ne vais pas le nommer, mais il s’appelle Dave.
C'était où?
La question je me posais, c’était: où a-t-il pu les croiser?
C’est là que je trouve ça génial.
Comme chaque fois que je vais au Canadien, Dave est allé prendre du houblon pas trop cher à un bar près du Centre Bell.
Pas à un bar à huîtres et champagne, pas à un steakhouse à l’ambiance feutrée, pas à une buvette branchée. Il était à une des bonnes veilles tavernes du centre-ville où certains mettent du sel dans leur bière et où personne ne te juge si tu prends un rhum and coke au lieu d’un gin à l’hibiscus d’érable de pulpe de figue.
Après les matchs, je vais toujours là. C’est le party. Presque tout le monde a son gilet du Canadien.
Bien, c’est exactement là qu’étaient Martin St-Louis, Jeff Gorton et Kent Hughes après le match. Pas dans un salon privé, mais sur une banquette aux côtés de tous les fans.
Ce n’est pas la première fois que j’entends dire qu’on les voit là. Quelques médias en ligne en ont déjà fait mention. Je me suis informé et les trois hommes de hockey y vont régulièrement.
On est trop fier les boys
Ils ne méritent pas un cadeau. Il n’y a rien d’époustouflant. Mais je trouve que ça en dit beaucoup sur ces trois gars-là, qui sont d’abord et avant de tout, des «boys», comme dans le film. Des boys qui aiment le hockey et jaser de hockey avec une bonne bière après le hockey.
Ça symbolise aussi ce rapprochement entre les partisans et l’équipe. Comme si les partisans faisaient partie de l’équipe, en fait. Et ça fait du bien de voir ça.
«Tu sais Jean-Nic, quand Jeff Gorton est allé aux toilettes, c’était comme toi pis moi. Il devait se faufiler à travers tout le monde tout collé. Plein de monde prenait des photos avec lui et il souriait avec tous les fans», m’a expliqué mon ami.
Martin St-Louis et Kent Hughes donnaient des high five à tout le monde qui en demandait.
Visiblement, ça ne les dérangeait pas tant que ça, au contraire. Car ils y vont souvent.
Les derniers directeurs généraux du Canadien n’avaient pas cette habitude, disons. Remarquez que je ne sais pas si ça aurait été si trépidant de prendre une bière avec Pierre Gauthier.
Je ne vais pas nommer la place, question de ne pas attirer une trop grosse foule qui dérangerait leur fin de samedi soir.
Un je-ne-sais-quoi
Bref, c’est un autre élément qui permet de croire que le Canadien a un je-ne-sais-quoi cette année.
Il y a cette histoire de la direction avec les fans à la taverne. Il y a l’ambiance à l’interne qui est «comme dans un club junior et la meilleure depuis très longtemps à Montréal», selon mes antennes. Il y a Lane Hutson qui se sacre bien raide de la guigne de la deuxième année. Il y a Ivan Demidov qui est la meilleure invention du hockey depuis Lane Hutson.
Même les anti-Canadiens sont sans mots dans mon entourage. Ça commence à être spécial ce qui se passe avec ce club-là.