«Ne ratez pas mon combat», lance Christian Mbilli aux Québécois
Pas de niaisage, il n’a jamais perdu et ses ambitions sont claires


Jean-Nicolas Blanchet
Partager
LAS VEGAS | Christian Mbilli ne parle tellement pas fort que j’ai dû utiliser un logiciel pour réécouter mon entrevue avec lui, faite en tête à tête. C’est un homme discret et très respectueux. Mais quand on lui demande ce qu’il veut accomplir, c’est un autre gars.
• À lire aussi: «Je suis Franco-Québécois, je mange de la tourtière» –Christian Mbilli
• À lire aussi: Le plus gros combat de Christian Mbilli n’est pas sur un ring
Comme sur le ring.
«Ne ratez pas mon combat!» m’a-t-il lancé pour finir une entrevue réalisée au grandiose hôtel Fontainebleau de Las Vegas.
Ça ne semble pas de tout repos, ces journées qui précèdent le combat pour le boxeur de 30 ans.
L’entrevue était au milieu de l’après-midi. Il venait de faire, durant des heures, des séances de photo interminables pour les organisateurs du gala. Avant, c’étaient des mêlées de presse. Après, c’étaient des entraînements publics. Ça, c’est seulement une journée.
«Il faut que j’aille me coucher un peu», a lancé Mbilli juste après l’entrevue, alors que sa journée était loin d’être finie.

Il faut comprendre que la plupart des boxeurs sont en mode perte de poids dans les jours qui précèdent les combats, ce qui peut amener de la fatigue.
«Ce n’est pas rare que des boxeurs perdent 20 livres en trois jours avant un combat», me raconte Marc Ramsay, l’entraîneur abitibien légendaire de Mbilli, assis tout près.
Il me prévient, néanmoins à la blague, en voyant mon air intéressé et curieux: «Ça ne sert à rien si tu veux l’essayer, on les reprend vite!»
Pas impressionné
Christian Mbilli ne semble pas impressionné par son premier combat à Vegas.
«Honnêtement, on se concentre sur ce qu’on a à faire pour le combat [...] Je vise la victoire et ensuite d’affronter le vainqueur entre Canelo et Crawford.»
Il n’y a pas de «c’est un combat à la fois, je me concentre sur ce que j’ai à faire pour celui-ci et le résultat est secondaire» ou patati et patata.
Ses ambitions sont claires. Il veut gagner samedi, puis gagner le prochain pour être sacré meilleur au monde.
Ça peut paraître grandiloquent. Mais hé, le gars n’a jamais perdu en 29 combats. On ne peut pas vraiment l’obstiner.
«J’ai de grands objectifs dans ma vie et je fais tout pour y arriver. Je veux accomplir de grandes choses dans la boxe. Être champion du monde et sécuriser l’avenir des générations des Mbilli», poursuit-il.
Petite pointe à Canelo
Cette réponse, elle était aussi en lien avec le fait que Canelo Alvarez, qu’il rêve de combattre, vaut un demi-milliard de dollars. Mbilli est persuadé qu’il peut le battre.
Canelo collectionne les voitures de luxe et a une vie qui peut difficilement se comparer à celle de Christian Mbilli.

«C’est sûr que son style de vie, ça fait rêver. Mais après, chacun a ses objectifs de vie. Moi, ce n’est pas d’avoir 10 autos. C’est de garantir l’avenir de mes enfants et de leurs enfants», dit-il.

Quand on demande au boxeur ce qu’il veut passer comme message à Canelo, il redevient le Christian poli. «Ça ne sert à rien d’être irrespectueux, je parle avec mes actions sur le ring», rappelle-t-il.
Il espère qu’une performance étincelante fera de lui le prochain à affronter Canelo.
Mais attention à son opposant, Lester Martinez, 29 ans, qui n’a pas perdu un de ses 19 combats professionnels. «Il n’y a pas une grosse différence entre lui et Canelo», explique même Marc Ramsay.
Mbilli est favori, mais légèrement, selon les maisons de paris qui m’entourent et tentent de m’ensorceler ici à Vegas.
- Écoutez le dernier épisode du balado Le Dernier Round avec Matt Casavant et Russ Amber: