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Moins de Québécois en Floride: Donald Trump, taux de change et hausse du coût de la vie en cause

Les visiteurs canadiens ont diminué de 15% dans la grande région de Fort Lauderdale en 2025

Getty Images via AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-05-03T04:00:00Z

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MIAMI | Avec un accent francophone, entrer dans un motel près de la plage en Floride suscite inévitablement des sourires. Mais discuter de l’exode des snowbirds depuis un an fait perdre le sourire des hôteliers. Car les données touristiques officielles ne mentent pas. L’achalandage des Canadiens cherchant la chaleur durant l’hiver a diminué de 15 % dans la grande région de Fort Lauderdale en 2025.

• À lire aussi : Moins de Québécois en Floride : de « triste et écœurant » en 2025 à « satisfaisant » en 2026 dit un propriétaire de motels

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Le Journal a profité de son passage dans le Sunshine State pour le Grand Prix de Formule 1 de Miami, un événement créant un impact économique de plus de 500 M$, pour faire état de la situation des snowbirds. L’an dernier, un important propriétaire de motels de la région, Richard Clavet, s’était dit attristé par les annulations massives en réplique aux politiques et tarifs commerciaux du président Donald Trump.

« C’est dommage, a d’abord laissé tomber la sympathique Houri Khatchadourian, derrière le comptoir du Motel Diane. L’établissement à Hollywood Beach donne directement sur la plage et l’océan. Un endroit parfait pour oublier la neige et les longs mois du rude hiver québécois.

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« Les touristes québécois ont été beaucoup moins nombreux cette année. J’estime la réduction à environ 35 %. Et ceux qui sont venus, ils sont restés beaucoup moins longtemps qu’à l’habitude, a évalué l’administratrice, qui a quitté le Québec il y a 30 ans pour s’établir en Floride.

La présidence de Donald Trump ne faisait certainement pas l’unanimité dans le bureau administratif donnant sur la plage. Mme Khatchadourian a estimé que le locataire de la Maison-Blanche a durement frappé les Canadiens depuis un an. Il s’agit de l’une des raisons expliquant l’impasse sur la Floride de milliers d’entre eux. Le taux de change et la hausse du coût de la vie sous le soleil sont aussi des facteurs.

Photo François-David Rouleau
Photo François-David Rouleau

La nouvelle paperasse aussi

Le directeur général de l’établissement acquis par son paternel il y a 42 ans, Abraham Allen Anidjar, n’apprécie guère cette baisse de clientèle qui était fidèle il n’y a pas si longtemps.

« C’est très dérangeant, car nous aimons vous recevoir, a indiqué celui qui est aussi expert en marketing. La clientèle québécoise est agréable, attentive et n’est pas compliquée. »

Il doit se creuser les méninges pour retrouver cette clientèle qui, selon lui, a déserté le sud de la Floride en raison des « formalités et de la paperasse à remplir à la frontière ».

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Photo Clara Loiseau
Photo Clara Loiseau

En effet, les snowbirds qui restaient plus de 29 jours aux États-Unis ont dû s’enregistrer auprès du gouvernement américain dans un processus complexe nécessitant entre autres des données biométriques.

« C’est honteux, car ce n’était pas aussi compliqué auparavant », a tonné Houri derrière son comptoir.

Recul significatif

Cette tendance à la baisse n’est pas exclusive à l’année 2025. Déjà, depuis le début de 2026, des rapports de l’aéroport de Fort Lauderdale évoquent une baisse de 7 % des arrivées en provenance du Canada. L’aérogare de West Palm Beach a aussi enregistré une réduction de près de 15 % de passagers canadiens. L’an passé, 7,3 % de voyageurs canadiens en moins sont aussi débarqués à l’aéroport de Miami.

Le sud de la Floride est une destination prisée par 90 % d’Américains. Les Canadiens (2 %) représentent tout de même les principaux visiteurs internationaux, devançant les Brésiliens.

Photo d'archives
Photo d'archives

« Ils séjournent plus longtemps que les visiteurs locaux et dépensent davantage », a affirmé la présidente de Visit Lauderdale, Stacy Ritter, dans une entrevue à CNN. La direction de l’organisme touristique n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Journal.

« Dans une communauté dont le tourisme représente la première industrie, le moindre recul est significatif, a-t-elle ajouté. Les visiteurs canadiens assurent l’emploi de nos résidents grâce aux sommes qu’ils dépensent. Ils sont absolument essentiels dans la fréquentation touristique. »

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