Neuf mois après avoir accouché, l’Ukrainienne Elina Svitolina passe en demi-finale à Wimbledon aux dépens de la numéro 1 mondiale Iga Swiatek


Jessica Lapinski
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LONDRES | Elle a accouché il y a neuf mois, elle défend sur toutes les tribunes qui lui sont offertes son pays en guerre. Et mardi, sur le central, l’Ukrainienne Elina Svitolina s’est payé la numéro 1 mondiale, la Polonaise Iga Swiatek, pour atteindre le carré d’as à Wimbledon.
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Svitolina, invitée des organisateurs, a défait la meilleure raquette mondiale 7-5, 6-7 (5) et 6-2. Une victoire que l’ancienne membre du top 3, revenue sur le circuit en mars, a décrite comme «incroyable», qui «représente le monde» pour elle, compte tenu de la récente naissance de Skaï, sa petite fille, mais aussi du contexte en Ukraine.
A five-star performance 🌟@ElinaSvitolina defeats the world No.1 Iga Swiatek 7-5, 6-7(5), 6-2 to reach the semi-finals at #Wimbledon once again pic.twitter.com/l6nUu17KHj
— Wimbledon (@Wimbledon) July 11, 2023
«Ça signifie beaucoup [pour les gens en Ukraine], a affirmé la 76e mondiale devant les journalistes. Je sais que beaucoup de gens là-bas regardent le match. Je n’ai pas encore regardé beaucoup mon téléphone, mais je sais que j’aurai reçu beaucoup de messages.»
«Je suis heureuse de pouvoir apporter un peu de bonheur dans leur vie, a-t-elle poursuivi, les yeux un peu humides. J’ai aussi vu beaucoup de vidéos sur internet d’enfants qui regardaient le match sur des téléphones. Ça fait fondre mon cœur de voir ça.»
Svitolina était en mission
Swiatek, incontestée numéro 1 mondiale depuis plus d’un an, ne maîtrisait pas son coup droit comme à l’habitude dans ce match, sur cette surface qu’elle aime moins.

Mais n’empêche: cette victoire, c’est surtout celle d’une Svitolina combative, qui avait aussi atteint le carré d’as au All England Club en 2019, mais qui n’a pas nécessairement brillé dans les tournois du Grand Chelem durant sa «première» carrière.
L’Ukrainienne de 28 ans, native d’Odessa, a semblé en mission tout du long, si ce n’est de ce bris d’égalité de la deuxième manche, qu’elle a échappée après avoir mené, ou de cette double faute commise sur sa première balle de match.
Une chaleureuse étreinte
Et contrairement à dimanche, face à la Biélorussienne Victoria Azarenka, il y a cette fois eu une chaleureuse étreinte au filet.

C’est que Svitolina refuse de serrer la main de ses adversaires russes ou biélorussiennes tant que la guerre ne sera pas finie, par «respect pour ceux qui sont au front».
Mais la Polonaise Swiatek, elle, est une alliée. Elle porte notamment sur sa casquette un ruban bleu et jaune, en soutien à l’Ukraine. «Nous l’admirons beaucoup, en Ukraine», a d’ailleurs dit Svitolina.
«C’était beaucoup plus dur, cette rencontre, sûrement parce qu’elle est une bonne personne, une grande championne, a-t-elle soulevé. [...] D’une certaine façon, quand tu joues contre une bonne amie, c’est dur parce que tu ne veux pas la voir perdre. Quand j’étais loin du tennis, je la soutenais beaucoup, j’étais vraiment impressionnée par ce qu’elle faisait.»
Une crème glacée plutôt que maman
Déjà, à Paris, le mois dernier, Svitolina avait épaté en atteignant les quarts de finale si tôt après son retour. Si elle attribue sa forme récente à des modifications apportées à son jeu, elle croit aussi que le fait d’être une maman l’a changée.
D’ailleurs, après avoir quitté le central sous les applaudissements des Britanniques qui la soutiennent depuis le début du tournoi, l’Ukrainienne a passé un appel vidéo à sa petite. Skaï n’est pas à Wimbledon: elle est plutôt à la maison avec son papa, le joueur de tennis français Gaël Monfils.
«Elle était très occupée avec sa crème glacée, alors je n’étais pas la priorité, a-t-elle lancé en riant. Elle est à cet âge où elle se fiche que je gagne ou je perde.»
«Il y a pire dans la vie»
En plus de la maternité, il y a la guerre, aussi, qui lui apporte une nouvelle perspective.
«Je pense que [le conflit armé] m’a rendue forte mentalement, a-t-elle analysé. Mentalement, je ne vois plus les situations difficiles [sur le terrain] comme des désastres.»
«Il y a pire dans la vie. Alors je suis plus calme».
▶ En demi-finale, jeudi, Elina Svitolina affrontera la Tchèque Marketa Vondrousova, 42e mondiale et tombeuse de la quatrième favorite, l’Américaine Jessica Pegula, mardi.