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Wimbledon: la Biélorussienne Victoria Azarenka a quitté le terrain sous les huées de la foule

REUTERS
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-07-10T07:50:53Z

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LONDRES | Après la foule parisienne le mois dernier à Roland-Garros, ce fut au tour du public de Wimbledon, pourtant réputé très respectueux, de huer la perdante d'un match qui avait quitté le terrain sans gratifier sa rivale de la traditionnelle poignée de main, signe d'esprit sportif et de respect.

Une réaction des spectateurs que la Biélorussienne Victoria Azarenka a qualifiée «d'injuste» devant les journalistes, tard dimanche, car elle savait très bien qu'Elina Svitolina n'irait pas l'attendre au filet. 

Victoria Azarenka salue Elina Svitolina au loin, au terme de leur match de quatrième tour à Wimbledon, dimanche.
Victoria Azarenka salue Elina Svitolina au loin, au terme de leur match de quatrième tour à Wimbledon, dimanche. Photo Reuters

L'Ukrainienne, qui avait aussi atteint les quarts de finale à Paris, avait mis les choses au clair en France: elle ne serrera plus la main des joueuses originaires de la Russie et de la Biélorussie qu'elle affrontera sur le terrain, tant que leurs pays seront en guerre. 

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«Vous imaginez aussi ceux qui, sur le front, me verraient agir comme si rien ne se passait?», avait-elle pointé. 

Attendue au filet

Sur l'ocre de la porte d'Auteuil, la nouvelle maman, très vocale depuis le début de la guerre dans son pays, n'avait déjà pas serré la main de Daria Kasatkina, en ronde des 16. 

Et malgré le pouce en l'air que Kasatkina lui avait gratifié en guise de félicitations (Azarenka a pour sa part salué Svitolina, dimanche), cette dernière avait écopé des sifflets du public.

Puis, en quarts, la Biélorussienne Aryna Sabalenka avait attendu Svitolina au filet, comme si de rien n'était. L'Ukrainienne, battue dans cette rencontre, ne s'y était jamais présentée. Cette fois, c'est elle qui avait reçu les réprimandes des spectateurs. 

Aryna Sabalenka avait attendu au filet Elina Svitolina après l'avoir battue en quarts de finale à Roland-Garros. L'Ukrainienne n'était pas allée la rejoindre, ce qui lui avait valu des sifflets de la foule.
Aryna Sabalenka avait attendu au filet Elina Svitolina après l'avoir battue en quarts de finale à Roland-Garros. L'Ukrainienne n'était pas allée la rejoindre, ce qui lui avait valu des sifflets de la foule. Photo AFP

Les bras vers le ciel

Ces huées de la foule assise dans les gradins du court 1 ont complètement éclipsé le match relevé de quatrième tour que s'était disputé les deux anciennes membres du top 3 et qui s'est conclu 2-6, 6-4 et 7-6 (9) en faveur de Svitolina, au terme de 2 h 45 de jeu intense. 

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Azarenka a d'ailleurs dit aux journalistes qu'elle n'était pas «victime» de la foule et qu'il y avait sans doute de plus grands enjeux dans la vie que de se faire siffler au terme d'une rencontre.

Mais sur le terrain, Azarenka ne s'était pas gênée pour répondre à ses «détracteurs», elle qui est partie en levant les bras au ciel. 

Un geste (voir ci-bas) que l’on aurait pu interpréter comme des mains liées, la Biélorussienne de 33 ans s’étant prononcée en défaveur de la guerre dès le début du conflit, en février 2022.  

Semble-t-il qu’il n’en était rien. L’ancienne première mondiale a dit ne pas savoir pourquoi elle avait réagi ainsi. «Je ne pourrais même pas répéter le geste», a-t-elle ajouté. 

«Je respecte sa décision»

La Biélorussienne s'est toutefois demandé si les gens saisissaient réellement ce qui se passait sur le court et les raisons pour lesquelles il n'y avait pas eu de poignée de main traditionnelle. 

«Je ne peux pas contrôler la foule, a poursuivi Azarenka. Je pense que plusieurs personnes ne comprenaient pas ce qui se passait... elles avaient sûrement bu plusieurs Pimm’s [un cocktail prisé à Wimbledon] durant la journée...»

«[Svitolina] ne veut pas serrer la main des Russes, des Biélorussiennes. Je respecte sa décision. Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Attendre au filet? Il n’y a rien que j’aurais pu faire qui aurait été considéré comme correct, alors j’ai simplement fait ce que je pensais qui était respectueux envers sa décision.» 


 

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