NASCAR: chasse gardée québécoise
Louis Butcher
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Une vingtaine de pilotes devraient s’affronter samedi lors de la grande rentrée de la série NASCAR Pinty’s au circuit ICAR après quatre ans d’absence.
Et ce n’est pas les pilotes québécois qui vont se plaindre de ce retour au complexe de courses aménagé sur le site de l’aéroport international de Mirabel.
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À part l’épreuve inaugurale, remportée en 2011 par l’Ontarien Robin Buck, les six autres éditions de la course ont toutes été l’affaire des représentants de la Belle Province. De 2014 à 2017, les trois marches du podium ont d’ailleurs été monopolisées par des pilotes québécois.
L’un d’eux est Kevin Lacroix qui, en trois présences à ICAR, compte deux victoires (2015 et 2017) et une troisième place en 2016. Le pilote de Saint-Eustache s’y était d’ailleurs imposé pour la première fois à seulement son deuxième départ à vie dans la série canadienne.
En moins de 50 minutes
«En 2015, je reconnais avoir été dominant, a-t-il déclaré en entrevue téléphonique au Journal de Montréal. Tout avait fonctionné à merveille.»
Fait rare, la course s’était terminée en moins de 50 minutes et surtout sans interruption. Andrew Ranger, Alexandre Tagliani et Louis-Philippe Dumoulin, dans l’ordre, avaient espéré une dégradation suffisante des pneus du vainqueur en fin de course pour le doubler, mais en vain.
Deux ans plus tard, Lacroix a répété son exploit non sans controverse.
«J’avoue que ç’a été une victoire chanceuse, se rappelle-t-il, mais j’ai été confronté à des ennuis de freins qui ont provoqué quelques contacts avec certains de mes plus sérieux adversaires. Ce n’était pas mes intentions [de causer leur perte] et je suis d’ailleurs allé m’excuser auprès d’eux à la fin de la course.»
À la défense de Lacroix, bon nombre d’épreuves de la série Pinty’s donnent lieu à des bousculades surtout en fin de parcours. D’autres pilotes ont aussi gagné dans le passé sans faire dans la dentelle.
Essais concluants
C’est donc avec confiance que Lacroix aborde cette quatrième étape de la saison, lui qui a accédé à la troisième marche du podium au récent Grand Prix de Trois-Rivières.
«Le circuit ICAR est particulier, explique-t-il. Les repères visuels sont peu nombreux et il faut se fier à son instinct. C’est pour cette raison que des pilotes expérimentés y sont avantagés.
«Nous avons effectué des essais privés il y a un mois environ et tout s’est bien déroulé, raconte-t-il. C’est de bon augure.»
Courte piste
La course en 2017 a été la première à être disputée sur la courte piste (1,1 km) du complexe ICAR où Ranger a inscrit ses quatre victoires.
«C’est certain que j’affectionnais le long tracé [3,4 km], a souligné le pilote de Roxton Pond, mais je suis confiant quand même. Je souhaite surtout éviter les pépins mécaniques qui ont affecté nos deux dernières courses. Cette piste est exigeante pour les pneus qui, une fois à haute température, rendent la voiture glissante.»
En 2017, les pilotes québécois avaient monopolisé les six premières positions à l’arrivée soit Lacroix, Ranger, Marc-Antoine Camirand, Alex Labbé, Alexandre Tagliani et Simon Dion-Viens.
«Ce circuit est une... bête, de prétendre Tagliani, vainqueur du GP3R il y a quelques semaines. Il faut garder le meilleur pour la fin. Soixante-quinze tours, c’est exigeant en circuit routier autant pour la mécanique que pour les pneus.»
La pluie redoutée
Les pilotes n’auront pas à se ravitailler en carburant ni, à moins d’ennuis, à procéder à un changement de pneus. Mais il y a un hic puisque la pluie devrait s’inviter dans la région de Mirabel samedi.
Contrairement en ovale, le mauvais temps, à moins d’un déluge, ne peut justifier le report d’une course.
Un défi logistique
Une course au circuit de Mirabel samedi, puis deux autres, dimanche, à Vallée-Jonction, en Beauce : c’est à un véritable défi logistique auquel sont confrontées les équipes engagées en série NASCAR Pinty’s.
En raison de la pandémie, il aura fallu condenser le calendrier. Ainsi, ces trois escales en 24 heures mettront fin à un parcours de quatre épreuves en deux semaines au Québec. Après quoi, on retournera en Ontario pour y disputer les cinq dernières étapes de la saison 2021.
«Trois courses, deux pistes, un circuit routier [ICAR] et deux autres sur ovale [Autodrome Chaudière], représentent un week-end important pour le championnat», estime Louis-Philippe Dumoulin, deux fois titré (2014 et 2018) en NASCAR Pinty’s.
Ateliers au Québec
Dumoulin Compétition est l’une des rares équipes du plateau à avoir pignon sur rue au Québec. «C’est un avantage pour nous, reconnaît Dumoulin. On va quitter Mirabel en début de soirée pour se diriger vers notre atelier de Yamachiche. On va décharger le camion puis remballer le matériel et se rendre à Vallée-Jonction.»
Kevin Lacroix est un autre pilote régulier de la série à bénéficier d’installations au Québec.
«On va profiter du fait, dit-il, qu’on est établi pas trop loin de Mirabel, à Saint-Eustache précisément.» Mentionnons que les circuits routiers et les pistes ovales exigent l’utilisation de deux voitures différentes.
Le facteur... fatigue
Alex Tagliani n’est pas dans la même situation puisqu’il fait partie de l’écurie de Scott Steckly, établie en Ontario. Les deux autres membres de l’équipe sont Marc-Antoine Camirand et Treyten Lapcevich.
«Nous n’avons pas le choix d’apporter du matériel supplémentaire à ICAR, explique Tagliani. Ce qui signifie six voitures pour trois pilotes. Il faudra aussi considérer le facteur fatigue, de renchérir Tagliani, surtout pour les mécaniciens. C’est du travail et de longs déplacements.»
Si la météo le permet
Une course sous la pluie sur un circuit routier est rarement reportée, ce qui n’est pas le cas sur une piste ovale. Or, la météo n’est guère rassurante pour dimanche à Vallée-Jonction.
Au moment de publier ces lignes, aucune décision n’avait été prise. Mais, comble de malheur, les précipitations annoncées devraient se poursuivre pendant toute la journée de lundi.