Tous les résultats
Publicité

Le plus gros combat de Christian Mbilli n’est pas sur un ring

Un tout jeune Christian Mbilli au Cameron, avec sa maman Marie-Thérèse et sa tante.
Un tout jeune Christian Mbilli au Cameron, avec sa maman Marie-Thérèse et sa tante. Photo courtoisie
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-09-12T04:00:00Z

Partager

LAS VEGAS | Si Christian Mbilli aspire à accomplir de grandes choses dans la vie, c’est notamment parce que sa maman a accompli de très grandes choses pour lui.

• À lire aussi: «Je suis Franco-Québécois, je mange de la tourtière» –Christian Mbilli

• À lire aussi: «Ne ratez pas mon combat», lance Christian Mbilli aux Québécois

Marie-Thérèse a eu Christian à 15 ans. Elle s’est démenée, seule, pour s’en sortir au Cameroun durant plusieurs années.

Christian est resté dans le pays d’Afrique jusqu’à ses 12 ans, avant d’aller en France. Punching Grace a réalisé un touchant documentaire sur le sujet.

Ce ne fut pas une enfance facile pour Mbilli.

«Tu sais, il y a un combat dans Christian», philosophe son entraîneur, Marc Ramsay.

«Je le vois en lui. Je le sens encore, ce petit gars-là au Cameroun qui veut se sortir de tout ça [...] Il va bien dans la vie et sa mère est fière de lui. Mais c’est comme si ce dossier-là n’était pas clos pour lui», ajoute Ramsay.

• À lire aussi: Le gentil et poli Mbilli dans l’épicentre du vice

• À lire aussi: Un moment majeur de la boxe québécoise se joue ce week-end à Vegas

«Dans le monde de la boxe, il y en a souvent qui reviennent de loin, qui ont un passé difficile. On s’entend, je n’ai jamais entraîné quelqu’un de Westmount. Mais Christian, c’est un autre niveau, ce qu’il a vécu, enfant».

Publicité
Normal pour lui d’être rendu là

C’est pourquoi, à son avis, Mbilli n’est pas affecté par la grandeur de Las Vegas.

«Je trouve qu’il gère bien ça, poursuit-il. La grosseur du spectacle ne l’impressionne pas. Il était persuadé qu’il allait arriver là un jour.»

Ramsay m’explique qu’il ne voit pas Christian comme les autres le voient. «Moi, je vois le petit gars du Cameroun qui essaie de se sortir de la misère. Il est très attaché à ça, c’est important pour lui. Et tout le reste est superflu.»

Comme d’habitude, Marc Ramsay continue son travail dans l’ombre avec un nouveau boxeur qui peut aspirer à être le meilleur au monde. Enchaînant les champions comme clients, il est considéré comme un des meilleurs entraîneurs de boxe au monde. Ça lui fait quoi?

«Je ne sais pas. Moi, je travaille fort et c’est tout», lance le sympathique entraîneur originaire de l’Abitibi.

Au sommet

Il n’hésite pas longtemps quand on lui demande où il place Christian Mbilli parmi les grands boxeurs qu’il a entraînés.

«Au sommet de ce que j’ai vu jusqu’à présent. J’ai eu [Artur] Beterbiev, Jean Pascal en début de carrière et David Lemieux. Christian fait partie du top [...] Si je pouvais en avoir seulement des comme lui, ce serait parfait», blague-t-il.

Un des faits d’armes qui rendent Ramsay fier de sa carrière, c’est «qu’en 30 ans, des boxeurs maganés, [il n’]en [a] jamais eu».

Par exemple, il utilise l’expertise d’un neurologue pour ajouter à l’entraînement de ses boxeurs des exercices de temps de réaction avec des outils de réalité virtuelle.

Si ça peut aider la performance, Marc Ramsay dit aussi s’en servir pour mieux mesurer la rapidité de ses boxeurs et intervenir au bon moment pour les retirer de la compétition.

«C’est une question de contrôle de la santé des athlètes», explique-t-il.

Publicité
Publicité